Comment faire son propre shampoing écologique : recettes, limites et bonnes pratiques
Faire son propre shampoing permet de réduire les bouteilles de plastique, de choisir ses ingrédients et d'économiser. Mais un shampoing maison ne convient pas à tous les cheveux, et certaines recettes populaires, comme le bicarbonate de soude, peuvent abîmer la fibre capillaire. Voici les recettes qui fonctionnent, leurs limites, et comment les préparer et les conserver en toute sécurité.

Le shampoing est l'un des produits de soins les plus utilisés, et l'un de ceux qui produisent le plus de bouteilles de plastique. Faire son propre shampoing, ou choisir un shampoing solide, permet de réduire ces emballages et de mieux connaître ce qu'on met sur ses cheveux. C'est aussi une démarche qui demande de comprendre comment fonctionne un shampoing, pour éviter les déceptions et les recettes qui abîment les cheveux. Pour comparer avec les produits du commerce, lis aussi notre article sur le shampoing au chanvre et le shampoing traditionnel.
Qu'est-ce qu'un shampoing écologique?
Un shampoing écologique réduit son impact à plusieurs niveaux : des ingrédients biodégradables et d'origine responsable, peu ou pas d'emballage, une fabrication locale, et une utilisation sobre, avec la bonne quantité et des lavages pas plus fréquents que nécessaire. Un shampoing solide du commerce ou un shampoing maison peuvent répondre à ces critères. L'important est qu'il nettoie efficacement, sans abîmer les cheveux ni irriter le cuir chevelu.
Comment fonctionne un shampoing
Un shampoing contient des agents nettoyants qui délogent le sébum, la sueur et les résidus. Selon une revue publiée dans l'International Journal of Trichology, la cuticule du cheveu est protégée par une fine couche lipidique, et le pH du produit influence l'état de la fibre : un produit trop alcalin peut soulever les écailles de la cuticule, rendant le cheveu plus rugueux et plus sujet aux frisottis. Les shampoings du commerce sont formulés pour nettoyer à un pH adapté, et contiennent souvent des agents conditionneurs qui lissent les cheveux. Les recettes maison n'ont pas toujours ces qualités, ce qui explique certaines déceptions.
Les avantages pour les cheveux et l'environnement
Un shampoing maison bien choisi peut convenir à certains types de cheveux, en particulier aux cheveux normaux ou gras, et aux personnes qui aiment les formules simples. Sur le plan environnemental, il évite les bouteilles de plastique, surtout si les ingrédients sont achetés en vrac. Les formules en poudre, sans eau, se transportent et se conservent facilement.
Pourquoi opter pour le fait maison?
Faire son shampoing permet de choisir des ingrédients simples, d'éviter les parfums si l'on a le cuir chevelu sensible, et d'adapter la recette à ses cheveux. C'est aussi une activité créative et économique. Mais il faut accepter une période d'essais, et ne pas hésiter à revenir à un produit du commerce si les résultats ne sont pas satisfaisants.
Personnaliser les recettes
Les recettes de base peuvent être adaptées selon le type de cheveux. Pour les cheveux secs, on ajoute une petite quantité d'huile végétale, comme l'huile de chanvre ou de jojoba. Pour les cheveux gras, on privilégie les poudres et les argiles. Pour le cuir chevelu sensible, on évite les huiles essentielles. Note chaque essai, les quantités et les résultats, pour trouver la recette qui te convient.
L'économie et la simplicité
Les ingrédients des shampoings maison, comme le savon de Castille, la farine de seigle ou les argiles, coûtent peu, surtout achetés en vrac. Une petite quantité suffit pour plusieurs lavages. Mais le véritable gain vient souvent de l'espacement des lavages : laver ses cheveux moins souvent, lorsque c'est possible, économise du produit, de l'eau chaude et du temps.
Les ingrédients de base
- Le savon de Castille liquide, un savon à l'huile d'olive, doux mais alcalin.
