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La biodiversité et son importance : pourquoi la diversité du vivant nous concerne tous

La biodiversité, c'est toute la diversité du vivant, des bactéries du sol aux baleines. Elle nous nourrit, nous soigne et nous protège, souvent sans qu'on s'en rende compte. Voici pourquoi elle est si importante, pourquoi elle décline et comment agir.

La biodiversité et son importance : pourquoi la diversité du vivant nous concerne tous

Le mot biodiversité est partout, mais on en mesure rarement toute l'importance. Pourtant, chaque repas, chaque médicament, chaque bouffée d'air et chaque verre d'eau potable dépend d'elle. La biodiversité, c'est le tissu vivant de la planète, et ce tissu s'effiloche rapidement. Comprendre ce qu'elle est et ce qu'elle nous apporte aide à voir pourquoi sa protection nous concerne tous, au Québec comme en Europe.

Qu'est-ce que la biodiversité?

La biodiversité désigne la diversité du vivant sous toutes ses formes. On la décrit généralement à trois niveaux. La diversité génétique, d'abord : les différences entre les individus d'une même espèce, qui permettent aux populations de s'adapter aux maladies et aux changements. La diversité des espèces ensuite : animaux, plantes, champignons, bactéries, dont une grande partie reste encore inconnue. Et enfin la diversité des écosystèmes : forêts, tourbières, lacs, prairies, récifs, déserts.

Ces trois niveaux sont liés. Un écosystème riche abrite de nombreuses espèces, et chaque espèce dépend de sa diversité génétique pour survivre à long terme. La biodiversité n'est pas qu'une collection d'espèces : c'est l'ensemble des relations entre elles et avec leur milieu.

Les services que la nature nous rend

La biodiversité fournit ce qu'on appelle des services écosystémiques, des bienfaits que la nature nous offre gratuitement. Les insectes pollinisent une grande partie des cultures fruitières et légumières. Les sols vivants, grâce à leurs vers, champignons et bactéries, recyclent la matière organique et nourrissent les plantes. Les forêts et les milieux humides filtrent l'eau et régularisent son débit.

La nature nous fournit aussi de la nourriture, du bois, des fibres et de nombreux médicaments, dont plusieurs ont été découverts à partir de plantes, de champignons ou d'organismes marins. Elle régule le climat, stocke du carbone, protège les côtes contre l'érosion et réduit les inondations. Enfin, elle contribue à notre santé mentale et à notre culture.

Un déclin rapide et documenté

Les évaluations scientifiques internationales sont claires : la biodiversité décline à un rythme sans précédent dans l'histoire humaine. Selon la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité, l'IPBES, environ un million d'espèces animales et végétales seraient menacées d'extinction. Le rapport Planète vivante 2024 du WWF, fondé sur près de 35 000 populations de vertébrés, fait état d'un déclin moyen de 73 % de leur taille entre 1970 et 2020, et de 39 % en Amérique du Nord. Certains chercheurs estiment toutefois que la méthode de cet indice peut amplifier l'ampleur du déclin : le chiffre indique une tendance générale plutôt qu'une perte exacte.

Ce déclin ne touche pas que les espèces rares et lointaines. Les insectes, les oiseaux des champs et les amphibiens communs reculent aussi dans plusieurs régions, y compris au Québec et en Europe. Les oiseaux des milieux agricoles et les insectes pollinisateurs sont parmi les groupes les plus touchés.

Les cinq grandes causes du déclin

  • Le changement d'usage des terres et des mers : déforestation, urbanisation, agriculture intensive, assèchement des milieux humides. C'est la première cause selon l'IPBES.
  • L'exploitation directe : surpêche, chasse, braconnage et cueillette excessive.
  • Les changements climatiques, qui modifient les conditions de vie plus vite que plusieurs espèces ne peuvent s'adapter.
  • La pollution : pesticides, engrais, plastiques, lumière et bruit.
  • Les espèces exotiques envahissantes, qui concurrencent ou attaquent les espèces indigènes.

