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Les impacts du suremballage sur l'environnement, et comment l'éviter

Des biscuits emballés individuellement dans une boîte, elle-même dans un sac : le suremballage est partout. Voici ses impacts réels, pourquoi il existe, ce que fait le Québec, et comment l'éviter au quotidien.

Les impacts du suremballage sur l'environnement, et comment l'éviter

Un sac de biscuits contenant des sachets individuels, une crème vendue dans une boîte surdimensionnée, un petit objet livré dans un carton immense rempli de coussins d'air : le suremballage est partout dans notre quotidien. Les emballages sont souvent utiles, mais quand ils dépassent ce qui est nécessaire, ils deviennent une source importante de déchets et de gaspillage de ressources. Voici ses impacts et comment l'éviter.

Qu'est-ce que le suremballage?

Un emballage a plusieurs fonctions légitimes : protéger le produit, le conserver, faciliter son transport et informer le consommateur. Le suremballage, c'est tout ce qui dépasse ces besoins : emballages multiples superposés, boîtes beaucoup plus grandes que le produit, portions individuelles emballées séparément, et emballages décoratifs destinés surtout à attirer l'œil sur la tablette.

Il existe plusieurs niveaux d'emballage : l'emballage primaire, en contact avec le produit, comme la bouteille; l'emballage secondaire, qui regroupe plusieurs unités, comme la caisse de 12; et l'emballage de transport, qui sert à la distribution. Le suremballage peut se cacher à chacun de ces niveaux.

Les impacts sur l'environnement

Chaque emballage demande des ressources pour être fabriqué : bois pour le papier et le carton, pétrole pour le plastique, sable et énergie pour le verre, bauxite et beaucoup d'énergie pour l'aluminium. Sa fabrication, son transport et son élimination produisent des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution.

Une grande partie des emballages est utilisée une seule fois, pendant quelques minutes ou quelques jours, avant d'être jetée. Ceux qui ne sont pas recyclés finissent à l'enfouissement ou, lorsqu'ils s'échappent dans l'environnement, dans les cours d'eau et les océans, où les plastiques se fragmentent en microplastiques.

Pourquoi les produits sont-ils suremballés?

Le suremballage a plusieurs causes. Le marketing d'abord : un gros emballage attire l'attention sur la tablette et donne une impression de valeur. La commodité ensuite : les portions individuelles sont pratiques pour les lunchs. La prévention du vol, dans les magasins, explique aussi certains emballages de plastique rigide difficiles à ouvrir.

Dans le commerce en ligne, les boîtes de tailles standard, utilisées pour toutes sortes de produits, mènent souvent à des colis surdimensionnés remplis de matériel de calage. Enfin, certains emballages sont conçus pour résister aux longues chaînes de distribution, alors qu'un circuit plus court en demanderait moins.

Les emballages difficiles à recycler

Certains emballages posent des problèmes particuliers au recyclage. Les emballages multicouches, qui combinent plastique, aluminium et carton, comme certains sachets et contenants de boisson, sont difficiles à séparer. Les emballages noirs sont parfois mal détectés par les équipements de tri. Les petits emballages, comme les sachets et les bouchons, passent souvent à travers les équipements.

Le polystyrène, comme les barquettes de viande et les coussins de calage, a peu de débouchés dans plusieurs régions. Les emballages souillés de nourriture contaminent les autres matières. C'est pourquoi un emballage dit recyclable n'est pas toujours recyclé en pratique.

Ce que fait le Québec

Au Québec, les entreprises qui mettent en marché des contenants, des emballages et des imprimés financent la collecte sélective, selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs. La modernisation de la collecte sélective leur a confié la responsabilité de la gestion de ces matières, ce qui vise à les inciter à réduire leurs emballages et à les concevoir pour qu'ils soient plus faciles à recycler.

La consigne a aussi été élargie à un plus grand nombre de contenants de boissons, pour améliorer leur récupération. Ces mesures vont dans le bon sens, mais la réduction à la source reste la priorité.

Comment éviter le suremballage à l'épicerie

  • Achète en vrac avec tes propres contenants et sacs : céréales, noix, légumineuses, épices, produits d'entretien.
  • Choisis les fruits et légumes en vrac plutôt qu'en barquettes ou en sacs.
  • Privilégie les grands formats pour les produits que tu utilises souvent, plutôt que les portions individuelles.
  • Apporte tes contenants au comptoir de viande, de poisson ou de fromage, lorsque le commerce l'accepte.
  • Prépare tes collations dans des contenants réutilisables plutôt que d'acheter des portions emballées.
  • Choisis les emballages simples : carton plutôt que plastique, emballage unique plutôt que multiple.

Le suremballage du commerce en ligne

Les achats en ligne génèrent beaucoup d'emballages : boîtes, enveloppes matelassées, coussins d'air et papier de calage. Pour les réduire, regroupe tes commandes, choisis l'option de livraison groupée quand elle existe, et privilégie la cueillette en magasin. Certains commerçants offrent aussi des emballages réutilisables ou réduits sur demande.

Réutilise les boîtes et le matériel de calage pour tes propres envois, ton rangement ou un déménagement. Si un commerçant suremballe systématiquement, n'hésite pas à le lui signaler : les commentaires des clients font évoluer les pratiques.

