Comment réduire sa consommation de produits importés, sans se priver
Café, bananes et chocolat resteront importés, et c'est correct. Mais beaucoup de produits qu'on achète ont un équivalent fait ici. Voici comment réduire tes produits importés, catégorie par catégorie.

Une bonne partie de ce qu'on achète vient de loin : fruits et légumes hors saison, vêtements, électronique, meubles, produits d'entretien. Réduire sa consommation de produits importés, ce n'est pas tout bannir. C'est choisir ce qui vient d'ici quand une bonne alternative existe, et mieux choisir le reste. Voici comment faire, catégorie par catégorie.
Pourquoi réduire les produits importés
Un produit fait ici soutient les entreprises, les emplois et l'économie de ta région. Il voyage généralement moins, et ses conditions de production sont encadrées par nos lois en matière d'environnement et de travail. Tu sais aussi plus facilement d'où il vient et comment il a été fabriqué.
Cela dit, local ne veut pas automatiquement dire plus écologique : le mode de production et la saison comptent beaucoup. Une tomate de serre chauffée en plein hiver peut avoir une empreinte plus élevée qu'une tomate importée de saison. La combinaison gagnante reste local et de saison.
À l'épicerie : les remplacements faciles
- Le sucre : le sirop d'érable et le miel du Québec pour sucrer.
- L'huile : l'huile de canola pressée à froid du Québec pour la cuisson et les vinaigrettes.
- Les petits fruits : bleuets, fraises et canneberges congelés du Québec l'hiver plutôt que des fruits frais importés.
- Les légumes d'hiver : carottes, betteraves, courges, choux et pommes de terre d'ici se conservent tout l'hiver.
- Les céréales et légumineuses : avoine, sarrasin, haricots et pois cultivés au Québec.
- Les produits laitiers, les œufs et les viandes : facilement disponibles de producteurs d'ici.
Faire des réserves en saison
Le secret pour manger local toute l'année, c'est de faire des réserves pendant les récoltes. Congèle les petits fruits en juillet et août, mets les tomates en sauce en septembre, et entrepose les légumes racines au frais en octobre. Les marchés publics et les kiosques de ferme offrent souvent de grandes quantités à bon prix en pleine saison.
Notre calendrier de cueillette t'indique quoi chercher chaque mois. Avec un congélateur bien rempli et quelques pots de conserves, tu dépends beaucoup moins des produits importés l'hiver.
Vêtements, maison et objets
Pour les vêtements, plusieurs entreprises québécoises fabriquent ici des vêtements durables, des bas aux manteaux. Ils coûtent souvent plus cher à l'achat, mais durent plus longtemps. Les friperies sont une autre excellente option : un vêtement usagé, même importé à l'origine, ne demande aucune nouvelle importation.
Pour les meubles, les produits d'entretien, les cosmétiques et les cadeaux, des artisans et des PME d'ici offrent des alternatives de qualité. Réparer ce que tu possèdes déjà, plutôt que racheter du neuf importé, est souvent la meilleure option de toutes.
Bien choisir ce qui reste importé
Le café, le thé, le cacao, les agrumes et les bananes ne poussent pas ici. Pour ces produits, choisis des certifications équitables ou biologiques, qui donnent des garanties sur les conditions de production. Privilégie aussi le transport par bateau plutôt que par avion : évite les produits frais importés très périssables hors saison, souvent transportés par avion.
Pour les appareils électroniques, qui sont presque tous importés, le geste le plus utile est de les garder plus longtemps et de les faire réparer.
Lire les étiquettes sans se tromper
Le logo Aliments du Québec identifie un produit entièrement québécois, ou composé d'au moins 85 % d'ingrédients d'ici, transformé et emballé au Québec. Le logo Aliments préparés au Québec signifie que le produit est transformé ici, mais que ses ingrédients peuvent venir d'ailleurs.
Méfie-toi des mentions comme « produit du Canada » ou « emballé au Québec », qui en disent peu sur l'origine des ingrédients. Pour les vêtements et les objets, l'étiquette « fabriqué au Québec » ou « fait au Canada » est plus parlante qu'une simple adresse d'entreprise.
L'essor des serres québécoises
Le Québec a fait de l'autonomie alimentaire une priorité, notamment en encourageant le développement des serres. Grâce à son électricité abordable et renouvelable, la province produit de plus en plus de tomates, de concombres, de laitues, de poivrons, de petits fruits et de fines herbes en serre, toute l'année. Ces produits remplacent une partie des légumes frais autrefois importés pendant l'hiver.