Ces causes agissent souvent ensemble et se renforcent mutuellement. Un milieu déjà fragmenté par l'urbanisation est plus vulnérable aux espèces envahissantes et aux sécheresses.

Pourquoi la diversité rend les écosystèmes plus solides

Un écosystème riche en espèces résiste généralement mieux aux perturbations. Si une espèce disparaît, d'autres peuvent parfois prendre le relais dans son rôle. À l'inverse, un écosystème appauvri devient fragile : une maladie, un insecte ou une sécheresse peut le déséquilibrer complètement. Les monocultures, qu'il s'agisse de champs ou de forêts plantées d'une seule essence, en sont un bon exemple.

C'est la même chose pour notre agriculture : la diversité des variétés cultivées et des races animales est une assurance face aux maladies et aux changements climatiques. Plusieurs variétés anciennes de légumes, de fruits et de céréales ont disparu au siècle dernier, et les banques de semences travaillent à préserver ce qu'il en reste.

La biodiversité au Québec et en Europe

Le Québec abrite une biodiversité remarquable : forêt boréale, érablières, tourbières, toundra, fleuve Saint-Laurent et son golfe, des milliers de lacs. Le sud de la province, où vit la majorité de la population, concentre aussi le plus grand nombre d'espèces, et donc le plus de pressions liées au développement et à l'agriculture.

En Europe, des siècles d'agriculture et d'urbanisation ont profondément transformé les paysages. Le réseau Natura 2000 protège de nombreux sites naturels dans l'Union européenne, y compris en France et en Belgique. Les bocages, les prairies naturelles et les zones humides y sont des refuges essentiels pour la faune et la flore.

L'accord de Kunming-Montréal

En 2022, les pays réunis à Montréal pour la conférence des Nations unies sur la biodiversité ont adopté un cadre mondial ambitieux, connu sous le nom d'accord de Kunming-Montréal. Il vise notamment à protéger 30 % des terres et des mers de la planète d'ici 2030, à restaurer une partie des écosystèmes dégradés, à réduire les risques liés aux pesticides et à mieux prendre en compte la biodiversité dans les décisions économiques.

La mise en œuvre de ces objectifs dépend des gouvernements, mais aussi des entreprises, des municipalités et des citoyens. Suivre les progrès de son pays et de sa région, et appuyer les projets de conservation, contribue à faire de ces engagements une réalité.

Agir au quotidien

  • Jardine pour la biodiversité : plantes indigènes, fleurs pour les pollinisateurs, coin sauvage, pas de pesticides.
  • Réduis ta consommation de viande, en particulier de bœuf, qui demande beaucoup de terres.
  • Achète local et de saison, et privilégie les produits issus de pratiques agricoles durables.
  • Choisis du bois et du papier certifiés, et des produits de la mer durables.
  • Réduis tes déchets et surtout le plastique jetable.
  • Participe à la science citoyenne en signalant tes observations d'oiseaux, d'insectes ou de plantes.

Le monde invisible du sol

Une grande partie de la biodiversité se trouve sous nos pieds. Une seule poignée de sol fertile contient des milliards de bactéries, des kilomètres de filaments de champignons, des vers de terre, des insectes et une multitude d'autres organismes. Ensemble, ils décomposent la matière organique, recyclent les nutriments, structurent le sol et aident les plantes à pousser.

Les pratiques agricoles et de jardinage influencent fortement cette vie souterraine. Le travail intensif du sol, les pesticides et le sol laissé nu l'appauvrissent, alors que le compost, le paillis, les cultures de couverture et la diversité des plantes la favorisent. Un sol vivant retient mieux l'eau, résiste mieux à l'érosion et stocke davantage de carbone.

La biodiversité en ville

Les villes ne sont pas des déserts biologiques. Parcs, boisés, berges, jardins, ruelles vertes et toits végétalisés abritent des oiseaux, des chauves-souris, des papillons, des abeilles sauvages et de nombreuses plantes. Certaines espèces s'y adaptent très bien, et les villes peuvent même servir de refuges lorsque les campagnes environnantes sont dominées par l'agriculture intensive.

