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L'impact du méthane sur le réchauffement climatique : sources, chiffres et solutions

Le méthane est moins connu que le CO2, mais c'est un gaz à effet de serre très puissant, responsable d'environ 30 % du réchauffement depuis l'ère préindustrielle selon le gouvernement du Canada. Bonne nouvelle : il disparaît de l'atmosphère beaucoup plus vite que le CO2, ce qui fait de sa réduction un levier rapide. Voici d'où il vient, et ce que chacun peut faire.

L'impact du méthane sur le réchauffement climatique : sources, chiffres et solutions

Quand on parle de changements climatiques, on pense d'abord au dioxyde de carbone, le CO2. Pourtant, un autre gaz joue un rôle majeur : le méthane, le principal composant du gaz naturel, aussi produit par la décomposition des matières organiques sans oxygène et par la digestion des ruminants. Comprendre le méthane permet de mieux cibler certaines actions, souvent simples et rapides. Pour une vue d'ensemble des gestes du quotidien, lis aussi nos conseils pour économiser les ressources naturelles.

Un gaz très puissant, mais de courte durée

Selon la stratégie canadienne sur le méthane, publiée par Environnement et Changement climatique Canada, le méthane a un potentiel de réchauffement environ 25 fois supérieur à celui du CO2 sur une période de 100 ans, et son effet est encore beaucoup plus marqué sur 20 ans. Le gouvernement du Canada estime qu'il est responsable d'environ 30 % du réchauffement de la planète depuis l'ère préindustrielle.

Sa particularité : il reste beaucoup moins longtemps dans l'atmosphère que le CO2, environ une dizaine d'années contre des siècles. Réduire les émissions de méthane a donc un effet relativement rapide sur le réchauffement. C'est pourquoi on le considère comme l'un des leviers les plus efficaces pour ralentir le réchauffement au cours des prochaines décennies, en complément de la réduction du CO2.

Les sources de méthane au Canada

Selon la stratégie canadienne sur le méthane, en 2020, les émissions de méthane du Canada provenaient de quatre grandes sources :

  • Le secteur pétrolier et gazier, 38 % : fuites, torchage et rejets volontaires lors de l'extraction, du traitement et du transport du pétrole et du gaz.
  • L'agriculture, 30 % : surtout la digestion des ruminants, comme les bovins, et la gestion du fumier.
  • Les déchets, 28 % : surtout la décomposition des matières organiques dans les sites d'enfouissement.
  • Les autres sources, 4 %.

Les engagements de réduction

En 2021, le Canada a confirmé son soutien à l'Engagement mondial sur le méthane, par lequel les pays signataires s'engagent à réduire de 30 % leurs émissions de méthane d'origine humaine d'ici 2030 par rapport à 2020. Dans sa stratégie, le gouvernement du Canada vise à réduire les émissions nationales de méthane de plus de 35 % d'ici 2030 par rapport à 2020, et celles du secteur pétrolier et gazier d'au moins 75 % d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2012. Ces cibles passent notamment par la détection et la réparation des fuites, la réduction du torchage, le captage du biogaz des sites d'enfouissement et de meilleures pratiques agricoles.

Les sites d'enfouissement et nos restes de table

Lorsque les restes de table, les résidus de jardin et le papier souillé sont enfouis avec les ordures, ils se décomposent sans oxygène et produisent du méthane. C'est l'une des sources sur lesquelles chacun peut agir directement. Composter à la maison ou utiliser le bac brun détourne ces matières de l'enfouissement. Selon RECYC-QUÉBEC, la Stratégie de valorisation de la matière organique vise à offrir la collecte des matières organiques partout au Québec, et les matières recueillies sont transformées en compost ou en biogaz. Bien trier ses matières organiques est donc un geste climatique concret.

Le gaspillage alimentaire

Un aliment gaspillé représente toutes les ressources utilisées pour le produire, le transporter et le conserver, et s'il finit à l'enfouissement, il produit en plus du méthane. Planifier ses repas, bien conserver les aliments, comprendre que la mention meilleur avant n'est pas une date de sécurité et cuisiner les restes réduisent à la fois les déchets et les émissions. Pour d'autres astuces, lis notre guide pour éviter le gaspillage alimentaire.

