Les avantages des énergies renouvelables, et leurs limites
Solaire, éolien, hydroélectricité, géothermie, biomasse : les énergies renouvelables connaissent une croissance record dans le monde. Voici leurs vrais avantages, chiffres officiels à l'appui, leurs limites, et ce que cela signifie au Québec, où l'électricité est déjà largement renouvelable.

Les énergies renouvelables proviennent de sources qui se renouvellent naturellement à l'échelle humaine : le soleil, le vent, l'eau qui coule, la chaleur de la Terre et la matière organique. Contrairement au pétrole, au gaz naturel et au charbon, elles ne s'épuisent pas et émettent très peu de gaz à effet de serre lorsqu'elles produisent de l'énergie. Leur croissance est aujourd'hui spectaculaire, mais elles ont aussi leurs limites.
Une croissance record dans le monde
Selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, l'IRENA, le monde a ajouté un record de 585 gigawatts de capacité renouvelable en 2024, soit une croissance de 15,1 % en un an. Les énergies renouvelables ont représenté 92,5 % de toutes les nouvelles capacités électriques installées cette année-là, et environ 46 % de la capacité électrique mondiale à la fin de l'année. Le solaire photovoltaïque à lui seul a ajouté près de 452 gigawatts.
La croissance s'est poursuivie en 2025, avec un nouveau record d'environ 692 gigawatts ajoutés selon les statistiques de l'IRENA publiées en 2026, ce qui porte les renouvelables à près de la moitié de la capacité installée mondiale. Malgré ce rythme, l'IRENA estime que le monde n'est pas encore sur la bonne trajectoire pour tripler la capacité renouvelable d'ici 2030, l'objectif convenu lors de la COP28.
Le premier avantage : le climat
La combustion des énergies fossiles est la principale cause des changements climatiques. Les énergies renouvelables produisent de l'électricité ou de la chaleur en émettant très peu de gaz à effet de serre. Même en tenant compte de la fabrication des panneaux, des éoliennes et des barrages, leur empreinte sur l'ensemble de leur cycle de vie est généralement bien plus faible que celle du charbon, du pétrole ou du gaz naturel.
Remplacer les centrales au charbon et au gaz par des sources renouvelables, puis électrifier les transports et le chauffage, est au cœur de toutes les stratégies de réduction des émissions dans le monde.
Un air plus sain
La combustion des énergies fossiles libère aussi des polluants atmosphériques, comme les particules fines, les oxydes d'azote et le dioxyde de soufre, qui nuisent à la santé respiratoire et cardiovasculaire. Le solaire, l'éolien et l'hydroélectricité ne produisent pas ces polluants en fonctionnant. Leur développement contribue donc à améliorer la qualité de l'air, particulièrement dans les régions qui dépendent encore du charbon.
L'indépendance et la stabilité énergétiques
Les pays qui importent leur pétrole et leur gaz dépendent des marchés mondiaux, dont les prix peuvent varier fortement au gré des crises géopolitiques. Les énergies renouvelables, produites localement à partir du soleil, du vent ou de l'eau, réduisent cette dépendance. Une fois les installations construites, leur « carburant » est gratuit, ce qui rend les coûts de production plus prévisibles sur le long terme.
Le coût de l'électricité solaire et éolienne a d'ailleurs fortement baissé au cours de la dernière décennie, au point d'être aujourd'hui parmi les sources de nouvelle électricité les moins chères dans de nombreuses régions du monde.
Des emplois et des retombées locales
La construction, l'installation et l'entretien des parcs solaires et éoliens, des centrales hydroélectriques et des réseaux créent des emplois dans de nombreuses régions. Les projets réalisés en partenariat avec les communautés locales et autochtones permettent aussi de partager les revenus de la production d'énergie. Au Québec, plusieurs parcs éoliens sont détenus en partie par des municipalités régionales de comté et des communautés autochtones.
Le Québec, un cas particulier
Le Québec occupe une situation exceptionnelle : la quasi-totalité de son électricité provient de l'hydroélectricité, complétée par l'éolien. Ses émissions de gaz à effet de serre proviennent donc surtout d'autres secteurs. Selon l'inventaire officiel du gouvernement du Québec, les transports représentaient environ 44,8 % des émissions de la province en 2023, devant l'industrie et le chauffage des bâtiments, qui dépend encore en partie du mazout et du gaz naturel.
