Réduire son empreinte carbone au bureau : gestes écolos et actions d'équipe
Au bureau, l'empreinte carbone vient surtout des déplacements domicile-travail, des appareils numériques, de l'énergie des bâtiments, des repas et des achats. Certains gestes individuels comptent, mais les décisions collectives de l'entreprise pèsent encore davantage. Voici les gestes écolos à adopter, et les actions à proposer à son équipe.

On passe une grande partie de sa semaine au travail, et les bureaux génèrent une empreinte environnementale importante : déplacements, énergie, équipements informatiques, papier, repas, déchets et achats. Bonne nouvelle : de nombreux gestes sont simples et souvent économiques, et une équipe motivée peut entraîner toute l'organisation. Pour une approche plus large, lis aussi notre guide pour devenir un consommateur responsable.
Les déplacements domicile-travail
Pour la plupart des employés de bureau, les trajets entre la maison et le travail représentent la plus grande part de l'empreinte liée au travail. Au Québec, selon l'inventaire officiel, les transports représentaient environ 44,8 % des émissions de gaz à effet de serre en 2023. Le transport en commun, le vélo, la marche et le covoiturage réduisent fortement ces émissions, tout comme le télétravail, même quelques jours par semaine. Pour en savoir plus, lis notre guide sur le transport en commun.
L'employeur peut beaucoup aider : rembourser une partie du laissez-passer de transport en commun, installer des stationnements sécuritaires pour les vélos et des douches, installer des bornes de recharge, organiser le covoiturage entre collègues et offrir des horaires flexibles ou du télétravail.
Le numérique : garder les appareils plus longtemps
Selon l'étude de l'ADEME et de l'Arcep sur l'empreinte du numérique, les appareils, comme les ordinateurs, les écrans et les téléphones, représentent 79 % de l'empreinte carbone du numérique, surtout à cause de leur fabrication. Au bureau, le geste le plus efficace est donc de prolonger la durée de vie des équipements : les faire réparer, ajouter de la mémoire plutôt que tout remplacer, acheter reconditionné, et donner les appareils retirés à des organismes qui les remettent à neuf. Pour en savoir plus, lis notre guide pour limiter la pollution numérique.
Au quotidien, éteins ton ordinateur et ton écran à la fin de la journée, active les modes d'économie d'énergie, et limite le nombre d'écrans par poste à ce qui est vraiment utile. Fais aussi le ménage des fichiers partagés et du stockage infonuagique de l'équipe de temps en temps.
L'énergie du bâtiment
Le chauffage, la climatisation et l'éclairage des bureaux consomment beaucoup d'énergie. Éteins les lumières des salles inoccupées, ferme les stores le soir pour garder la chaleur l'hiver et le jour pour bloquer le soleil l'été, et signale les fenêtres qui fuient ou les thermostats mal réglés. Du côté de l'organisation, l'éclairage à DEL, les détecteurs de présence, la programmation du chauffage et de la climatisation selon les heures d'occupation et l'entretien régulier des systèmes réduisent la consommation de façon importante.
Le papier et l'impression
Configure les imprimantes en recto verso et en noir et blanc par défaut, privilégie les documents numériques pour les réunions et les approbations, et n'imprime que lorsque c'est vraiment utile. Utilise du papier recyclé certifié pour les impressions nécessaires, et réutilise les feuilles imprimées d'un seul côté comme brouillons. Pour en savoir plus, lis notre article sur les avantages du papier recyclé.
Les repas et la cuisine
Apporte ton lunch dans des contenants réutilisables, utilise une tasse et une gourde plutôt que des gobelets jetables, et propose à l'équipe de remplacer les dosettes de café individuelles par une cafetière ou du café en vrac. Lors des réunions et des événements, privilégie les traiteurs locaux, la vaisselle réutilisable et des repas végétariens, et commande des quantités adaptées pour éviter le gaspillage. Les restes peuvent être partagés entre collègues plutôt que jetés.
Le tri et les déchets
Installe des îlots de tri bien identifiés, avec le recyclage, les matières organiques et les déchets, et affiche clairement les consignes. Selon RECYC-QUÉBEC, la Stratégie de valorisation de la matière organique vise aussi les commerces, les institutions et les industries : renseigne-toi sur les services de collecte des matières organiques offerts à ton immeuble. Les fournitures de bureau inutilisées peuvent être regroupées dans un coin d'échange, et les meubles et équipements retirés, donnés ou revendus.
Les achats de l'organisation
Les achats représentent souvent une part importante de l'empreinte d'une organisation. Privilégier des fournitures durables, réparables et rechargeables, des produits d'entretien écologiques en grand format, des fournisseurs locaux et des produits certifiés, et éviter les objets promotionnels jetables a un effet important. Une politique d'achat responsable, même simple, guide les décisions de tous les employés.