Le gaz naturel à la maison

Le gaz naturel est composé surtout de méthane. Lorsqu'il est brûlé, il émet du CO2; lorsqu'il fuit, le long de la chaîne de production et de distribution, il rejette directement du méthane dans l'atmosphère. Réduire sa consommation de gaz naturel, entretenir ses appareils et, au Québec, passer à des systèmes de chauffage électriques efficaces, comme la thermopompe, réduisent ces deux types d'émissions. Pour des conseils pratiques, lis notre guide pour réduire sa consommation de gaz naturel.

L'agriculture et l'alimentation

Les ruminants, comme les bovins, les moutons et les chèvres, produisent du méthane lors de leur digestion. La gestion du fumier en produit aussi. La recherche agricole travaille sur plusieurs solutions : amélioration de l'alimentation des animaux, additifs alimentaires qui réduisent les émissions, meilleure gestion et valorisation du fumier en biogaz. Du côté des consommateurs, manger un peu moins de viande de ruminants et davantage de protéines végétales, comme le recommande le Guide alimentaire canadien pour la santé, contribue aussi à réduire les émissions.

Le biogaz : transformer le méthane en énergie

Le méthane peut être capté et utilisé comme source d'énergie. Dans les sites d'enfouissement, des systèmes de captage récupèrent le biogaz pour le brûler ou produire de l'énergie. Les usines de biométhanisation transforment les matières organiques collectées dans le bac brun et le fumier en biogaz, qui peut être injecté dans le réseau de gaz naturel ou utilisé comme carburant, et en digestat, utilisé comme fertilisant. Le captage du méthane réduit fortement son effet sur le climat, puisque le CO2 issu de sa combustion est beaucoup moins puissant que le méthane rejeté directement.

Le méthane naturel et le pergélisol

Une partie du méthane provient aussi de sources naturelles, comme les milieux humides. Le réchauffement climatique pourrait augmenter certaines de ces émissions, notamment par le dégel du pergélisol dans le Nord, qui libère des matières organiques longtemps gelées. C'est une raison de plus pour réduire rapidement les émissions d'origine humaine, afin de limiter le réchauffement et ces effets en chaîne.

Ce que tu peux faire

  • Composter ou utiliser le bac brun pour tous les restes de table et résidus de jardin.
  • Réduire le gaspillage alimentaire en planifiant et en cuisinant les restes.
  • Réduire sa consommation de gaz naturel, et envisager une thermopompe.
  • Manger moins de viande de ruminants, et plus de protéines végétales.
  • Appuyer les initiatives de biométhanisation et de collecte des matières organiques dans sa municipalité.

Comment mesure-t-on le méthane?

Les émissions de méthane sont estimées par les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui combinent des données d'activité, comme le nombre d'animaux d'élevage, la quantité de déchets enfouis ou la production de gaz, et des facteurs d'émission. Ces estimations sont de plus en plus complétées par des mesures directes : caméras infrarouges qui repèrent les fuites sur les installations, capteurs au sol, avions et satellites capables de détecter les grands panaches de méthane. Ces mesures montrent que certaines fuites importantes, concentrées sur quelques installations, représentent une grande part des émissions, ce qui rend leur détection et leur réparation particulièrement efficaces.

Pour comparer le méthane aux autres gaz, les inventaires l'expriment en équivalent CO2, à l'aide de son potentiel de réchauffement planétaire. Le choix de l'horizon de temps compte beaucoup : sur 100 ans, le méthane est environ 25 fois plus puissant que le CO2 selon le gouvernement du Canada, mais sur 20 ans, son effet est bien plus élevé, puisque la majorité de son action se concentre sur ses premières années dans l'atmosphère.