- La farine de seigle, utilisée en pâte, qui nettoie doucement sans mousse.
- Les argiles, comme le rhassoul ou l'argile verte, pour les cheveux gras.
- Les poudres de plantes saponifères, comme la noix de lavage moulue ou la saponaire.
- Les huiles végétales, comme l'huile de chanvre ou de jojoba, en petite quantité.
- Le vinaigre de cidre, dilué, pour un rinçage acidifiant.
Le matériel nécessaire
Prévois un bol et une cuillère réservés à cet usage, une balance ou des cuillères à mesurer, des contenants propres et réutilisables, comme des pots de verre ou des bouteilles récupérées, et des étiquettes pour noter le contenu et la date de préparation. La propreté est essentielle : lave et sèche bien tous les ustensiles et les contenants avant chaque préparation, pour limiter la contamination.
Le shampoing en poudre
Mélange 3 cuillerées à soupe de farine de seigle fine ou d'argile douce et 1 cuillerée à soupe de poudre de plante saponifère, comme la noix de lavage moulue. Conserve le mélange au sec, dans un pot bien fermé. Au moment de l'utiliser, mélange une à deux cuillerées à soupe de poudre avec un peu d'eau tiède pour obtenir une pâte fluide. Applique sur le cuir chevelu mouillé, masse doucement, laisse agir une minute, puis rince très abondamment, pour éliminer toutes les particules. Ce shampoing mousse peu, mais nettoie bien les cheveux normaux à gras.
Le shampoing liquide au savon de Castille
Mélange 1/4 tasse de savon de Castille liquide, 1/4 tasse d'eau bouillie refroidie ou d'infusion de plantes refroidie, et, pour les cheveux secs, une demi-cuillerée à thé d'huile végétale. Agite avant chaque utilisation. Comme ce savon est alcalin, fais suivre le lavage d'un rinçage acidifiant, avec une cuillerée à soupe de vinaigre de cidre dans une tasse d'eau, puis rince à l'eau claire. Sans conservateur, ce mélange se garde quelques jours au réfrigérateur : prépare-le en petite quantité. En eau dure, le savon peut laisser un dépôt terne sur les cheveux.
Le bicarbonate de soude : à éviter
Le shampoing au bicarbonate de soude, souvent proposé dans la méthode sans shampoing, est populaire mais déconseillé comme solution régulière. Le bicarbonate est alcalin : il peut soulever la cuticule du cheveu et le rendre rêche, terne et fragile, surtout avec le temps et sur les cheveux colorés ou fins. Il peut aussi irriter le cuir chevelu. Si tu veux réduire les produits, mieux vaut choisir un shampoing solide doux du commerce, ou espacer les lavages.
Les huiles essentielles : avec prudence
Les huiles essentielles sont souvent ajoutées aux shampoings maison pour le parfum. Elles sont très concentrées, peuvent irriter le cuir chevelu et provoquer des allergies, et sont toxiques si elles sont avalées. Selon des données du Centre antipoison du Québec rapportées par Protégez-Vous, la majorité des intoxications aux huiles essentielles concernaient des enfants de 0 à 5 ans. Si tu en utilises, respecte des doses très faibles, évite-les pour les enfants, pendant la grossesse et en cas de cuir chevelu sensible, et range-les hors de portée des enfants.
Bien utiliser son shampoing maison
Mouille bien les cheveux, applique le shampoing surtout sur le cuir chevelu, et masse doucement du bout des doigts, sans frotter les longueurs. Rince abondamment. Les longueurs sont nettoyées par l'eau qui coule. Pour les cheveux longs ou secs, applique ensuite un après-shampoing ou quelques gouttes d'huile sur les pointes. Laisse à tes cheveux quelques semaines pour s'adapter, mais reviens à un autre produit si le cuir chevelu démange, pèle ou devient très gras.
