Comment faire un compost chez soi : choisir, construire et installer son composteur
Un compost réussi se joue en grande partie avant la première pelure : le bon type de composteur, la bonne taille, un emplacement accessible même en février et le respect du règlement municipal. Voici comment t'installer pour que ton compost fonctionne des années.

Tu as une cour, un coin de terrain et l'envie de transformer tes pelures en terreau? Avant de commencer, il vaut la peine de prendre une heure pour bien choisir et bien installer ton composteur. Un bac mal placé, trop loin ou trop petit est la première raison pour laquelle bien des gens abandonnent. Ce guide porte sur l'équipement et l'installation. Pour les principes de base (matières vertes et brunes, brassage, humidité), notre guide complet du compostage les explique en détail.
Avant d'acheter : vérifie deux choses
Le règlement de ta municipalité
Le compostage domestique est encouragé partout, mais il est souvent encadré. À Québec, le règlement autorise le composteur en cour latérale et en cour arrière. À Montréal, dans les arrondissements qui vendent des composteurs, la consigne est claire : une fois installé, le composteur ne doit pas être visible de la rue. Un coup de fil au 311 ou une visite sur le site de ta ville t'évite les mauvaises surprises.
Les programmes de ta ville ou de ta MRC
Bien des municipalités vendent des composteurs à prix réduit, parfois avec une formation. À Montréal, l'arrondissement de Saint-Laurent offrait le composteur domestique à 22 $ taxes comprises, et Pierrefonds-Roxboro à 91,55 $, sur présentation d'une preuve de résidence et sans livraison. Les prix et les programmes changent d'une année à l'autre : informe-toi avant de magasiner.
Quel type de composteur choisir?
| Type | Pour qui | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| Bac fermé en plastique | Petite cour, résidus surtout de cuisine | Garde chaleur et humidité, discret, décourage les animaux | Brassage moins facile, volume limité |
| Bac en bois à lattes | Cour moyenne, cuisine et jardin | Bonne aération, esthétique, réparable | Le bois finit par pourrir, plus lourd |
| Composteur rotatif | Petit espace, envie d'aller vite | Brassage facile, se vide bien | Compost parfois moins mûr, plus cher |
| Système à trois compartiments | Grand terrain, beaucoup de résidus de jardin | Un bac qui se remplit, un qui mûrit, un prêt à utiliser | Prend de la place, à construire |
| Cylindre de grillage | Feuilles mortes à l'automne | Presque gratuit, idéal pour le feuillicompost | Pas adapté aux résidus de cuisine |
L'Institut national de la consommation, en France, en collaboration avec l'ADEME, compte de 6 à 9 mois pour obtenir un compost mûr dans un composteur individuel, et note que le composteur rotatif produit plus vite un compost qui peut être moins mûr. Au Québec, l'hiver allonge les délais.
Quelle taille prévoir?
Selon RECYC-QUÉBEC, un composteur domestique permet de traiter environ 100 kg de matières organiques par unité. La Ville de Québec présente des modèles du commerce dont le volume varie d'environ 10 à 17,5 pieds cubes. Pour un ménage qui composte surtout ses résidus de cuisine, un seul bac de cette taille suffit généralement. Si tu as une grande pelouse, une haie à tailler et des érables qui perdent leurs feuilles, prévois un deuxième bac ou un enclos à feuilles à côté.
Construire son composteur
Le composteur en palettes
- Récupère trois ou quatre palettes de bois non traité (évite celles marquées MB, traitées au bromure de méthyle).
- Dresse trois palettes en U et attache-les aux coins avec de la broche ou des vis.
- Utilise la quatrième comme porte avant, attachée d'un seul côté pour pouvoir l'ouvrir.
- Couvre le dessus d'un vieux tapis, d'une bâche ou d'un couvercle en contreplaqué pour garder l'humidité et la chaleur.
Avec cinq ou sept palettes, tu peux construire deux ou trois compartiments côte à côte.
Le bac percé
Un grand bac de rangement ou une poubelle de plastique avec couvercle devient un composteur : perce une vingtaine de trous d'environ 1 cm sur les côtés et le couvercle pour l'aération, et découpe le fond ou perce-le abondamment pour le drainage. Simple, peu coûteux, idéal pour tester.
L'enclos à feuilles
Un rouleau de grillage d'environ un mètre de haut, refermé en cylindre et tenu par quelques piquets, accueille les feuilles mortes de l'automne. Elles deviendront un terreau léger en un an ou deux, et te serviront de réserve de matières brunes pour couvrir tes résidus de cuisine.
Le carton brun non imprimé est aussi utile pour démarrer : on a rassemblé des idées pour réutiliser ses cartons d'emballage au jardin et au compost.
Choisir l'emplacement
La Ville de Québec recommande un endroit facilement accessible à partir de la cuisine et du jardin, ensoleillé durant la moitié de la journée et doté d'un sol bien drainé. Quelques précisions pratiques :
- Directement sur la terre, jamais sur l'asphalte ou le béton : les vers de terre et les micro-organismes montent du sol.
