Organiser un nettoyage de plage à Québec : berges du fleuve et de la Saint-Charles
À Québec, le Saint-Laurent a des marées, et ses berges, comme celles de la rivière Saint-Charles, accumulent les déchets de la ville. De la baie de Beauport à l'arrondissement des Rivières, voici comment organiser un nettoyage sécuritaire et utile.

Québec est bâtie au bord du Saint-Laurent, qui y subit déjà la marée, et traversée par la rivière Saint-Charles, qui passe notamment dans l'arrondissement des Rivières avant de rejoindre le fleuve. Les berges, la baie de Beauport et le parc linéaire de la Saint-Charles reçoivent les déchets de la ville, portés par le vent, la pluie et les visiteurs.
D'où viennent les déchets?
Selon l'évaluation scientifique de la pollution plastique publiée en 2020 par Environnement et Changement climatique Canada et Santé Canada, les déchets plastiques se retrouvent partout dans l'environnement, y compris sur les rives des lacs, des rivières et du Saint-Laurent. Ils viennent surtout de la terre : déchets jetés ou emportés par le vent, débordements d'égouts lors des fortes pluies, activités récréatives et industrielles.
Les démarches
Sur un terrain public, avise la Ville de Québec, qui peut prêter du matériel et récupérer les sacs. Dans un parc ou sur un site géré par un organisme, comme la baie de Beauport, contacte le gestionnaire. Les organismes de bassin versant, qui veillent sur la rivière Saint-Charles, peuvent aussi t'accompagner.
Sécurité : les règles de base
Chaque participant porte des gants épais, et les pinces de ramassage évitent les contacts directs. Les seringues, le verre brisé et les contenants inconnus ne se ramassent pas à la main : on les signale et on délimite la zone. On reste à distance des courants et des rochers glissants, on prévoit de l'eau, une trousse de premiers soins et un responsable de la sécurité, et les enfants sont toujours accompagnés. À Québec, consulte les tables des marées : la marée montante peut couper la retraite sur certaines grèves.
Les marées et la laisse de mer
Le meilleur moment pour nettoyer une grève du fleuve est la marée descendante : les déchets déposés par la dernière marée haute sont visibles, et l'on a du temps avant le retour de l'eau. La laisse, faite d'algues, de bois et de débris végétaux, doit rester en place : elle nourrit la faune et protège le rivage. On ne ramasse que les déchets humains.
La rivière Saint-Charles
Dans l'arrondissement des Rivières et le long du parc linéaire de la Saint-Charles, les berges renaturalisées sont fragiles : reste sur les sentiers et ne piétine pas la végétation. Les déchets de la rivière finissent dans le fleuve : les ramasser en amont est particulièrement utile.
Trier et compter les déchets
Un nettoyage est aussi une collecte de données. Compter les déchets par catégorie, comme les mégots, les bouchons, les emballages alimentaires ou les fragments de plastique, aide à comprendre d'où ils viennent et à convaincre les décideurs d'agir. Au Canada, le Grand nettoyage des rivages canadiens, mené par Ocean Wise et WWF-Canada, permet d'inscrire ton nettoyage et d'y verser tes données; au Québec, d'autres organismes, comme Stratégies Saint-Laurent avec le Défi Saint-Laurent, coordonnent aussi des nettoyages de berges. Prévois des sacs séparés pour les déchets, le recyclage et les contenants consignés, et pèse le tout à la fin.
Matériel
Gants, pinces, sacs ou seaux réutilisables de différentes couleurs pour trier, fiches de comptage, une balance, un contenant rigide pour le verre et les objets coupants, une trousse de premiers soins, de l'eau et de la crème solaire : avec ce matériel de base, ton groupe est prêt. Beaucoup de municipalités et d'organismes en prêtent pour les nettoyages citoyens.
