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Comment choisir un moyen de transport moins polluant au Québec

Au Québec, les transports sont de loin la première source d'émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, pour la plupart des trajets, il existe une solution moins polluante que la voiture en solo, souvent plus économique et parfois même plus rapide. Voici comment choisir, trajet par trajet, en tenant compte des réalités québécoises.

Comment choisir un moyen de transport moins polluant au Québec

Selon l'inventaire officiel publié par le gouvernement du Québec, le secteur des transports était responsable d'environ 44,8 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec en 2023, ce qui en fait de loin le premier secteur émetteur. Une grande partie de ces émissions vient des véhicules personnels. Choisir un mode de transport moins polluant est donc l'un des gestes individuels qui ont le plus d'effet. Il ne s'agit pas de renoncer à toute voiture du jour au lendemain, mais de choisir le bon moyen pour chaque trajet.

La hiérarchie des transports

On peut classer les modes de transport du moins au plus polluant pour un même trajet. Au sommet, la marche et le vélo, qui n'émettent pratiquement rien et améliorent la santé. Viennent ensuite le transport en commun, très efficace par passager lorsqu'il est bien utilisé, puis le covoiturage et l'autopartage, qui partagent les émissions d'une voiture entre plusieurs personnes ou plusieurs ménages. La voiture électrique, au Québec, émet beaucoup moins qu'une voiture à essence. Au bas de l'échelle, la voiture à essence utilisée en solo, surtout un gros véhicule, et l'avion pour les trajets que le train ou l'autobus pourraient remplacer.

Cette hiérarchie n'est pas une règle absolue : le meilleur choix dépend de la distance, du territoire, des horaires, de la météo et des besoins de chacun. Mais elle aide à se poser la bonne question avant chaque déplacement : existe-t-il une solution plus haute dans l'échelle qui conviendrait aussi bien?

Marche et vélo : pour les trajets courts

Une grande partie des trajets en voiture font moins de cinq kilomètres : aller à l'épicerie, à l'école, au dépanneur ou chez des amis. Ces distances se parcourent facilement à vélo, souvent en moins de temps qu'il n'en faut pour trouver un stationnement en ville. Le vélo à assistance électrique élargit encore les possibilités : il aplanit les côtes, allonge les distances et permet d'arriver au travail sans transpirer.

Le vélo d'hiver gagne aussi des adeptes au Québec, avec des pneus à crampons, des vêtements adaptés et des pistes déneigées dans plusieurs villes. Les vélos-partage, comme ceux offerts dans plusieurs villes québécoises, permettent d'essayer sans acheter. Et la marche, pour les plus courts trajets, reste le mode le plus simple, le plus économique et le plus sain.

Le transport en commun

Un autobus, un métro ou un train bien rempli transporte des dizaines, voire des centaines de personnes avec une fraction de l'énergie qu'il faudrait pour les déplacer en voitures individuelles. Au Québec, de plus en plus de réseaux électrifient leurs autobus, et les métros, les tramways et certains trains roulent à l'électricité, ce qui réduit encore leurs émissions. Le transport en commun libère aussi du temps : on peut lire, travailler ou se reposer pendant le trajet.

Pour l'adopter, planifie tes trajets avec les applications des sociétés de transport, et pense aux combinaisons : vélo jusqu'au métro ou à la gare, stationnement incitatif près d'une station, puis transport en commun jusqu'au centre-ville. Les laissez-passer mensuels réduisent souvent beaucoup le coût par trajet.

Covoiturage et autopartage

Le covoiturage divise les émissions et les coûts d'un trajet entre plusieurs personnes. Il convient particulièrement aux trajets réguliers vers le travail, aux déplacements entre régions et aux sorties de loisirs. Pour en savoir plus, lis notre article sur les avantages du covoiturage.

L'autopartage, qui permet d'utiliser une voiture à l'heure ou à la journée, est idéal pour les ménages qui n'ont besoin d'une voiture qu'occasionnellement. Il permet souvent de se passer d'une deuxième voiture, voire de la première en ville, tout en gardant accès à un véhicule pour une grosse épicerie, une visite familiale ou une fin de semaine.

La voiture électrique : un vrai avantage au Québec

Au Québec, la quasi-totalité de l'électricité provient de sources renouvelables, surtout de l'hydroélectricité. Selon une analyse du cycle de vie réalisée en 2016 par le CIRAIG, le centre de recherche de Polytechnique Montréal, pour le compte d'Hydro-Québec, une voiture électrique qui roule au Québec émet 65 % moins de gaz à effet de serre qu'une voiture à essence équivalente après 150 000 kilomètres, et 80 % moins après 300 000 kilomètres. Ce calcul tient compte de la fabrication du véhicule et de sa batterie.

Selon Protégez-Vous, une étude publiée en 2024 par des chercheurs de l'Université de la Colombie-Britannique conclut aussi que les véhicules électriques sont moins polluants que les véhicules à essence partout au Canada, et encore davantage au Québec. Une voiture électrique reste toutefois une voiture : elle demande des ressources pour sa fabrication, occupe de l'espace et contribue à la congestion. Elle est la meilleure option lorsqu'une voiture est nécessaire, mais pas un substitut à la marche, au vélo ou au transport en commun.

