Les bienfaits de la nature et de l'action écologique sur la santé mentale
Passer du temps dans la nature, jardiner, s'impliquer pour l'environnement : ces activités peuvent faire du bien au moral. Une étude menée auprès de près de 20 000 personnes a associé au moins 120 minutes par semaine en nature à une meilleure santé et à un plus grand bien-être. Mais la crise climatique peut aussi générer de l'écoanxiété. Voici ce qu'on sait, et comment en tirer le meilleur.

Les liens entre l'environnement et la santé mentale sont de plus en plus étudiés. D'un côté, le contact avec la nature et l'engagement pour l'environnement semblent favoriser le bien-être. De l'autre, les changements climatiques et la dégradation de la nature peuvent susciter des émotions difficiles. Comprendre ces deux facettes aide à prendre soin de sa santé mentale, tout en agissant pour la planète. Pour une pratique concrète, lis aussi notre article sur la méditation en pleine nature.
La réduction du stress
Le contact avec la nature est associé à une réduction du stress perçu. Une promenade dans un parc, une journée en forêt ou quelques minutes au bord de l'eau offrent une pause loin du bruit, des écrans et des sollicitations. Plusieurs études ont observé une baisse des indicateurs de stress après un séjour en milieu naturel, même si les résultats varient selon les personnes et les méthodes. La méditation, qui peut se pratiquer en nature, aide aussi : selon une méta-analyse publiée en 2014 dans JAMA Internal Medicine, les programmes de méditation de pleine conscience procurent des améliorations modérées de l'anxiété, de la dépression et de la douleur.
L'amélioration de l'humeur
Plusieurs personnes rapportent se sentir de meilleure humeur après un moment dehors. La lumière naturelle, l'activité physique, le contact avec les autres et la beauté des paysages y contribuent. Une étude publiée en 2019 dans Scientific Reports, menée auprès de près de 20 000 personnes en Angleterre, a observé que celles qui passaient au moins 120 minutes par semaine dans la nature étaient nettement plus susceptibles de rapporter une bonne santé et un plus grand bien-être psychologique. Il s'agit d'une association, mais elle rejoint les résultats de nombreuses autres études.
Les effets sur l'anxiété et la dépression
Le temps passé en nature et l'activité physique en plein air peuvent contribuer à réduire les symptômes d'anxiété et de dépression légère chez certaines personnes, en complément des autres formes de soutien. Ils ne remplacent toutefois pas un traitement : en cas de symptômes importants ou persistants, il est essentiel de consulter un professionnel de la santé.
Pourquoi la nature a un effet positif
Plusieurs explications sont avancées pour comprendre les bienfaits de la nature sur la santé mentale. Les environnements naturels sollicitent l'attention de façon douce, ce qui permettrait à l'esprit de récupérer de la fatigue mentale. Ils encouragent l'activité physique, reconnue pour ses effets sur l'humeur. Ils offrent des occasions de socialiser, lors de randonnées, de jardinage ou d'activités en groupe. Enfin, le sentiment d'appartenir à quelque chose de plus grand que soi peut apporter du recul face aux soucis du quotidien.
Les mécanismes physiologiques
Certaines études ont observé, après un séjour en nature, une baisse de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et de certaines hormones liées au stress. Ces effets sont généralement modestes et de courte durée, et les études sont souvent de petite taille. Ils suggèrent toutefois que le corps réagit positivement aux environnements naturels, en plus de l'effet de l'activité physique et du repos.
Les bienfaits psychologiques
Au-delà de la réduction du stress, le contact avec la nature peut favoriser la créativité, la concentration, le sentiment d'émerveillement et la gratitude. Prendre soin d'un jardin, d'une plante ou d'un coin de nature procure un sentiment d'accomplissement et de responsabilité. Observer les saisons, les oiseaux ou les étoiles aide à vivre le moment présent.
L'écoanxiété : une réaction compréhensible
La crise climatique et la perte de biodiversité peuvent susciter des émotions difficiles : inquiétude, impuissance, tristesse, colère ou culpabilité. On parle d'écoanxiété. Selon la Direction de santé publique de Lanaudière, environ 67 % des élèves du secondaire ressentent de l'écoanxiété, davantage chez les filles que chez les garçons, mais seulement 9 % la ressentent toujours ou presque toujours. Une bonne santé mentale et un soutien familial élevé sont associés à moins d'écoanxiété. La santé publique souligne aussi que l'écoanxiété peut devenir un moteur de changement et d'implication citoyenne.
Agir pour se sentir mieux
Passer à l'action, à sa mesure, est souvent l'un des meilleurs remèdes contre le sentiment d'impuissance. Adopter des gestes écologiques au quotidien, s'impliquer dans un projet de son quartier, participer à une corvée de nettoyage, planter des arbres ou rejoindre un groupe environnemental permettent de transformer l'inquiétude en action concrète. Les actions collectives, en particulier, apportent un sentiment d'appartenance et d'efficacité. Il est toutefois important de garder un équilibre, et de ne pas porter seul le poids d'un problème collectif.