Les déplacements professionnels
Les voyages d'affaires, surtout en avion, peuvent représenter une grande part de l'empreinte d'une organisation. Avant de réserver, demande-toi si une rencontre virtuelle pourrait remplacer le déplacement. Pour les trajets entre villes, le train et l'autocar émettent généralement beaucoup moins que l'avion. Regrouper plusieurs rencontres en un seul voyage et allonger le séjour plutôt que de multiplier les allers-retours réduit aussi les émissions.
Créer un comité vert
Un petit groupe d'employés motivés peut faire une grande différence. Un comité vert peut faire un premier bilan des pratiques, proposer des actions simples et chiffrées à la direction, organiser des défis, comme un mois sans gobelets jetables ou une semaine de transport actif, et partager les résultats avec l'équipe. Commencer par des gestes faciles et visibles crée un élan, et les économies réalisées aident à convaincre la direction d'aller plus loin.
Les erreurs fréquentes
- Se concentrer sur les petits gestes, comme supprimer ses courriels, en oubliant les déplacements et les équipements.
- Remplacer les appareils trop souvent, alors que leur fabrication pèse lourd.
- Installer des bacs de tri sans consignes claires.
- Acheter des objets promotionnels jetables pour les événements.
- Agir seul, sans impliquer la direction et les collègues.
Le télétravail : bien le faire
Le télétravail réduit les déplacements, mais il déplace une partie de la consommation d'énergie à la maison. Pour qu'il reste avantageux, chauffe seulement la pièce où tu travailles, éteins les appareils à la fin de la journée, privilégie la lumière naturelle et utilise le matériel que tu possèdes déjà plutôt que d'acheter un deuxième ensemble complet d'équipements. Les rencontres virtuelles remplacent avantageusement de nombreux déplacements; garder la caméra éteinte lors des longues réunions où elle n'est pas nécessaire réduit aussi le volume de données échangées.
Mesurer et partager les progrès
Pour garder l'élan, mesure quelques indicateurs simples : le nombre d'employés qui viennent en transport collectif ou actif, la quantité de papier imprimé, le poids des déchets et des matières recyclées, ou la durée de vie moyenne des ordinateurs. Partage ces résultats avec l'équipe, souligne les progrès et fixe de nouveaux objectifs chaque année. Les économies réalisées sur le papier, l'énergie ou les achats sont souvent le meilleur argument pour convaincre la direction de poursuivre. Une courte présentation annuelle des résultats, avec quelques photos et des chiffres simples, montre à tous que leurs efforts comptent, et donne envie aux nouveaux employés de participer dès leur arrivée. Intégrer ces pratiques à l'accueil des nouveaux employés les rend naturelles dès le premier jour.
En résumé
Au bureau, les plus grands leviers sont les déplacements domicile-travail, puisque les transports représentent environ 44,8 % des émissions du Québec, et les appareils numériques, dont la fabrication pèse lourd selon l'ADEME et l'Arcep. Privilégie le transport en commun, le vélo, le covoiturage et le télétravail, garde les équipements plus longtemps, réduis l'énergie, l'impression et les déchets, et apporte des repas et des contenants réutilisables. Surtout, implique ton équipe et ta direction : les décisions collectives ont souvent plus d'effet que les gestes individuels.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Émissions annuelles de gaz à effet de serre au Québec de 1990 à 2023, Ministère de l'Environnement du Québec, 2025.
- Évaluation environnementale des équipements et infrastructures numériques en France : note de synthèse (ADEME et Arcep), Arcep, 2023.
- Foire aux questions sur la Stratégie de valorisation de la matière organique, RECYC-QUÉBEC, 2024.
- 15e Bilan de la gestion des matières résiduelles au Québec, Gouvernement du Québec et RECYC-QUÉBEC, 2025.
Questions fréquentes
Quelle est la principale source d'émissions liée au travail de bureau?
Souvent les déplacements domicile-travail, surtout en voiture en solo. Au Québec, les transports représentaient environ 44,8 % des émissions de gaz à effet de serre en 2023. Le télétravail, le transport en commun, le vélo et le covoiturage réduisent donc fortement l'empreinte d'un employé de bureau.
Le numérique au bureau pollue-t-il beaucoup?
Surtout par la fabrication des appareils. Selon l'étude de l'ADEME et de l'Arcep, les terminaux représentent 79 % de l'empreinte carbone du numérique en France, surtout à cause de leur fabrication. Garder les ordinateurs et les écrans plus longtemps, et acheter reconditionné, est donc le geste le plus efficace.
Comment convaincre son employeur d'agir?
Propose des mesures concrètes, chiffrées et faciles à mettre en place, comme la prolongation de la durée de vie des appareils, le tri des matières organiques, l'impression recto verso par défaut ou un programme de transport durable. Mets en avant les économies réalisées, et propose de former un petit comité vert pour piloter les actions.


