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Les petits fruits rouges d'automne à ne pas confondre avec les cynorrhodons

À l'automne, les haies et les sous-bois du Québec se couvrent de petits fruits rouges. Certains se cuisinent, comme le cynorrhodon. D'autres sont toxiques, surtout pour les enfants. Bonne nouvelle : le cynorrhodon a trois repères que ses sosies n'ont pas. Voici comment ne jamais te tromper.

Les petits fruits rouges d'automne à ne pas confondre avec les cynorrhodons

Cueille seulement ce que tu identifies avec certitude, idéalement avec une personne d'expérience. Certaines espèces sont protégées au Québec (par exemple l'ail des bois) : informe-toi des règles avant de récolter.

L'automne est la saison des cynorrhodons, ces fruits de rosier qu'on cuisine en sirop, en tisane ou en gelée. C'est aussi la saison de plusieurs petits fruits rouges qui, eux, ne se mangent pas. Certains poussent exactement aux mêmes endroits, dans les haies, le long des clôtures et en bordure des bois.

Le risque principal concerne les enfants, attirés par ces petites baies brillantes. Pour un adulte qui cueille des cynorrhodons, la confusion est facile à éviter si on vérifie systématiquement trois repères.

Les trois repères du cynorrhodon

  1. Un arbuste épineux aux feuilles composées. Le rosier porte des aiguillons sur ses tiges, et ses feuilles sont formées de 5 à 9 petites folioles dentées, disposées de chaque côté d'une tige centrale. À la fin de l'automne, il peut avoir perdu ses feuilles, mais les aiguillons restent.
  2. Une couronne au bout du fruit. Chaque cynorrhodon porte à son extrémité les restes séchés des sépales de la fleur, comme une petite couronne ou une petite barbe.
  3. Des graines poilues à l'intérieur. Coupé en deux, le cynorrhodon contient une dizaine de graines dures, pâles, entourées de poils raides.

Les trois repères doivent être présents. Il en manque un? Ce n'est pas un cynorrhodon : on ne cueille pas.

La morelle douce-amère : le sosie le plus courant

La douce-amère (Solanum dulcamara) est une plante grimpante d'origine européenne, très répandue au Québec. Elle s'enroule dans les haies, les clôtures et les arbustes, souvent au milieu des rosiers. L'été, elle porte de petites fleurs violettes en étoile au centre jaune pointu. À l'automne, ses fruits deviennent rouge vif.

Comment la distinguer : ses fruits sont ovales, lisses et brillants, sans couronne au bout, et pendent en grappes lâches. Leur pulpe est molle, rouge, avec de nombreuses petites graines blanches, sans poils. Ses tiges n'ont pas d'épines, et ses feuilles sont simples, souvent avec deux petits lobes à la base.

Le danger : selon le Centre antipoison du CHU de Lille, toute la plante contient des substances toxiques. Elle est peu toxique pour les adultes, mais chez l'enfant, de petites quantités peuvent causer des vomissements, de la diarrhée et de la fièvre, et des quantités plus grandes des troubles plus graves. Ses fruits sont présents de septembre à novembre, en pleine saison des cynorrhodons.

L'actée rouge : la grappe brillante des sous-bois

L'actée rouge (Actaea rubra) est une plante indigène des sous-bois riches. Ce n'est pas un arbuste, mais une plante herbacée d'environ 50 cm, sans épines, aux grandes feuilles très découpées.

Comment la distinguer : ses fruits rouge vif, lustrés, sont regroupés en une grappe au sommet de la tige, chacun porté par un pédicelle mince et allongé, comme le décrit le site du mont Royal de la Ville de Montréal. Ils n'ont pas de couronne, et poussent à l'ombre de la forêt plutôt que dans les haies ensoleillées où on trouve les rosiers.

Le danger : toutes les parties de la plante sont toxiques pour les humains. Les oiseaux, eux, mangent ses fruits sans problème. Les fruits restent en place jusqu'à la fin septembre environ.

Les chèvrefeuilles arbustifs : des baies par paires

Plusieurs chèvrefeuilles arbustifs (Lonicera), dont le chèvrefeuille de Tartarie, ont été plantés dans les haies et se sont répandus dans les friches et les lisières. Ce sont des espèces envahissantes en Ontario et dans le nord-est de l'Amérique.

