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Qu'est-ce qu'un maraîcher? Le métier, le maraîchage au Québec et où trouver ses légumes

Le maraîcher cultive des légumes, souvent sur de petites ou moyennes surfaces, pour les vendre frais. Au Québec, plus de 2 000 entreprises maraîchères produisent des centaines de milliers de tonnes de légumes chaque année. Voici en quoi consiste ce métier, comment se déroule une saison, les défis du secteur, et comment trouver un maraîcher près de chez toi.

Qu'est-ce qu'un maraîcher? Le métier, le maraîchage au Québec et où trouver ses légumes

Quand on achète une laitue, des carottes ou des tomates au marché, il y a souvent un maraîcher derrière. Ce métier, l'un des plus anciens de l'agriculture, consiste à cultiver des légumes, en plein champ ou en serre, pour les vendre frais. Au Québec, le maraîchage est un secteur important, dynamique, et en pleine transformation, avec de plus en plus de petites fermes diversifiées qui vendent directement aux consommateurs. Pour mieux comprendre ce qu'il y a dans ton assiette, voici un tour complet du métier.

Qu'est-ce qu'un maraîcher?

Un maraîcher est un agriculteur spécialisé dans la production de légumes, et souvent aussi de fines herbes, de petits fruits et de plants, destinés principalement à la consommation fraîche. Le mot vient de marais : autrefois, autour des grandes villes, les légumes étaient cultivés dans des terres humides et fertiles, appelées marais, à proximité des marchés. Le maraîchage se distingue des grandes cultures, comme le maïs, le soya ou les céréales, par la diversité des espèces cultivées, l'intensité du travail à l'hectare et la vente de produits frais, périssables.

Le maraîcher peut cultiver quelques espèces sur de grandes surfaces, pour les épiceries et l'exportation, ou des dizaines d'espèces sur une petite surface, pour la vente directe. Il doit maîtriser l'agronomie, la gestion de l'eau, la lutte contre les ravageurs, la récolte, la conservation, mais aussi la mise en marché, la gestion d'entreprise et la gestion du personnel.

Le maraîchage au Québec en chiffres

Selon le portrait-diagnostic sectoriel de l'industrie des légumes frais publié par le MAPAQ, le Québec comptait en 2024 2 295 entreprises maraîchères, qui ont produit environ 569 000 tonnes de légumes frais sur 24 920 hectares de superficies récoltées. Le nombre d'entreprises a augmenté, surtout pour les petites exploitations de 0 à 5 hectares, signe de l'essor des petites fermes maraîchères diversifiées. Les ventes de légumes frais chez les grands détaillants ont aussi progressé.

Selon le gouvernement du Québec, le secteur des légumes de champ est celui qui génère le plus de revenus parmi les productions horticoles du Québec, et on y cultive plus de 70 espèces de légumes. Les principales régions productrices, en superficie, sont la Montérégie, avec 59 %, Lanaudière, avec 18 %, et les Laurentides, avec 6 %. La production biologique est en hausse : en 2021, 571 entreprises maraîchères détenaient la certification biologique, sur près de 4 000 hectares. Et plus du tiers des légumes de champ québécois est vendu à l'étranger.

Les différentes formes de maraîchage

  • Le maraîchage de plein champ : la culture des légumes en pleine terre, de la fin du printemps à l'automne, sur des surfaces petites ou grandes.
  • La culture en serre : tomates, concombres, poivrons et laitues cultivés sous abri, souvent toute l'année. Selon les Producteurs en serre du Québec, on comptait 252 entreprises serricoles maraîchères en 2020.
  • Le maraîchage biologique : sans pesticides ni engrais de synthèse, selon un cahier des charges certifié.
  • Le maraîchage sur petite surface : des fermes de quelques hectares, très diversifiées, qui cultivent des dizaines de légumes de façon intensive et vendent souvent en paniers et au marché.
  • Les légumes de transformation : des légumes cultivés pour les conserveries et les usines de surgelés, comme le pois, le haricot ou le maïs sucré.