Profiter de la nature au quotidien
- Marche ou fais du vélo pour tes déplacements, en passant par un parc lorsque c'est possible.
- Prends ton dîner dehors, dans un parc ou un espace vert.
- Jardine, dans ta cour, sur ton balcon ou dans un jardin communautaire.
- Planifie des sorties en nature la fin de semaine, en famille ou entre amis.
- Observe la nature autour de toi : oiseaux, arbres, ciel.
Les activités à l'extérieur
Les activités de plein air, comme la randonnée, le vélo, le canot, le ski de fond ou la raquette, combinent les bienfaits de l'activité physique et ceux de la nature. Les directives canadiennes recommandent aux adultes au moins 150 minutes d'activité physique d'intensité moyenne à élevée par semaine : les faire dehors permet de profiter des deux à la fois. En hiver, sortir pendant les heures d'ensoleillement aide aussi à profiter de la lumière naturelle.
Intégrer la nature dans le quotidien
Même en ville, il est possible d'intégrer la nature à sa vie : plantes d'intérieur, fenêtres ouvertes sur la verdure, mangeoire d'oiseaux sur le balcon, promenades dans les parcs, jardins communautaires. Les municipalités qui verdissent leurs rues, protègent leurs parcs et aménagent des espaces verts accessibles contribuent aussi au bien-être de leurs citoyens.
Parler de l'environnement avec les jeunes
Les jeunes sont particulièrement sensibles aux enjeux environnementaux. Pour les accompagner, écoute leurs inquiétudes sans les minimiser, donne-leur une information juste et adaptée à leur âge, et mets l'accent sur les solutions et les actions possibles. Passer du temps dehors ensemble, jardiner ou participer à un projet collectif aide à transformer les inquiétudes en engagement. Selon la santé publique, le soutien de la famille est d'ailleurs associé à moins d'écoanxiété chez les jeunes.
Prendre soin de soi en prenant soin de la planète
Plusieurs gestes écologiques sont aussi bons pour la santé mentale : marcher ou pédaler plutôt que de prendre la voiture, cuisiner des aliments frais, jardiner, réduire le temps d'écran, ralentir et consommer moins. Ces gestes favorisent l'activité physique, le contact avec la nature et les autres, et un rythme de vie plus calme. Prendre soin de soi et de la planète vont souvent de pair. Commence par un geste qui te fait plaisir, comme une promenade quotidienne ou quelques plantes sur ton balcon, et laisse les autres venir naturellement.
En résumé
Le contact avec la nature est associé à moins de stress, à une meilleure humeur et à un plus grand bien-être : une étude auprès de près de 20 000 personnes a associé au moins 120 minutes par semaine en nature à une meilleure santé. La crise environnementale peut aussi générer de l'écoanxiété, ressentie par environ 67 % des élèves du secondaire selon la santé publique de Lanaudière. Passer à l'action, s'impliquer collectivement et profiter régulièrement de la nature aident à prendre soin de sa santé mentale. En cas de détresse, consulte un professionnel.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Spending at least 120 minutes a week in nature is associated with good health and wellbeing (communiqué), University of Exeter, Scientific Reports, via ScienceDaily, 2019.
- Meditation Programs for Psychological Stress and Well-being: A Systematic Review and Meta-analysis, JAMA Internal Medicine (Goyal et al.), 2014.
- L'écoanxiété chez les jeunes du secondaire (On surveille pour vous, no 110), Direction de santé publique, CISSS de Lanaudière, 2025.
- Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures, Société canadienne de physiologie de l'exercice, 2021.
Questions fréquentes
Combien de temps passer dans la nature pour en ressentir les bienfaits?
Une étude publiée en 2019 dans Scientific Reports, menée auprès de près de 20 000 personnes en Angleterre, a observé que celles qui passaient au moins 120 minutes par semaine dans la nature étaient nettement plus susceptibles de rapporter une bonne santé et un plus grand bien-être. Ce temps pouvait être réparti en plusieurs sorties.
Qu'est-ce que l'écoanxiété?
C'est un ensemble d'émotions, comme l'inquiétude, l'impuissance, la tristesse ou la colère, ressenties face à la crise environnementale. Selon la Direction de santé publique de Lanaudière, environ 67 % des élèves du secondaire ressentent de l'écoanxiété, mais seulement 9 % la ressentent toujours ou presque toujours. Elle peut aussi devenir un moteur d'implication.
Que faire si l'écoanxiété devient envahissante?
En parler avec des proches, passer à l'action à sa mesure, s'impliquer dans des projets collectifs, limiter l'exposition aux nouvelles anxiogènes et prendre du temps dans la nature peuvent aider. Si l'anxiété nuit au sommeil, au travail ou aux relations, il est important d'en parler à un professionnel de la santé.