Le méthane et la qualité de l'air

Le méthane ne nuit pas seulement au climat. Dans l'atmosphère, il contribue à la formation de l'ozone au niveau du sol, un polluant qui irrite les voies respiratoires et nuit aux cultures et aux forêts. Réduire le méthane améliore donc aussi la qualité de l'air. Par ailleurs, les installations pétrolières et gazières qui laissent fuir du méthane rejettent souvent d'autres polluants, comme des composés organiques volatils. La réduction des fuites procure ainsi plusieurs bénéfices à la fois, pour le climat, la santé et l'économie, puisque le gaz capté peut être vendu au lieu d'être perdu.

Les idées reçues sur le méthane

On entend souvent que le méthane vient surtout des vaches. En réalité, au Canada, le secteur pétrolier et gazier en émet davantage que l'agriculture, et les sites d'enfouissement en produisent presque autant. Autre idée reçue : comme le méthane disparaît en une dizaine d'années, il ne serait pas grave. C'est l'inverse : tant que les émissions continuent, la concentration reste élevée, et sa puissance accélère le réchauffement à court terme. Enfin, certains pensent que le gaz naturel est une énergie propre. Il émet moins de CO2 que le charbon lorsqu'il est brûlé, mais les fuites de méthane tout au long de la chaîne réduisent fortement cet avantage.

Le rôle des municipalités

Les municipalités jouent un rôle clé dans la réduction du méthane. Elles organisent la collecte des matières organiques, gèrent ou contractent les sites d'enfouissement et les centres de compostage, et peuvent appuyer des projets de biométhanisation. Elles adoptent aussi des règles de construction et des programmes qui favorisent l'électrification du chauffage. En participant aux consultations publiques, en utilisant correctement le bac brun et en encourageant ces initiatives, les citoyens soutiennent ces efforts collectifs, souvent plus efficaces que les gestes individuels pris isolément.

Pourquoi agir maintenant

Comme le méthane agit fortement sur le climat pendant ses premières années dans l'atmosphère, les réductions réalisées au cours de la présente décennie ont un effet rapide et mesurable sur le rythme du réchauffement. C'est pourquoi l'Engagement mondial sur le méthane fixe une échéance aussi proche que 2030. Réduire le méthane ne remplace toutefois pas la réduction du CO2, qui s'accumule pendant des siècles : les deux efforts doivent être menés en parallèle.

En résumé

Le méthane est un gaz à effet de serre très puissant, environ 25 fois plus que le CO2 sur 100 ans selon le gouvernement du Canada, et responsable d'environ 30 % du réchauffement depuis l'ère préindustrielle. Au Canada, il provient surtout du secteur pétrolier et gazier, de l'agriculture et des sites d'enfouissement. Comme il disparaît plus vite que le CO2, le réduire freine rapidement le réchauffement : le Canada vise une baisse de plus de 35 % d'ici 2030. Chacun peut agir en compostant, en réduisant le gaspillage alimentaire et sa consommation de gaz naturel.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Pourquoi le méthane est-il si important pour le climat?

Selon le gouvernement du Canada, le méthane a un potentiel de réchauffement environ 25 fois supérieur à celui du CO2 sur 100 ans, et beaucoup plus sur 20 ans. Il serait responsable d'environ 30 % du réchauffement de la planète depuis l'ère préindustrielle. Comme il reste beaucoup moins longtemps dans l'atmosphère que le CO2, le réduire freine rapidement le réchauffement.

D'où vient le méthane au Canada?

Selon la stratégie canadienne sur le méthane, en 2020, le secteur pétrolier et gazier représentait 38 % des émissions de méthane du Canada, l'agriculture 30 %, les déchets, surtout les sites d'enfouissement, 28 %, et les autres sources 4 %.

Que puis-je faire pour réduire le méthane?

Composter ou utiliser le bac brun pour que les restes de table ne pourrissent pas dans les sites d'enfouissement, réduire le gaspillage alimentaire, réduire sa consommation de gaz naturel et, pour ceux qui le souhaitent, manger moins de viande de ruminants, comme le bœuf et l'agneau.