- Pas trop loin de la porte : en janvier, tu devras t'y rendre dans la neige. Pense au sentier que tu devras déneiger.
- À distance des murs en bois, du cabanon et des clôtures du voisin, pour l'humidité et le bon voisinage.
- Hors des zones inondables de ton terrain, là où l'eau s'accumule au printemps.
- Avec de la place autour pour ouvrir la trappe, brasser et déposer une brouette.
L'installation, étape par étape
- Dégage le sol : retire le gazon sur la surface du bac et ameublis la terre à la fourche.
- Pose un grillage fin sur le sol si tu crains les rongeurs, en le remontant de quelques centimètres sur les côtés.
- Installe le bac bien à niveau, en l'enfonçant légèrement dans la terre pour qu'il ne bouge pas au vent.
- Fais un lit de départ : 10 à 15 cm de petites branches ou de tiges sèches au fond, pour l'aération et le drainage.
- Ajoute une première couche de bruns : feuilles mortes ou carton déchiqueté.
- Prévois une réserve : quelques sacs de feuilles mortes près du bac, à l'abri, pour couvrir chaque apport de cuisine toute l'année.
Tu es prêt à recevoir ton premier bac de cuisine. Pour savoir quoi y mettre et comment garder ce petit bac propre, lis notre article sur le bac de cuisine au quotidien.
Deux façons de démarrer selon la saison
La Ville de Québec décrit deux méthodes. La première, en une seule opération, consiste à accumuler les matières (par exemple tout l'hiver), puis à monter le compost d'un coup à la belle saison. La seconde, par accumulation graduelle, consiste à ajouter les matières au fur et à mesure, du printemps jusqu'aux premières neiges. La plupart des ménages québécois utilisent la seconde, en continuant d'ajouter leurs résidus pendant l'hiver dans le bac gelé : la décomposition reprend au dégel.
Les erreurs d'installation à éviter
- Le bac au fond du terrain : on cesse d'y aller dès la première tempête.
- Le bac en plein soleil toute la journée : il s'assèche vite en juillet.
- Le bac à l'ombre complète : il reste froid et la décomposition traîne.
- Aucune réserve de bruns : le compost devient vite un tas humide et odorant.
- Un seul bac pour tout quand on a beaucoup de gazon et de feuilles : il déborde. Pense plutôt à laisser le gazon coupé sur la pelouse, une technique présentée dans notre article sur les façons de valoriser ses déchets organiques.
Et si tu n'as pas de cour?
Pas de terrain, pas de problème : le bac brun, le vermicompostage ou un composteur partagé font le travail. Notre article sur le compostage collectif et urbain explique comment rejoindre ou lancer un composteur de quartier, et celui sur la collecte municipale des matières organiques détaille ce qui se passe une fois ton bac brun ramassé.
Prêt pour la première pelletée
Un composteur bien choisi, posé sur la terre, à mi-soleil et à quelques pas de la porte, avec une réserve de feuilles à côté : c'est tout ce qu'il faut. Le reste, c'est de la patience. Dans un an, tu récolteras ton premier terreau, et tu découvriras tous les bienfaits du compostage domestique pour ton jardin et ton budget.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Compostage domestique, Ville de Québec, 2025.
- Obtenir un composteur domestique, Ville de Montréal, 2025.
- Recyclage citoyen : herbicyclage, feuillicyclage et compostage domestique, RECYC-QUÉBEC, 2024.
- Trier ses déchets alimentaires à la maison : quelles solutions choisir? (avec l'ADEME), Institut national de la consommation et ADEME, 2024.
Questions fréquentes
Où placer son composteur dans la cour?
Dans un endroit bien drainé, facilement accessible de la cuisine et du jardin, et qui reçoit le soleil environ la moitié de la journée, comme le recommande la Ville de Québec. Installe-le directement sur la terre, pour que les vers et les micro-organismes puissent y monter, et vérifie le règlement municipal : plusieurs villes l'autorisent seulement en cour latérale ou arrière.
Quelle taille de composteur pour une famille?
Un composteur domestique traite environ 100 kg de matières organiques par année, selon RECYC-QUÉBEC. Les modèles courants vendus au Québec ont un volume d'environ 10 à 17 pieds cubes. Une famille qui a beaucoup de résidus de jardin gagne souvent à ajouter un deuxième bac ou un enclos à feuilles.
Peut-on fabriquer son propre composteur?
Oui. Trois palettes de bois non traité attachées en U, un grand bac de plastique percé de trous ou un cylindre de grillage pour les feuilles font de très bons composteurs. L'important est que la structure laisse passer l'air, garde l'humidité et décourage les animaux.
Où acheter un composteur à petit prix?
Renseigne-toi d'abord auprès de ta municipalité, de ta MRC ou de ton éco-quartier. À Montréal, par exemple, l'arrondissement de Saint-Laurent vendait un composteur domestique 22 $ taxes comprises, et celui de Pierrefonds-Roxboro 91,55 $, sur preuve de résidence.