Rassembler du monde
Une affiche dans les commerces du coin, une publication dans les groupes de quartier, un message aux écoles et aux entreprises suffisent souvent. Fixe un point de rendez-vous facile à trouver, une durée courte et un mot d'accueil sur la sécurité et le tri. À la fin, montre le résultat : le poids ramassé et les objets les plus fréquents marquent les esprits.
Et en amont?
La plupart des déchets ramassés auraient pu être évités : bouteilles, emballages, mégots. Après le nettoyage, partage les résultats avec ta municipalité et propose des solutions, comme des cendriers ou des poubelles fermées près des accès à l'eau. Et chez toi, consulte notre guide pour diminuer ses déchets plastiques.
Les mégots, petits mais très nombreux
Les mégots de cigarettes figurent parmi les déchets les plus fréquents sur les rives et les plages. Leur filtre est fait d'un plastique qui se dégrade très lentement, et ils libèrent dans l'eau des substances toxiques pour la faune aquatique. Sur les berges de Québec, près de la promenade Samuel-De Champlain et des parcs riverains, ils s'accumulent particulièrement. Prévois un ou deux seaux réservés aux mégots : les participants sont souvent surpris par leur nombre, ce qui en fait un excellent sujet de sensibilisation pour la suite.
Les microplastiques et les granulés
En plus des gros déchets, les rives accumulent de petits fragments de plastique, issus de la dégradation d'objets plus gros, ainsi que des granulés de plastique industriels, ces petites billes qui servent de matière première à l'industrie. Ils sont difficiles à ramasser un par un, mais un tamis ou une petite passoire permet d'en récupérer une partie dans le sable ou les débris, sans prélever les éléments naturels. Selon l'OCDE, seulement 9 % des déchets plastiques du monde sont recyclés et 22 % sont mal gérés : ces petits fragments en sont souvent le résultat visible.
Respecter la faune pendant le nettoyage
Un nettoyage réussi ne dérange pas la faune qu'il veut protéger. Évite de piétiner les zones de nidification, garde tes distances avec les oiseaux qui se reposent ou se nourrissent, et ne déplace pas les roches, le bois flotté ni les débris naturels, qui abritent de nombreux petits animaux. Les battures du Saint-Laurent, près de Québec, accueillent de nombreux oiseaux migrateurs au printemps et à l'automne : planifie le nettoyage en dehors des grands rassemblements d'oiseaux. Si tu trouves un animal blessé ou empêtré dans des déchets, ne le manipule pas toi-même : communique avec les services de protection de la faune ou un centre de réhabilitation.
Les objets dangereux
Certains déchets demandent une prudence particulière. Ne touche jamais aux seringues, aux objets tranchants, aux bidons de produits inconnus, aux batteries endommagées ni à tout objet suspect. Balise la zone, éloigne les participants et signale l'objet aux autorités ou à la municipalité. Sur les grèves du fleuve, la marée peut aussi déposer des objets lourds ou coupants : manipule-les avec des gants épais. Explique ces consignes à tout le monde avant le début du nettoyage, en particulier aux enfants, et désigne une personne responsable de la sécurité.
Choisir le bon moment
À Québec, le printemps, après la fonte des neiges et des glaces, révèle les déchets accumulés pendant l'hiver sur les grèves et les berges de la rivière Saint-Charles; consulte aussi les heures des marées, puisque le fleuve est soumis à la marée à Québec. Évite les journées de forte chaleur, de vent violent ou d'orage, et prévois une date de remplacement en cas de mauvais temps. Une matinée de fin de semaine attire généralement le plus de participants, et une durée de deux à trois heures est idéale : assez pour un résultat visible, sans épuiser les bénévoles.
Les écoles, les jeunes et les entreprises
Un nettoyage est une formidable activité pédagogique. Avant la sortie, les élèves peuvent découvrir en classe d'où viennent les déchets et combien de temps ils mettent à se dégrader; sur place, le tri et le comptage deviennent un exercice concret de sciences et de mathématiques; de retour en classe, un bilan avec des graphiques et des photos prolonge l'expérience. Les entreprises peuvent aussi organiser un nettoyage comme activité d'équipe : c'est une occasion concrète d'agir ensemble pour l'environnement, et souvent un excellent moment de cohésion.