Une saison dans la vie d'un maraîcher

La saison d'un maraîcher québécois commence bien avant le dégel. En hiver, il planifie les cultures, commande les semences, prépare le plan de rotation et les budgets, et entretient son équipement. Dès la fin de l'hiver, les premiers semis démarrent en serre, pour produire les plants qui seront repiqués au champ. Au printemps, il prépare le sol, installe l'irrigation et les couvertures flottantes, et plante les premières cultures résistantes au froid, comme les laitues, les épinards et les oignons.

L'été est la période la plus intense : plantations successives, désherbage, irrigation, surveillance des ravageurs et des maladies, et récoltes quotidiennes, souvent dès l'aube pour garder la fraîcheur des légumes. À l'automne, viennent les grandes récoltes de légumes de conservation, comme les carottes, les courges, les choux et les pommes de terre, puis l'entreposage, le semis d'engrais verts et la préparation du sol pour l'année suivante. Les journées sont longues, et dépendent beaucoup de la météo.

Le sol, base de tout

Un bon maraîcher prend soin de son sol comme de son principal capital. Il le fait analyser régulièrement pour connaître son pH et ses éléments nutritifs, et l'enrichit avec du compost, du fumier bien décomposé et des engrais adaptés. Les engrais verts, comme le seigle, l'avoine, le trèfle ou la vesce, semés entre deux cultures, protègent le sol de l'érosion, ajoutent de la matière organique et, pour les légumineuses, fixent l'azote de l'air.

La rotation des cultures est essentielle : en alternant les familles de légumes d'une année à l'autre sur une même parcelle, le maraîcher limite l'épuisement du sol et rompt le cycle des ravageurs et des maladies propres à chaque famille. Plusieurs maraîchers réduisent aussi le travail du sol, pour préserver sa structure et la vie qui s'y trouve.

Choisir les variétés

Le choix des variétés est une décision clé. Le maraîcher choisit des variétés adaptées au climat québécois et à la longueur de la saison, résistantes à certaines maladies, productives et savoureuses, et qui répondent aux attentes de ses clients. Les fermes qui vendent directement aux consommateurs cultivent souvent des variétés anciennes ou originales, appréciées pour leur goût, alors que les fermes qui vendent aux grandes chaînes privilégient la régularité, la conservation et la résistance au transport.

Semis, plants et plantation

Plusieurs légumes, comme les tomates, les poivrons, les choux ou les oignons, sont d'abord semés en serre, puis repiqués au champ une fois le risque de gel passé : cela permet de gagner plusieurs semaines sur une saison courte. D'autres, comme les carottes, les radis ou les haricots, sont semés directement en pleine terre. Pour étaler les récoltes, le maraîcher sème en plusieurs fois, à quelques semaines d'intervalle : c'est ce qui permet d'offrir des laitues fraîches tout l'été. Les couvertures flottantes et les tunnels protègent les jeunes plants du froid et de certains insectes.

L'eau et l'irrigation

Les légumes ont besoin d'un apport d'eau régulier, surtout lors de la germination, de la reprise après la plantation et de la formation des fruits et des racines. L'irrigation goutte-à-goutte, qui apporte l'eau directement au pied des plants, réduit le gaspillage, limite les maladies du feuillage et permet d'ajouter des engrais au besoin. L'aspersion convient à certaines cultures et sert aussi à protéger contre le gel au printemps. Le paillage, avec de la paille ou un plastique, garde l'humidité du sol. Face aux épisodes de sécheresse plus fréquents, la gestion de l'eau devient un enjeu majeur.

Les ravageurs et les maladies

Insectes, maladies et mauvaises herbes sont les grands défis du maraîcher. La lutte intégrée combine plusieurs méthodes : surveillance régulière des cultures, rotation, choix de variétés résistantes, barrières physiques, comme les filets anti-insectes, désherbage mécanique, et favorisation des insectes utiles, comme les coccinelles ou les guêpes parasitoïdes. Les pesticides, lorsqu'ils sont utilisés, le sont en dernier recours, selon les règles en vigueur. En agriculture biologique, seuls certains produits d'origine naturelle sont permis.