Comment les distinguer : leurs baies rouges ou orangées, rondes et translucides, poussent généralement par paires à l'aisselle des feuilles. Les feuilles sont simples, ovales, à bord lisse et disposées deux par deux, face à face, sur des branches sans épines. Aucune couronne au bout des fruits.

Le danger : selon le chroniqueur horticole Larry Hodgson, dans Le Soleil, la plupart des chèvrefeuilles ont des fruits légèrement toxiques.

L'if du Canada : la coupelle rouge

L'if du Canada (Taxus canadensis) est un petit conifère bas et étalé des sous-bois, souvent confondu avec un jeune sapin. Ses fruits ne ressemblent pas vraiment à des cynorrhodons : ce sont de petites coupelles rouges et charnues, ouvertes au bout, qui laissent voir une graine foncée.

Le danger : la partie rouge n'est pas toxique, mais la graine au centre l'est, selon Larry Hodgson. Les aiguilles et le bois le sont aussi. Comme un enfant ne recrache pas toujours la graine, on ne laisse pas un enfant goûter ces fruits.

Le muguet : des baies rouges au ras du sol

Le muguet (Convallaria majalis), cultivé dans les jardins et souvent échappé dans les sous-bois près des maisons, porte à la fin de l'été des baies rouge vif, rondes, au bout d'une courte tige. La plante ne fait que 20 cm et n'a ni bois ni épines, ce qui la rend impossible à confondre avec un rosier si on regarde la plante entière. Mais ses fruits sont très toxiques, toujours selon Larry Hodgson : c'est une raison de plus pour ne jamais cueillir un fruit isolé sans regarder la plante qui le porte.

Les fruits rouges qui se mangent, cuits

Pour compléter le portrait, deux autres fruits rouges d'automne se cuisinent, mais toujours cuits, comme l'indique notre calendrier de cueillette :

  • Le pimbina (Viburnum trilobum) : un arbuste sans épines aux feuilles à trois lobes, comme l'érable, avec des grappes de fruits rouges translucides à l'odeur forte. Il se mange en gelée ou en sirop.
  • Le sorbier d'Amérique (Sorbus americana) : un petit arbre aux feuilles composées et aux grandes grappes de petits fruits orange vif. Il se mange cuit, en gelée, après le gel.

Leurs fruits, nombreux et en grappes, n'ont pas la couronne ni les graines poilues du cynorrhodon.

En cas d'ingestion

Si un enfant ou un adulte a mangé des fruits que tu ne peux pas identifier avec certitude, appelle le Centre antipoison du Québec au 1 800 463-5060, même en l'absence de symptômes. En cas de symptômes graves, comme une difficulté à respirer, des convulsions ou une perte de conscience, appelle le 911. Garde une branche avec ses fruits et ses feuilles pour aider à identifier la plante.

Pour apprendre à identifier les plantes avec ton cellulaire, et surtout à confirmer ce que l'application te propose, lis notre article identifier une plante avec ton cellulaire : PlantNet, Seek et iNaturalist. Une application te donne une piste, jamais la permission de manger.

Sources

Questions fréquentes

Quel est le repère le plus fiable pour reconnaître un cynorrhodon?

La petite couronne de sépales séchés au bout du fruit, combinée à un arbuste épineux aux feuilles composées. Ouvert, le cynorrhodon est rempli de graines dures entourées de poils. Aucun des fruits rouges toxiques courants au Québec ne réunit ces trois caractères.

Que faire si mon enfant a mangé des petits fruits rouges?

Appelle tout de suite le Centre antipoison du Québec au 1 800 463-5060, même s'il n'a pas de symptômes. En cas de symptômes graves, comme une difficulté à respirer, des convulsions ou une perte de conscience, appelle le 911. Garde une branche avec des fruits et des feuilles pour l'identification.

Les fruits que mangent les oiseaux sont-ils sans danger pour nous?

Non. Plusieurs oiseaux mangent sans problème des fruits toxiques pour les humains, comme ceux de l'actée rouge ou de la douce-amère. Ce que mangent les oiseaux n'est jamais un indice de comestibilité.