Au Québec, le principal gain des énergies renouvelables vient donc de l'électrification : remplacer les véhicules à essence, les chaudières au mazout et les procédés industriels fossiles par l'électricité renouvelable. Pour les particuliers, des options comme le solaire résidentiel, raccordé au réseau grâce à l'option de mesurage net d'Hydro-Québec, peuvent aussi compléter l'approvisionnement.
Les limites à connaître
- L'intermittence : le solaire et l'éolien ne produisent pas en continu, ce qui exige du stockage, des réseaux interconnectés ou des sources d'appoint.
- L'occupation du territoire : les grands parcs solaires, éoliens et réservoirs hydroélectriques transforment les paysages et les milieux naturels.
- Les impacts sur la biodiversité : les barrages modifient les rivières, et les éoliennes peuvent affecter certains oiseaux et chauves-souris si elles sont mal situées.
- Les matières premières : panneaux, éoliennes et batteries nécessitent des métaux dont l'extraction a ses propres impacts.
- La production réelle : selon l'IRENA, les renouvelables représentaient environ le tiers de l'électricité réellement produite en 2024, malgré près de la moitié de la capacité installée.
Le stockage et les réseaux
Pour compenser l'intermittence du solaire et de l'éolien, plusieurs solutions se combinent. Les batteries, dont le coût a beaucoup baissé, stockent l'électricité produite en surplus pour la restituer plus tard. Les réservoirs hydroélectriques jouent aussi le rôle d'immenses batteries naturelles : on peut y retenir l'eau quand le vent souffle fort et turbiner davantage quand il faiblit. C'est un grand atout du Québec, dont les réservoirs peuvent équilibrer la production éolienne.
Les réseaux électriques interconnectés entre régions et entre pays permettent aussi d'échanger l'électricité, puisque le vent ne souffle pas partout en même temps. Enfin, la gestion de la demande, qui consiste à déplacer certaines consommations aux heures où l'électricité est abondante, réduit les besoins de pointe.
La sobriété énergétique d'abord
L'énergie la plus propre reste celle qu'on ne consomme pas. Avant d'ajouter de nouvelles sources renouvelables, réduire les besoins en énergie permet d'aller plus vite et à moindre coût : bâtiments mieux isolés, appareils efficaces, thermopompes plutôt que plinthes électriques, transport collectif et actif plutôt que voiture solo. Au Québec, chaque kilowattheure économisé est un kilowattheure d'électricité propre disponible pour remplacer les énergies fossiles ailleurs, ou pour être exporté.
Ce que tu peux faire à la maison
- Améliorer l'isolation et l'étanchéité de la maison, le geste le plus rentable à long terme.
- Remplacer le chauffage au mazout ou au gaz par une thermopompe électrique, parfois géothermique.
- Passer à un véhicule électrique, ou mieux, réduire ses déplacements en voiture.
- Installer des panneaux solaires si ton toit s'y prête, en évaluant bien la rentabilité.
- Choisir des appareils efficaces et réduire les consommations inutiles, surtout aux heures de pointe en hiver.
Plusieurs programmes gouvernementaux et d'Hydro-Québec offrent de l'aide financière pour ces travaux. Pour le solaire, Hydro-Québec offre depuis le 31 mars 2026 une subvention de 1 000 $ par kilowatt installé, jusqu'à 40 % des coûts admissibles. Renseigne-toi sur les programmes en vigueur avant de commencer. Pour explorer les options résidentielles, lis notre article sur les énergies renouvelables pour la maison.
Les mythes fréquents
On entend souvent que les éoliennes et les panneaux solaires « polluent plus qu'ils ne rapportent ». Les analyses du cycle de vie montrent au contraire que leur empreinte totale est remboursée en quelques années de production, sur une durée de vie de plusieurs décennies. Autre mythe : le solaire ne fonctionnerait pas au Québec. En réalité, l'ensoleillement annuel du sud du Québec est comparable à celui de nombreuses régions d'Europe où le solaire est très répandu, même si la production chute l'hiver.
En France et en Belgique
En France, l'électricité provient majoritairement du nucléaire, peu émetteur de carbone, complété par l'hydroélectricité, l'éolien et le solaire, dont la part augmente. En Belgique, l'éolien en mer du Nord et le solaire progressent rapidement. Dans les deux pays, comme au Québec, l'enjeu principal est de réduire la consommation d'énergies fossiles dans les transports et le chauffage, et d'accélérer l'électrification avec une électricité bas carbone.