La récolte et la conservation

Pour offrir des légumes frais, la récolte se fait souvent tôt le matin, lorsqu'il fait plus frais, puis les légumes sont rapidement refroidis, lavés et emballés. Les légumes de conservation, comme les carottes, les betteraves, les pommes de terre, les oignons et les courges, sont entreposés à l'automne dans des chambres froides adaptées à chaque légume. Selon une fiche d'Agri-Réseau, les légumes racines se conservent mieux près du point de congélation et à une humidité très élevée, alors que les pommes de terre préfèrent une température un peu plus élevée, pour ne pas prendre un goût sucré. Ces conditions permettent d'offrir des légumes québécois une bonne partie de l'hiver.

Vendre ses légumes

Les maraîchers vendent leurs légumes par plusieurs circuits. La vente directe comprend les marchés publics, les kiosques à la ferme, l'autocueillette et les paniers de fermiers, livrés chaque semaine aux abonnés. Les circuits courts passent par les épiceries indépendantes, les restaurants et les marchés virtuels. Les grandes fermes vendent aussi aux grandes chaînes d'alimentation, aux distributeurs et à l'exportation. Plusieurs combinent ces circuits pour répartir les risques.

Pour le consommateur, la vente directe permet de connaître le producteur, de poser des questions sur ses méthodes et de profiter de légumes cueillis la veille. Pour le maraîcher, elle offre souvent un meilleur prix, mais demande beaucoup de temps et de travail de mise en marché. Pour en savoir plus, lis notre article sur les avantages des marchés locaux.

Les défis du métier

Le maraîchage est un métier exigeant. La main-d'œuvre est un enjeu majeur : les récoltes demandent beaucoup de bras, et plusieurs fermes dépendent de travailleurs étrangers saisonniers. Les coûts de production, comme l'énergie, les intrants et les équipements, augmentent. La concurrence des légumes importés, souvent produits à moindre coût, pèse sur les prix. Et la météo, de plus en plus imprévisible avec les changements climatiques, peut compromettre une saison entière : gel tardif, sécheresse, pluies abondantes ou grêle.

Malgré ces défis, le secteur se renouvelle : de jeunes agriculteurs démarrent de petites fermes diversifiées, la demande pour les légumes locaux et biologiques augmente, et les technologies, comme l'irrigation de précision et les serres plus efficaces, améliorent la productivité.

Devenir maraîcher

Devenir maraîcher demande des connaissances en agronomie, en gestion d'entreprise et en mise en marché. Plusieurs programmes de formation agricole existent au Québec, du diplôme d'études professionnelles en production horticole aux programmes collégiaux et universitaires en agriculture. Travailler quelques saisons dans une ferme existante est aussi une excellente façon d'apprendre le métier avant de se lancer. L'accès à la terre est souvent le principal obstacle : la location, le partage de terres, les incubateurs agricoles et le démarrage sur une petite surface permettent de commencer sans un investissement trop lourd.

Le maraîcher et ton assiette

Acheter les légumes d'un maraîcher québécois, c'est soutenir une agriculture de proximité, profiter de légumes frais et de saison, et réduire la distance entre la ferme et l'assiette. À l'épicerie, cherche les logos d'Aliments du Québec, qui garantissent la provenance; au marché, pose des questions aux producteurs. Pour en savoir plus, lis notre guide pour manger plus local au Québec, et notre article sur la cave naturelle pour conserver les légumes d'automne tout l'hiver.

Le maraîchage à la maison

Le maraîchage inspire aussi les jardiniers amateurs. Un petit potager à la maison, même sur un balcon, permet de cultiver quelques légumes, de mieux comprendre le travail des maraîchers et de goûter des légumes cueillis à maturité. Commence par des légumes faciles, comme les laitues, les radis, les haricots, les tomates cerises et les fines herbes, dans un endroit ensoleillé, avec une bonne terre enrichie de compost. Pour aller plus loin, lis notre guide pour t'initier à la permaculture.

Les légumes les plus cultivés au Québec

Parmi les plus de 70 espèces de légumes cultivées au Québec, certaines occupent une place importante : les laitues, les carottes, les oignons, les choux et le brocoli, le maïs sucré, les pommes de terre, les haricots, les courges et les citrouilles, les poivrons et les tomates de champ, ainsi que le céleri et les légumes racines comme la betterave et le navet. Les consommateurs intègrent aussi de nouvelles variétés, comme les légumes asiatiques, et redécouvrent des légumes traditionnels, comme le panais, selon le gouvernement du Québec. Chaque légume a ses exigences de sol, de température et de récolte, ce qui fait du maraîchage un métier de grande précision.