Pour favoriser la biodiversité urbaine, il faut des espaces verts variés et reliés entre eux, des plantes indigènes, moins de tonte et moins de pesticides, et un éclairage nocturne réduit. Pour en savoir plus, lis notre article sur les espaces verts en ville.

Une seule santé : la nôtre et celle de la nature

L'approche « Une seule santé » reconnaît que la santé humaine, la santé animale et la santé des écosystèmes sont étroitement liées. La destruction des habitats, le commerce d'animaux sauvages et l'intensification de l'élevage rapprochent les humains de virus et de bactéries auxquels ils n'étaient pas exposés, ce qui augmente le risque de maladies émergentes.

À l'inverse, des écosystèmes en santé régulent naturellement certaines populations de moustiques, de tiques et de rongeurs porteurs de maladies, grâce à leurs prédateurs et à leur diversité. Protéger la biodiversité, c'est donc aussi une façon de protéger notre santé.

Les espèces clés et les espèces ingénieures

Certaines espèces jouent un rôle disproportionné dans leur écosystème. Le castor, par exemple, crée des étangs et des milieux humides qui profitent à des dizaines d'autres espèces, des grenouilles aux oiseaux aquatiques. Les grands prédateurs, comme le loup, régulent les populations d'herbivores et influencent toute la végétation. Les pollinisateurs permettent la reproduction de nombreuses plantes.

Quand ces espèces disparaissent, les effets se font sentir sur tout l'écosystème. C'est pourquoi la protection de certaines espèces clés est une priorité dans plusieurs programmes de conservation.

La valeur de la biodiversité

Plusieurs études ont tenté d'estimer la valeur économique des services que nous rend la nature : pollinisation, eau propre, protection contre les inondations, stockage du carbone, tourisme. Les montants obtenus sont considérables, et une grande partie de l'économie mondiale dépend directement ou indirectement de la nature.

Mais la biodiversité a aussi une valeur qui ne se mesure pas en argent : la beauté d'un paysage, le chant des oiseaux au printemps, le plaisir de cueillir des petits fruits sauvages, la richesse culturelle et spirituelle que les peuples autochtones et de nombreuses communautés associent à la nature. Ces valeurs comptent tout autant.

Le rôle des entreprises

Les entreprises ont un impact important sur la biodiversité, par leurs approvisionnements, leurs installations et leurs produits. De plus en plus d'entre elles évaluent leurs impacts et leurs dépendances envers la nature, s'approvisionnent en matières certifiées, aménagent leurs terrains pour la biodiversité et réduisent leurs emballages et leurs rejets.

Comme consommateurs et comme employés, nous pouvons encourager ces démarches en posant des questions, en choisissant des produits responsables et en proposant des améliorations dans notre milieu de travail, comme verdir le terrain de l'entreprise ou réduire l'usage de produits chimiques.

La biodiversité et l'alimentation

Notre alimentation repose sur un nombre étonnamment faible d'espèces : quelques céréales, comme le blé, le riz et le maïs, fournissent une grande partie des calories consommées dans le monde. Cette dépendance rend nos systèmes alimentaires vulnérables aux maladies, aux ravageurs et aux changements climatiques. Diversifier ce qu'on mange, en redécouvrant les légumes anciens, les céréales comme le sarrasin et l'orge, les légumineuses et les plantes sauvages comestibles, soutient la diversité des cultures.

Les fermes diversifiées, qui cultivent de nombreuses variétés et intègrent des haies, des bandes fleuries et des prairies, abritent aussi beaucoup plus d'espèces sauvages que les grandes monocultures. En achetant auprès de ces fermes, on contribue directement à la biodiversité agricole.