Les communautés au cœur des projets
Les projets d'énergie renouvelable réussissent mieux lorsqu'ils sont réalisés avec les communautés plutôt que pour elles. Les coopératives énergétiques, les parcs éoliens détenus en partie par les municipalités et les partenariats avec les Premières Nations permettent de partager les retombées économiques, de tenir compte des préoccupations locales et d'améliorer l'acceptabilité sociale. Une bonne consultation, des études d'impact sérieuses et le respect des milieux sensibles évitent bien des conflits.
Suivre l'évolution
Le secteur des énergies renouvelables évolue très rapidement : coûts, technologies et capacités installées changent d'une année à l'autre. Les rapports annuels de l'IRENA et les inventaires officiels des gouvernements permettent de suivre ces progrès et de distinguer les faits des idées reçues.
Les principales énergies renouvelables
L'hydroélectricité utilise la force de l'eau qui coule ou qui tombe, souvent grâce à des barrages; elle est stable et pilotable, mais transforme les rivières. L'éolien capte la force du vent avec des turbines, sur terre ou en mer. Le solaire photovoltaïque transforme directement la lumière en électricité, alors que le solaire thermique produit de la chaleur. La géothermie utilise la chaleur du sous-sol, notamment avec les thermopompes géothermiques qui chauffent et climatisent les bâtiments. La biomasse et les biocarburants, enfin, proviennent de matières organiques comme le bois, les résidus agricoles ou les déchets organiques.
Chacune a ses forces et ses limites, et un système énergétique robuste combine plusieurs sources, adaptées aux ressources de chaque région. Pour en savoir plus, lis notre comparaison énergies renouvelables et fossiles et notre article sur l'énergie solaire.
En résumé
Les énergies renouvelables connaissent une croissance record : selon l'IRENA, elles représentaient plus de 90 % des nouvelles capacités électriques en 2024 et près de la moitié de la capacité installée mondiale en 2025. Elles réduisent les émissions de gaz à effet de serre et la pollution de l'air, renforcent l'indépendance énergétique et créent des emplois. Elles ont aussi des limites, comme l'intermittence et leurs impacts sur le territoire, qui se gèrent par le stockage, les réseaux et une bonne planification. Au Québec, où l'électricité est déjà renouvelable, le plus grand gain viendra de l'électrification des transports et du chauffage, et de la sobriété énergétique.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Renewables in 2024: 5 Key Facts Behind a Record-Breaking Year, Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), 2025.
- Renewable power now close to 50% worldwide (statistiques de l'IRENA), The Namibian, 2026.
- Émissions annuelles de gaz à effet de serre au Québec de 1990 à 2023, Ministère de l'Environnement du Québec, 2025.
- Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2022 et leur évolution depuis 1990, Ministère de l'Environnement du Québec, 2024.
- Autoproduction et option de mesurage net, Hydro-Québec, 2026.
- Autoproduction : subvention et mesurage net, Hydro-Québec, 2026.
- Maisons et entreprises : les subventions pour panneaux solaires sont arrivées, La Presse, 2026.
Questions fréquentes
Quelle part de l'électricité mondiale est renouvelable?
Selon les statistiques de l'IRENA, les énergies renouvelables représentaient environ 46 % de la capacité électrique installée dans le monde à la fin de 2024, et près de la moitié à la fin de 2025. Leur part de l'électricité réellement produite est toutefois plus faible, autour du tiers, puisque le solaire et l'éolien ne produisent pas en continu.
L'électricité du Québec est-elle renouvelable?
Oui, très majoritairement. La quasi-totalité de l'électricité produite au Québec provient de l'hydroélectricité, complétée par l'éolien. C'est pourquoi l'électrification des transports et du chauffage y réduit beaucoup les émissions de gaz à effet de serre.
Quelles sont les principales limites des énergies renouvelables?
Le solaire et l'éolien sont intermittents et demandent des moyens de stockage ou d'équilibrage du réseau. Les grands projets ont aussi des impacts sur les territoires et la biodiversité, et la fabrication des équipements nécessite des métaux et de l'énergie. Ces limites se gèrent par une bonne planification et par la sobriété énergétique.