Les terres noires de la Montérégie

Une partie importante de la production maraîchère québécoise se fait sur des sols organiques, appelés terres noires, surtout dans le sud de la Montérégie. Ces anciens milieux humides drainés sont très fertiles, faciles à travailler et se réchauffent vite au printemps, ce qui les rend idéaux pour la laitue, l'oignon, la carotte et le céleri. Ils sont toutefois fragiles : drainés et cultivés, ils s'affaissent et s'érodent avec le temps, sous l'effet du vent et de la décomposition de la matière organique. Les producteurs adoptent des pratiques pour les conserver, comme les haies brise-vent, les cultures de couverture et une gestion attentive de l'eau.

Le maraîchage biologique

Le maraîchage biologique interdit les pesticides et les engrais de synthèse, et mise sur la santé du sol, la rotation, les engrais verts, le compost, la lutte biologique et le désherbage mécanique ou manuel. Il demande plus de main-d'œuvre et de planification, mais répond à une demande croissante des consommateurs. Au Québec, l'appellation biologique est réservée et contrôlée : un produit vendu comme biologique doit être certifié par un organisme reconnu. Selon le gouvernement du Québec, 571 entreprises maraîchères détenaient la certification biologique en 2021, et les usines de transformation recherchent elles aussi de plus en plus de légumes biologiques.

Les petites fermes maraîchères diversifiées

Depuis une quinzaine d'années, de nombreuses petites fermes maraîchères ont vu le jour au Québec, souvent sur moins de deux hectares. Elles cultivent des dizaines de légumes sur des planches permanentes, avec des outils manuels ou de petits équipements, des serres froides et des tunnels qui allongent la saison, et une planification très serrée des cultures successives. Elles vendent surtout en paniers hebdomadaires et dans les marchés publics. Ce modèle demande peu de terre et un investissement modéré, ce qui facilite le démarrage de jeunes agriculteurs. Le MAPAQ note d'ailleurs que la hausse du nombre d'entreprises maraîchères concerne surtout les exploitations de 0 à 5 hectares.

La culture en serre

Les serres permettent de produire des légumes frais pendant une grande partie de l'année, malgré l'hiver québécois : tomates, concombres, poivrons, laitues, fines herbes et micropousses. Elles demandent beaucoup d'énergie pour le chauffage et l'éclairage d'appoint en hiver, ce qui représente un défi économique et environnemental. Au Québec, l'hydroélectricité offre un avantage pour l'éclairage, et de nombreuses serres améliorent leur efficacité énergétique, avec des écrans thermiques, la récupération de chaleur et la gestion fine du climat intérieur. La serriculture contribue à réduire la dépendance aux légumes importés pendant l'hiver.

Les paniers de fermiers

Le panier de fermier, ou agriculture soutenue par la communauté, est un modèle où le consommateur achète à l'avance une part de la récolte d'une ferme, puis reçoit chaque semaine un assortiment de légumes de saison, à un point de chute près de chez lui. Ce modèle donne au maraîcher un revenu stable dès le début de la saison, et partage avec les abonnés une partie des risques liés à la météo. Pour le consommateur, c'est l'occasion de découvrir des légumes variés, de cuisiner selon les saisons et de créer un lien direct avec une ferme. Plusieurs fermes offrent aussi des paniers d'hiver, avec des légumes de conservation et de serre.

La main-d'œuvre agricole

Le maraîchage demande beaucoup de travail manuel, en particulier pour la plantation, le désherbage et la récolte. De nombreuses fermes québécoises font appel à des travailleurs étrangers temporaires, qui reviennent souvent d'année en année et dont l'expertise est précieuse. La disponibilité de la main-d'œuvre, son coût, son logement et ses conditions de travail sont des enjeux majeurs pour le secteur. Les petites fermes, elles, comptent souvent sur l'équipe familiale, quelques employés saisonniers et parfois des stagiaires qui apprennent le métier.