Bien conserver ses préparations
Les shampoings en poudre se conservent plusieurs mois dans un pot bien fermé, à l'abri de l'humidité : utilise une cuillère sèche pour les prélever. Les shampoings liquides, qui contiennent de l'eau, sont propices au développement des bactéries et des moisissures. Sans conservateur, prépare-les en petite quantité, garde-les au réfrigérateur et utilise-les en quelques jours. Jette toute préparation qui change d'odeur, de couleur ou d'aspect.
Vendre ou offrir ses shampoings
Au Canada, le shampoing est un cosmétique réglementé par Santé Canada. Pour vendre ses produits, il faut les déclarer dans les 10 jours suivant la première vente, respecter les exigences d'étiquetage, notamment la liste des ingrédients, et s'assurer qu'ils sont sécuritaires. Même pour un cadeau, indique les ingrédients et la date de préparation, pour les personnes allergiques.
Le shampoing solide du commerce : une bonne alternative
Si les recettes maison ne te conviennent pas, le shampoing solide du commerce est une excellente option pour réduire les bouteilles de plastique. Il en existe deux grandes familles. Les pains de shampoing dits syndets sont faits de nettoyants doux compressés, avec un pH adapté aux cheveux : ils se comportent comme un shampoing liquide, moussent bien et conviennent à la plupart des cheveux. Les pains de savon saponifié, eux, sont alcalins, comme le savon de Castille, et peuvent laisser les cheveux rêches, surtout en eau dure. Vérifie la liste des ingrédients pour savoir de quel type il s'agit. Plusieurs artisans québécois fabriquent des shampoings solides, vendus dans les marchés et les boutiques de vrac, souvent sans emballage.
L'après-shampoing maison
Les shampoings maison ne contiennent pas d'agents conditionneurs, ce qui peut rendre les cheveux plus difficiles à démêler. Un rinçage au vinaigre de cidre dilué, à raison d'une cuillerée à soupe par tasse d'eau, aide à lisser la cuticule après un savon alcalin, puis on rince à l'eau claire. Pour les cheveux secs ou bouclés, quelques gouttes d'huile végétale légère, comme l'huile de chanvre, appliquées sur les longueurs humides, facilitent le démêlage. Un gel de graines de lin, préparé en faisant bouillir des graines dans l'eau puis en filtrant, est apprécié des cheveux bouclés pour définir les boucles; il se conserve quelques jours au réfrigérateur.
Adapter la recette à son type de cheveux
- Cheveux gras : privilégie les poudres et les argiles, et évite d'ajouter de l'huile. Lave le cuir chevelu en douceur, sans frotter fort, pour ne pas stimuler la production de sébum.
- Cheveux secs : ajoute une petite quantité d'huile au shampoing ou en soin des pointes, et espace les lavages.
- Cheveux bouclés ou crépus : les nettoyants très doux, les bains d'huile et les rinçages hydratants conviennent souvent mieux que les savons alcalins.
- Cheveux colorés : évite le bicarbonate et les savons alcalins, qui peuvent ternir la couleur, et choisis un nettoyant doux.
- Cuir chevelu sensible : évite les huiles essentielles et les parfums, et cesse tout produit qui provoque des démangeaisons.
La transition vers le fait maison
Lorsqu'on passe d'un shampoing du commerce à un shampoing maison, les cheveux peuvent sembler différents pendant quelques semaines : plus gras, plus secs ou moins faciles à coiffer. Cette période d'adaptation varie selon les personnes. Donne-toi quelques semaines pour juger, ajuste la recette et la fréquence des lavages, et utilise des coiffures simples au besoin. Mais si ton cuir chevelu démange, rougit, pèle ou si tes cheveux deviennent cassants, cesse la recette : ce n'est pas une phase normale d'adaptation. Un pharmacien ou un dermatologue pourra te conseiller en cas de problème persistant.