Hybride ou électrique?

Les véhicules hybrides, qui combinent un moteur à essence et un moteur électrique, consomment moins d'essence qu'un véhicule conventionnel, surtout en ville. Les hybrides rechargeables peuvent faire une partie des trajets quotidiens à l'électricité, à condition d'être réellement branchés chaque jour : sinon, leur avantage diminue beaucoup. Un véhicule entièrement électrique offre le plus grand gain au Québec, si son autonomie convient à tes trajets et si tu peux le recharger facilement à la maison ou au travail.

Les longs trajets : train, autobus ou avion

Pour les déplacements entre villes, le train et l'autocar émettent généralement beaucoup moins par passager que l'avion ou la voiture en solo. Entre Montréal, Québec, Ottawa et Toronto, le train permet de travailler ou de se reposer pendant le trajet, et arrive au centre-ville. Pour les vacances, choisir une destination plus proche, accessible en train ou en voiture partagée, réduit considérablement l'empreinte d'un voyage. Lorsque l'avion est inévitable, privilégie les vols directs et les séjours plus longs, plutôt que plusieurs courts voyages.

Réduire les déplacements

Le trajet le moins polluant est celui qu'on ne fait pas. Le télétravail, même quelques jours par semaine, élimine des déplacements entiers. Regrouper les courses, faire livrer certains achats de façon groupée, choisir des commerces et des services à proximité, et, au moment de déménager, privilégier un logement proche du travail, des écoles et des services réduisent durablement les besoins de déplacement. Ces choix ont souvent plus d'effet que le choix du véhicule lui-même.

Choisir selon son territoire

En ville, il est souvent possible de vivre sans voiture, ou avec une seule, grâce au transport en commun, au vélo et à l'autopartage. En banlieue, une combinaison de stationnements incitatifs, de trains de banlieue, de vélo et de covoiturage permet de réduire l'usage de la voiture. En région, où les distances sont grandes et le transport en commun limité, la voiture reste souvent nécessaire : le covoiturage, une voiture électrique ou hybride, et le regroupement des déplacements sont alors les meilleurs leviers. L'essentiel est de faire le meilleur choix possible là où l'on vit.

Les coûts réels de la voiture

Au-delà de l'environnement, la voiture coûte cher : achat ou location, assurance, immatriculation, essence ou électricité, entretien, pneus, stationnement et dépréciation. En additionnant ces coûts sur une année, beaucoup de ménages découvrent qu'une deuxième voiture coûte bien plus que l'abonnement au transport en commun, quelques heures d'autopartage et un bon vélo réunis. Faire ce calcul est souvent le meilleur point de départ pour changer ses habitudes de déplacement.

Les enfants et les trajets scolaires

Les trajets vers l'école représentent une part importante des déplacements en voiture aux heures de pointe. Lorsque la distance et la sécurité le permettent, la marche, le vélo ou l'autobus scolaire sont d'excellentes options, qui donnent aussi aux enfants de l'autonomie et de l'activité physique. Un trottibus ou un vélobus, où des parents accompagnent à tour de rôle un groupe d'enfants à pied ou à vélo, réduit la circulation autour de l'école et rassure les familles. Pour d'autres idées, lis notre guide pour éduquer les enfants à l'écologie.

En résumé

Les transports représentaient environ 44,8 % des émissions de gaz à effet de serre du Québec en 2023. Pour réduire les tiennes, choisis le bon moyen pour chaque trajet : la marche et le vélo pour les courtes distances, le transport en commun pour les trajets réguliers, le covoiturage et l'autopartage pour partager la voiture, et la voiture électrique lorsque la voiture est nécessaire, puisqu'au Québec elle émet de 65 à 80 % moins de gaz à effet de serre sur son cycle de vie, selon le CIRAIG. Pour les longs trajets, privilégie le train ou l'autocar, et surtout, réduis les déplacements lorsque c'est possible.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Quel est le moyen de transport le moins polluant?

La marche et le vélo, qui n'émettent pratiquement rien à l'usage. Viennent ensuite le transport en commun, le covoiturage et l'autopartage. Parmi les voitures, une voiture électrique alimentée à l'hydroélectricité québécoise émet beaucoup moins de gaz à effet de serre sur son cycle de vie qu'une voiture à essence. Le plus efficace reste toutefois de réduire les déplacements en voiture.

La voiture électrique est-elle vraiment moins polluante au Québec?

Oui. Selon une analyse du cycle de vie réalisée en 2016 par le CIRAIG pour Hydro-Québec, une voiture électrique qui roule au Québec émet 65 % moins de gaz à effet de serre qu'une voiture à essence équivalente après 150 000 kilomètres, et 80 % moins après 300 000 kilomètres, en tenant compte de la fabrication de la batterie.

Comment se passer d'une deuxième voiture?

En combinant plusieurs solutions selon les trajets : le vélo ou le transport en commun pour le travail, l'autopartage ou la location pour les sorties occasionnelles, et le covoiturage pour certains déplacements réguliers. Beaucoup de ménages découvrent qu'une deuxième voiture coûte bien plus cher que ces solutions réunies.