Les changements climatiques

Les maraîchers sont aux premières loges des changements climatiques. Les épisodes de sécheresse, de pluies intenses, de chaleur extrême, de gel tardif et de grêle deviennent plus fréquents et peuvent compromettre une récolte entière. Une saison plus longue permet par contre d'essayer de nouvelles cultures. Pour s'adapter, les producteurs investissent dans l'irrigation, les tunnels et les filets de protection, diversifient leurs cultures et leurs variétés, et améliorent la santé de leurs sols, qui retiennent mieux l'eau lorsqu'ils sont riches en matière organique.

La technologie au champ

Le maraîchage se modernise : capteurs d'humidité du sol pour irriguer au bon moment, stations météo pour prévoir les risques de maladies, guidage par satellite des tracteurs, désherbeurs mécaniques de précision, et même robots et caméras capables de distinguer les légumes des mauvaises herbes. Ces outils réduisent l'usage de l'eau et des pesticides, et allègent une partie du travail. Ils représentent toutefois un investissement important, plus accessible aux grandes fermes qu'aux petites.

Le prix des légumes

Le prix des légumes québécois reflète les coûts de production : main-d'œuvre, semences, engrais, énergie, équipements, entreposage et transport, ainsi que les risques liés à la météo. Les légumes importés, produits dans des régions où les coûts et les règles diffèrent, sont parfois moins chers. Acheter local à un prix juste permet aux maraîchers de vivre de leur travail et de continuer à produire. En saison, les légumes abondants au marché ou en autocueillette sont souvent très abordables, surtout en grande quantité pour la congélation ou les conserves. Les acheter directement au producteur garantit aussi qu'une plus grande part de ce que tu paies revient à la ferme, sans intermédiaires, ce qui aide les petites entreprises maraîchères à rester rentables et à continuer de nourrir leur région. C'est un geste simple, à la portée de tous, qui fait une réelle différence pour l'avenir du maraîchage québécois.

Les légumes moches et le gaspillage

Une partie des légumes récoltés ne répond pas aux normes d'apparence des grandes chaînes : trop petits, trop gros, tordus ou légèrement marqués. Ils sont pourtant tout aussi bons. De plus en plus de fermes et de commerces les vendent à prix réduit, et plusieurs organismes les récupèrent pour les banques alimentaires. Acheter ces légumes au marché ou à la ferme réduit le gaspillage et soutient les producteurs. Pour les soupes, les sauces, les purées et les compotes, ils sont parfaits.

Une journée type en plein été

En juillet, la journée d'un maraîcher commence souvent avant le lever du soleil. Les premières heures, plus fraîches, servent aux récoltes des légumes fragiles, comme les laitues, les fines herbes et les petits fruits, qui sont aussitôt refroidis à la chambre froide. Vient ensuite le lavage, le tri et l'emballage pour les paniers, le marché ou les épiceries. L'après-midi est consacré à la plantation des cultures successives, au désherbage, à l'irrigation et à la surveillance des ravageurs. Le soir, il faut souvent préparer les commandes du lendemain, réparer un équipement ou planifier la semaine. En pleine saison, les journées de douze heures ou plus sont fréquentes.

Les semences et les variétés du patrimoine

Plusieurs maraîchers, surtout sur les petites fermes, cultivent des variétés du patrimoine, transmises de génération en génération, appréciées pour leur goût et leur adaptation au climat local. Certains produisent même une partie de leurs propres semences. Le Québec compte aussi des semenciers artisanaux qui sélectionnent des variétés adaptées aux conditions d'ici. Préserver cette diversité de variétés est important pour l'adaptation de l'agriculture aux changements climatiques, puisque chaque variété possède des caractéristiques uniques, comme la résistance à une maladie ou à la sécheresse.

Le maraîchage urbain

Le maraîchage gagne aussi les villes : fermes urbaines sur des terrains vacants, jardins collectifs, serres sur les toits, cultures en bacs et projets d'agriculture intérieure. Ces initiatives rapprochent la production des consommateurs, sensibilisent à l'agriculture et valorisent des espaces inutilisés. Elles produisent des quantités plus modestes que les fermes rurales, mais jouent un rôle éducatif et social important, notamment pour la sécurité alimentaire de certains quartiers. Plusieurs villes québécoises soutiennent l'agriculture urbaine par des règlements et des programmes.