Cherche les légumes de serre du Québec à l'épicerie : ils sont généralement bien identifiés. Les serres éclairées et chauffées consomment de l'énergie, mais au Québec, cette énergie provient en grande partie de sources renouvelables, ce qui en fait une option intéressante comparativement aux légumes importés de loin.
Les produits transformés et les étiquettes trompeuses
Pour les produits transformés, l'origine est souvent plus difficile à déterminer. Une entreprise québécoise peut fabriquer un produit avec des ingrédients importés, et un emballage aux couleurs du Québec ne garantit rien sur l'origine des ingrédients. Lis la liste des ingrédients et cherche les logos reconnus, comme Aliments du Québec.
Les mentions comme « préparé au Canada » ou « emballé au Québec » indiquent seulement où le produit a été transformé ou emballé. Quand l'origine des ingrédients compte pour toi, privilégie les produits qui l'indiquent clairement, ou les entreprises qui la communiquent sur leur site.
Le café, le thé et le chocolat torréfiés ici
Le café, le thé et le cacao ne poussent pas au Québec, mais de nombreuses entreprises d'ici torréfient le café, mélangent les thés et fabriquent du chocolat à partir de fèves importées. Choisir ces produits soutient des emplois locaux, tout en permettant de choisir des fèves certifiées équitables ou biologiques. C'est un bon compromis pour ces produits impossibles à produire localement.
Les fruits locaux toute l'année
Les fruits sont souvent les aliments les plus importés pendant l'hiver. Pourtant, les pommes du Québec sont offertes presque toute l'année, et les canneberges, les bleuets, les fraises et les framboises congelés permettent de profiter des petits fruits d'ici en hiver. Les compotes, les confitures et les jus de fruits du Québec complètent l'offre.
Garder les fruits importés, comme les agrumes et les bananes, pour certaines occasions, et miser sur les fruits locaux le reste du temps, est une façon simple de réduire les importations sans se priver.
Les produits importés cachés dans notre quotidien
Beaucoup de produits importés passent inaperçus : les ingrédients des aliments transformés, les composantes des appareils électroniques, les matériaux des meubles et les fibres des vêtements. Réduire sa consommation globale, garder plus longtemps ce qu'on possède et réparer plutôt que remplacer réduisent du même coup une grande partie de ces importations invisibles, souvent plus efficacement que de chercher l'origine de chaque produit.
Les épices et les condiments
Les épices viennent presque toutes de l'étranger, mais plusieurs aromates d'ici peuvent les remplacer en partie : l'ail, les fines herbes cultivées ou séchées à la maison, le poivre des dunes, le thé du Labrador, la moutarde et les vinaigres de cidre québécois. Les épiciers spécialisés du Québec proposent aussi des mélanges d'épices boréales et des produits forestiers non ligneux récoltés de façon responsable.
Commencer sans se décourager
Choisis une catégorie à la fois : par exemple, remplacer le sucre par du sirop d'érable ce mois-ci, puis faire des réserves de bleuets l'été prochain. Les changements progressifs tiennent beaucoup mieux qu'une révolution du jour au lendemain.
Pour aller plus loin, lis pourquoi acheter local au Québec et découvre les producteurs du Marché Écodici.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Au Québec, le panier d'épicerie peut contenir bon nombre d'aliments d'ici (BioClips), MAPAQ, 2025.
- Le Décodeur : Aliments du Québec, Protégez-Vous, 2025.
- Émissions annuelles de gaz à effet de serre au Québec de 1990 à 2023, Ministère de l'Environnement du Québec, 2025.
Questions fréquentes
Faut-il arrêter complètement d'acheter des produits importés?
Non. Certains produits ne peuvent pas être produits ici, comme le café, le cacao ou les agrumes, et le commerce international fait vivre de nombreux producteurs ailleurs. L'idée est de choisir local quand une bonne alternative existe, et de bien choisir le reste, par exemple équitable.
Comment savoir si un aliment est vraiment du Québec?
Cherche le logo Aliments du Québec, qui identifie un produit entièrement québécois ou composé d'au moins 85 % d'ingrédients d'ici, transformé et emballé au Québec. Pour les fruits et légumes en vrac, lis l'affichette de provenance.
Les produits locaux coûtent-ils plus cher?
Parfois, surtout hors saison ou pour les produits transformés. En achetant en saison, en faisant des réserves et en cuisinant davantage, l'écart diminue beaucoup.