Enseigner la biodiversité aux enfants

Les enfants qui apprennent à reconnaître les oiseaux, les arbres, les insectes et les plantes autour d'eux développent un attachement durable à la nature. Une loupe, un carnet d'observation, une mangeoire à oiseaux ou une sortie au parc suffisent pour commencer. Compter les espèces de papillons dans le jardin ou écouter les grenouilles au printemps transforme la biodiversité en aventure concrète.

Les écoles, les bibliothèques, les parcs nationaux et les centres d'interprétation offrent aussi de nombreuses activités. Ces premières découvertes forment les citoyens qui protégeront la nature demain.

Biodiversité et climat : deux crises liées

La perte de biodiversité et les changements climatiques sont étroitement liés. D'un côté, les écosystèmes en santé comptent parmi nos meilleurs alliés contre le réchauffement : les forêts, les tourbières, les milieux humides, les prairies et les océans captent et stockent d'immenses quantités de carbone. Lorsqu'ils sont détruits ou dégradés, ils relâchent ce carbone dans l'atmosphère et aggravent le réchauffement.

De l'autre côté, le réchauffement est devenu l'une des grandes causes du déclin de la biodiversité : il déplace les espèces vers le nord, décale les saisons, favorise les feux, les sécheresses et les espèces envahissantes, et réchauffe et acidifie les océans. Les solutions fondées sur la nature, comme protéger les forêts anciennes, restaurer les milieux humides ou verdir les villes, permettent d'agir sur les deux crises à la fois. Pour en savoir plus, lis notre article sur les impacts du réchauffement sur la faune et la flore.

Les stratégies de conservation qui fonctionnent

Protéger la biodiversité repose sur plusieurs stratégies complémentaires. Les aires protégées, comme les parcs nationaux et les réserves écologiques, préservent les habitats du développement. La restauration remet en état des milieux dégradés : replanter des berges, rétablir des milieux humides ou retirer des espèces envahissantes. Les corridors écologiques relient les habitats entre eux pour permettre aux espèces de se déplacer, ce qui devient essentiel avec le réchauffement.

D'autres outils protègent directement les espèces : plans de rétablissement des espèces menacées, réglementation de la chasse et de la pêche, banques de semences et programmes de reproduction pour les espèces les plus rares. Ces efforts donnent des résultats lorsqu'ils sont soutenus dans la durée, comme le montre le retour du faucon pèlerin ou du pygargue à tête blanche au Québec. À l'échelle internationale, l'accord de Kunming-Montréal fixe des cibles communes pour 2030, mais leur réussite dépend de leur mise en œuvre concrète par chaque pays, chaque région et chaque collectivité.

Le rôle de chacun

Protéger la biodiversité peut sembler un enjeu trop grand pour une seule personne. Pourtant, les gestes individuels s'additionnent : chaque jardin sans pesticide, chaque coin de pelouse laissé en fleurs et chaque arbre indigène planté crée un petit refuge. Ensemble, ces refuges forment des corridors qui permettent à la faune de se déplacer dans les villes et les campagnes.

Les citoyens peuvent aussi peser sur les décisions collectives : participer aux consultations sur l'aménagement du territoire, appuyer la protection des milieux naturels de leur région et soutenir les organismes de conservation. Pour aller plus loin, lis nos articles sur les espèces en danger et l'importance des parcs naturels.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la biodiversité, en termes simples?

C'est la diversité du vivant sous toutes ses formes : la variété des gènes au sein d'une même espèce, la variété des espèces animales, végétales, fongiques et microbiennes, et la variété des écosystèmes, comme les forêts, les lacs ou les prairies.

Quelles sont les principales causes du déclin de la biodiversité?

Selon les évaluations scientifiques internationales, les cinq grandes causes sont le changement d'usage des terres et des mers, l'exploitation directe des espèces, les changements climatiques, la pollution et les espèces exotiques envahissantes.

Qu'est-ce que l'accord de Kunming-Montréal?

Adopté à Montréal en 2022 lors de la conférence des Nations unies sur la biodiversité, cet accord vise notamment à protéger 30 % des terres et des mers de la planète d'ici 2030 et à restaurer une partie des écosystèmes dégradés.