L'accompagnement des producteurs

Les maraîchers ne sont pas seuls face aux défis techniques. Des agronomes, des clubs-conseils en agroenvironnement, des centres de recherche et les conseillers du MAPAQ les accompagnent dans la gestion du sol, de l'eau, des ravageurs et des maladies. Des réseaux d'avertissement phytosanitaire diffusent aussi des alertes sur l'arrivée de ravageurs ou de conditions favorables aux maladies, ce qui permet d'intervenir au bon moment et de réduire l'usage des pesticides. La plateforme Agri-Réseau rassemble de nombreuses ressources techniques pour les producteurs.

Visiter une ferme maraîchère

Pour découvrir le métier de près, rien ne vaut une visite. Plusieurs fermes accueillent le public pour l'autocueillette, des visites guidées ou des journées portes ouvertes, souvent organisées à la fin de l'été. C'est l'occasion de voir les champs, les serres et les équipements, de poser des questions aux producteurs et de faire découvrir aux enfants d'où viennent les légumes. Renseigne-toi auprès des fermes de ta région ou des organismes agricoles locaux pour connaître les activités offertes.

Les engrais verts et la couverture du sol

Laisser un sol nu après la récolte l'expose à l'érosion par la pluie et le vent, et au lessivage des éléments nutritifs. C'est pourquoi de nombreux maraîchers sèment des engrais verts, aussi appelés cultures de couverture, dès qu'une parcelle se libère. Le seigle d'automne, qui pousse même par temps frais, protège le sol tout l'hiver. L'avoine, gélive, laisse un paillis naturel au printemps. Les légumineuses, comme le trèfle, la vesce ou le pois fourrager, enrichissent le sol en azote. Ces cultures nourrissent aussi la vie du sol et améliorent sa structure, ce qui le rend plus résistant aux sécheresses comme aux pluies abondantes.

Le compost à la ferme

Le compost est un allié précieux du maraîcher. Fait à partir de fumier, de résidus de culture, de feuilles et parfois de résidus alimentaires, il apporte de la matière organique et des éléments nutritifs libérés lentement, tout en stimulant la vie microbienne du sol. Plusieurs fermes produisent leur propre compost, alors que d'autres s'approvisionnent auprès de sites de compostage municipaux ou commerciaux. Le compost doit être bien mûr et de qualité connue, surtout pour les légumes consommés crus, afin d'éviter les contaminations.

La salubrité des légumes

Les légumes frais, souvent mangés crus, doivent être produits et manipulés de façon sécuritaire. Les maraîchers appliquent des bonnes pratiques de salubrité : qualité de l'eau d'irrigation et de lavage, propreté des contenants et des surfaces, hygiène du personnel, gestion du fumier et du compost, et refroidissement rapide après la récolte. Plusieurs fermes qui vendent aux grandes chaînes détiennent une certification de salubrité. À la maison, lave toujours les fruits et les légumes à l'eau courante avant de les manger, même s'ils viennent du jardin ou du marché.

Les légumes d'hiver et l'entreposage

Grâce à l'entreposage, les maraîchers québécois offrent des légumes d'ici bien après la fin de la saison. Les carottes, les betteraves, les panais, le céleri-rave, les choux, les oignons, les pommes de terre et les courges se conservent pendant des mois dans des chambres froides contrôlées, à la bonne température et à la bonne humidité. Certaines fermes vendent ces légumes dans des paniers d'hiver ou aux épiceries jusqu'au printemps. Pour le consommateur, choisir ces légumes de conservation pendant l'hiver est une excellente façon de continuer à manger local, en complément des légumes de serre.

Les questions à poser à un maraîcher

  • Quelles sont tes méthodes de culture, et utilises-tu des pesticides?
  • Quand ce légume a-t-il été récolté, et comment le conserver?
  • Quelles variétés cultives-tu, et lesquelles me conseilles-tu?
  • Offres-tu des paniers, de l'autocueillette ou des légumes d'hiver?
  • Comment apprêter ce légume que je ne connais pas?

Des maraîchers dans ta région

Voici quelques entreprises maraîchères et ressources, par région. Les coordonnées et les heures d'ouverture peuvent changer : vérifie-les avant de te déplacer.