Après le nettoyage
Une fois les déchets évacués correctement, prends le temps de faire le bilan : poids et nombre de déchets collectés, types les plus fréquents, nombre de participants, objets insolites. Partage ces résultats avec les participants, les autorités locales et, si possible, un programme de science participative. Une photo des déchets triés avant leur évacuation est souvent très parlante. Remercie publiquement les bénévoles et les partenaires : la reconnaissance encourage la mobilisation lors des éditions suivantes, et un nettoyage annuel permet de suivre l'évolution d'une année à l'autre.
Les erreurs fréquentes
- Partir sans plan pour évacuer les sacs, qui finissent abandonnés au bord de l'eau.
- Ramasser les débris naturels, comme le bois flotté ou les algues, avec les déchets.
- Toucher des objets dangereux au lieu de les signaler.
- Oublier de compter les déchets, ce qui prive la recherche de données précieuses.
- Oublier de vérifier l'heure de la marée sur les grèves du fleuve.
Les déchets de la pêche et de la navigation
Sur les côtes et les rives fréquentées par les bateaux, une part des déchets vient de la pêche et de la navigation : bouts de cordage, morceaux de filets, bouées, caisses et emballages. Les filets et les cordages perdus sont particulièrement dangereux pour la faune, qui peut s'y empêtrer. Sur les grèves du fleuve, près de Québec, ces déchets arrivent avec les marées et les glaces du printemps. Ramasse-les avec des gants et un couteau ou un sécateur pour dégager ceux qui sont coincés, sans tirer brutalement sur la végétation ou les rochers, et signale aux autorités portuaires les engins de pêche trop lourds ou trop enchevêtrés pour être retirés à la main. Après un nettoyage sur les grèves, note aussi l'emplacement des gros débris qui n'ont pas pu être retirés, comme des pneus ou des pièces de quai, pour en informer la municipalité. Elle pourra organiser leur retrait avec l'équipement approprié.
En résumé
À Québec, organise ton nettoyage à marée descendante sur les grèves du fleuve, ou le long de la rivière Saint-Charles. Avise la Ville, assure la sécurité, laisse la laisse de mer en place, trie et compte les déchets, et inscris ta collecte au Grand nettoyage des rivages canadiens. Pour comprendre ce que deviennent les plastiques dans l'eau, lis notre article sur les microplastiques, et pour un autre exemple, notre guide pour organiser un nettoyage à Rimouski.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Évaluation scientifique de la pollution plastique, Environnement et Changement climatique Canada et Santé Canada, 2020.
- Quatre organisations phares unissent leurs forces pour nettoyer les rivages du Québec, WWF-Canada, 2019.
- Le Grand nettoyage des rivages canadiens, Ocean Wise, 2025.
- Global Plastics Outlook : 9 % des déchets plastiques recyclés, 22 % mal gérés (OCDE), Circular Online, 2022.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour nettoyer une plage ou une berge?
Pour un petit groupe sur un terrain public, une autorisation n'est généralement pas nécessaire, mais il est recommandé d'aviser la municipalité, qui peut fournir du matériel et récupérer les sacs. Dans un parc, une réserve ou sur un terrain privé, il faut obtenir l'accord du gestionnaire ou du propriétaire.
Faut-il tenir compte des marées à Québec?
Oui. À Québec, le fleuve a des marées importantes : la plage découverte à marée basse peut être recouverte rapidement. Consulte les tables des marées avant l'activité, et organise le nettoyage à marée descendante.
Faut-il ramasser les algues et le bois sur la plage?
Non. La laisse de mer, faite d'algues, de bois flotté et de coquillages, est un milieu naturel qui nourrit de nombreux petits animaux et protège le haut de plage de l'érosion. On ne ramasse que les déchets d'origine humaine.