Le shampoing sec maison
Entre deux lavages, un shampoing sec permet d'absorber l'excès de sébum à la racine. Une petite quantité de fécule de maïs ou de farine de riz, appliquée avec un gros pinceau sur les racines, puis brossée, fait l'affaire. Pour les cheveux foncés, on peut y ajouter un peu de cacao en poudre. Utilise-le avec modération, et lave bien le cuir chevelu au lavage suivant, pour éviter l'accumulation de poudre.
Laver ses cheveux moins souvent
Le geste le plus écologique pour ses cheveux est souvent de les laver un peu moins souvent, lorsque c'est possible. Il n'existe pas de fréquence idéale pour tout le monde : elle dépend du type de cheveux, du cuir chevelu, de l'activité physique et des préférences. Les cheveux secs, bouclés ou crépus supportent souvent bien des lavages espacés, alors que les cheveux fins et gras demandent des lavages plus fréquents. Espacer progressivement les lavages, en utilisant au besoin un shampoing sec entre deux, permet de trouver son propre rythme. Chaque lavage en moins économise du shampoing, de l'eau chaude et de l'énergie.
L'eau dure et les shampoings maison
Dans plusieurs régions, l'eau du robinet est riche en calcaire et en minéraux. Cette eau dure réagit avec les savons et peut laisser un dépôt terne et collant sur les cheveux, surtout avec les recettes à base de savon de Castille. Si tu remarques ce problème, un rinçage acidifiant au vinaigre de cidre dilué peut aider. Les shampoings en poudre à la farine de seigle, à l'argile ou aux plantes saponifères, ainsi que les shampoings syndets du commerce, sont moins sensibles à l'eau dure que les savons. Un filtre de douche ou un adoucisseur d'eau peut aussi être envisagé dans les régions où l'eau est très calcaire, mais il s'agit d'un investissement à évaluer selon tes besoins. Renseigne-toi d'abord.
En résumé
Faire son propre shampoing réduit les bouteilles de plastique et permet de choisir ses ingrédients. Les shampoings en poudre à base de farine de seigle, d'argile ou de plantes saponifères, et le savon de Castille suivi d'un rinçage au vinaigre de cidre, conviennent à plusieurs types de cheveux. Évite le bicarbonate de soude comme shampoing régulier, et les huiles essentielles près des enfants. Prépare les recettes liquides en petite quantité, et n'hésite pas à choisir un shampoing solide du commerce si le fait maison ne convient pas à tes cheveux.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Hair Cosmetics: An Overview, International Journal of Trichology (M. F. R. Gavazzoni Dias), 2015.
- Réglementation des produits cosmétiques, Santé Canada, 2025.
- Déclaration des produits cosmétiques, Santé Canada, 2025.
- Enfants et huiles essentielles : gare aux intoxications, Protégez-Vous (données du Centre antipoison du Québec), 2017.
Questions fréquentes
Le bicarbonate de soude est-il un bon shampoing?
Pas vraiment. Le bicarbonate de soude est alcalin, et peut soulever les écailles de la cuticule du cheveu, ce qui le rend rêche, terne et plus fragile avec le temps. Utilisé occasionnellement et bien rincé, il peut dépanner, mais il n'est pas recommandé comme shampoing régulier.
Combien de temps se conserve un shampoing maison?
Un shampoing en poudre, gardé au sec, se conserve plusieurs mois. Un shampoing liquide maison, sans conservateur, peut se contaminer rapidement par des bactéries et des moisissures : prépare-le en petite quantité, garde-le au réfrigérateur et utilise-le en quelques jours.
Peut-on vendre son shampoing maison?
Oui, mais au Canada, le shampoing est un cosmétique réglementé par Santé Canada. Les fabricants doivent déclarer leurs produits dans les 10 jours suivant la première vente, respecter les exigences d'étiquetage, dont la liste des ingrédients, et s'assurer que leurs produits sont sécuritaires.