Trouver un maraîcher à Montréal

APMQ – Association des producteurs maraîchers du Québec – Site web – (514) 387-8319 : 9244 Pie-IX Blvd, Montreal, Quebec H1Z, Canada

Ferme Michaca Enr. – Site web – (450) 264-4369 : 7070 Henri Julien Ave, Montreal, Quebec H2S 3S3, Canada

Birri – Site web – (514) 276-3202 : 7075-A Casgrain Ave, Montreal, Quebec H2S 3A3, Canada

Trouver un maraîcher à Laurentides

Ferme Lidom Inc. – (450) 439-2143 : 1266 Rang de la Rivière S, Saint-Lin – Laurentides, QC J5M 2A2, Canada

Sylvain Bélanger Fruits & Légumes – (450) 438-5265 : Mirabel, Quebec J7J 2E2, Canada

Maraichers Du Ruisseau Inc – (450) 439-6000 : 575 Rang du Ruisseau Saint-Jean, Saint-Lin – Laurentides, QC J5M 1Y5, Canada

Trouver un maraîcher à Lanaudière

Maraîcher de la Principale – Site web : 4450 R. Principale, Lourdes-de-Joliette, QC J0K 1K0, Canada

Jardin Hubert & Freres – (514) 602-9154 : 791 Rang de la Presqu’île, L’Assomption, QC J5W 3P4, Canada

Les Jardins de la Côte Azarie – (450) 917-1513 : 6710 Chem. Brassard, Saint-Zénon, QC J0K 3N0, Canada

Trouver un maraîcher à Mauricie

Potager de Réjean : Chemin Petit St Étienne, Maskinongé, QC G0X 2P0, Canada

Les Jardins de la Pointe – Site web – (819) 266-3712 : 3770 Rang des Garceau, Trois-Rivières, QC G9B 6C1, Canada

Ferme Paquette-Dessureaux – (418) 362-2829 : 371 Chem. de la Rivière à Veillet, Sainte-Geneviève-de-Batiscan, QC G0X 2R0, Canada

Trouver un maraîcher à Gaspésie

BioJardin des Bois – Site web – (418) 763-2009 : Rte Bellevue, Sainte-Anne-des-Monts, QC G0J 1G0, Canada

Ferme Dallaserra – Site web – (418) 955-7864 : 25 Rue de la Falaise, Cap-Chat, Quebec G0J 1E0, Canada

Les Serres Savoura Gaspésie inc. – Site web – (418) 392-6198 : 200 Bd Perron E, New Richmond, QC G0C 2B0, Canada

En résumé

Le maraîcher cultive des légumes, en champ ou en serre, pour les vendre frais. Au Québec, selon le MAPAQ, 2 295 entreprises maraîchères ont produit environ 569 000 tonnes de légumes frais sur 24 920 hectares en 2024, et le nombre de petites fermes de 0 à 5 hectares augmente. Le métier demande de maîtriser le sol, les variétés, l'eau, les ravageurs, la récolte, la conservation et la vente, dans un contexte de défis importants, comme la main-d'œuvre, les coûts et la météo. Acheter directement aux maraîchers, au marché, à la ferme ou en panier, est la meilleure façon de profiter de leurs légumes et de soutenir l'agriculture québécoise.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un maraîcher?

Un maraîcher est un agriculteur spécialisé dans la culture des légumes, et parfois de petits fruits et de fines herbes, destinés à être consommés frais. Il cultive en plein champ, en serre ou sous abri, et vend ses récoltes au marché, en paniers, à la ferme, aux épiceries ou aux restaurants.

Combien y a-t-il de maraîchers au Québec?

Selon le portrait-diagnostic du MAPAQ, le Québec comptait 2 295 entreprises maraîchères en 2024, qui ont produit environ 569 000 tonnes de légumes frais sur 24 920 hectares récoltés. Leur nombre a augmenté, surtout chez les petites exploitations de 0 à 5 hectares.

Comment acheter directement à un maraîcher?

Au marché public, au kiosque de la ferme, en autocueillette, ou en t'abonnant à un panier de fermier, livré chaque semaine pendant la saison. Plusieurs maraîchers vendent aussi en ligne ou par l'entremise de marchés virtuels. Le répertoire à la fin de cet article donne quelques adresses par région.