Les emballages des repas pour emporter

Les repas pour emporter et livrés génèrent beaucoup d'emballages : contenants, couvercles, ustensiles, sachets de condiments, sacs et serviettes. Plusieurs sont faits de plastique ou de matériaux combinés difficiles à recycler. Pour les réduire, refuse les ustensiles et les serviettes dont tu n'as pas besoin, et choisis les restaurants qui utilisent des contenants recyclables ou compostables.

Certains restaurants et cafés acceptent les contenants et les tasses des clients, ou participent à des programmes de contenants réutilisables consignés. Garder une tasse de voyage et un contenant dans son sac permet d'en profiter facilement.

Les emballages cadeaux

Aux fêtes et aux anniversaires, les emballages cadeaux représentent une quantité impressionnante de déchets, d'autant que plusieurs papiers métallisés, brillants ou plastifiés ne se recyclent pas. Les alternatives ne manquent pas : emballages en tissu, à la manière du furoshiki japonais, sacs cadeaux réutilisables, boîtes récupérées, papier journal, cartes routières ou dessins d'enfants.

Garde les beaux papiers, les sacs et les rubans reçus pour les réutiliser. Un cadeau d'expérience, comme une sortie, un repas ou une activité, ne demande même aucun emballage.

Les produits d'hygiène et de beauté

Les produits d'hygiène et de beauté sont souvent très emballés : boîtes de carton autour des bouteilles, flacons multiples, échantillons et formats de voyage. Les produits solides, comme les savons, les shampoings et les revitalisants en pain, et les produits en vrac ou rechargeables réduisent beaucoup ces emballages.

Simplifier sa routine en utilisant moins de produits différents réduit aussi les emballages, et les dépenses. Les cosmétiques faits maison avec des ingrédients simples sont une autre option pour les personnes qui aiment cuisiner leurs produits.

Les emballages au travail

Au bureau, les dosettes de café, les bouteilles d'eau, les collations emballées et la vaisselle jetable produisent beaucoup de déchets. Une cafetière à filtre ou à piston, de l'eau du robinet filtrée, des collations en vrac et de la vaisselle réutilisable dans la cuisine du personnel réduisent rapidement ces emballages, souvent en faisant économiser l'entreprise.

Comparer les emballages au moment d'acheter

Devant la tablette, quelques questions simples aident à choisir : le produit a-t-il plusieurs couches d'emballage? Existe-t-il en format plus grand ou en vrac? L'emballage est-il fait d'une seule matière facile à recycler, comme le carton ou le verre? Peut-il être réutilisé à la maison? Ces réflexes deviennent vite automatiques et réduisent sensiblement la quantité de déchets du ménage.

Comparer le prix au kilogramme ou au litre révèle souvent que les produits suremballés, en portions individuelles, coûtent beaucoup plus cher que les formats simples. Réduire les emballages, c'est donc aussi économiser.

Les emballages réutilisables et consignés

Les emballages réutilisables gagnent du terrain : bouteilles de lait en verre consignées, contenants retournables pour les produits d'épicerie, sacs et caisses réutilisables pour la livraison. Ces systèmes permettent d'utiliser le même emballage des dizaines de fois avant de le recycler, ce qui réduit considérablement les déchets et les ressources utilisées.

Encourager les commerces qui offrent ces options, en les choisissant et en rapportant fidèlement les contenants, contribue à leur développement. Plus ils sont utilisés, plus ils deviennent pratiques et économiques.

Les petits gestes du quotidien

Quelques habitudes simples réduisent beaucoup les emballages : apporter ses sacs réutilisables, une gourde et une tasse de voyage, refuser les sacs pour un ou deux articles, cuisiner davantage à partir d'aliments frais, et préparer ses lunchs dans des contenants réutilisables. Au fil des semaines, la poubelle et le bac de recyclage se remplissent nettement moins vite.

Partage aussi tes trucs avec tes proches : les bonnes idées se répandent souvent mieux de bouche à oreille que par n'importe quelle campagne. Et chaque emballage évité, c'est une ressource préservée et un déchet de moins à gérer.

Le rôle des petits commerces

Les épiceries zéro déchet, les marchés publics et les commerces de quartier sont souvent les plus ouverts à réduire les emballages : vrac, contenants des clients, produits locaux peu emballés. Les fréquenter, c'est soutenir des modèles de commerce qui montrent qu'il est possible de vendre autrement, avec beaucoup moins d'emballages. Leur succès incite aussi les grandes surfaces à suivre le mouvement.

Les emballages et la consigne au Québec

Selon l'évaluation scientifique du gouvernement du Canada, les emballages sont la principale source de déchets plastiques au pays. Au Québec, la consigne modernisée s'étend progressivement : les contenants de boissons en aluminium depuis novembre 2023, ceux en plastique depuis mars 2025, et ceux en verre et en carton multicouche à partir de mars 2027, selon le calendrier du ministère de l'Environnement. Rapporter ses contenants consignés est l'un des gestes les plus simples pour que les emballages de boissons soient réellement recyclés.

Faire entendre sa voix

Les consommateurs ont un pouvoir réel sur les emballages. Choisir les produits moins emballés, écrire aux entreprises pour leur demander de réduire leurs emballages, et encourager les commerces qui offrent le vrac envoient un signal clair au marché. Plusieurs entreprises ont réduit leurs emballages à la suite des demandes de leurs clients.

Pour aller plus loin, lis nos articles sur les sacs de plastique et le recyclage.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le suremballage?

C'est un emballage plus important que ce qui est nécessaire pour protéger, transporter et conserver un produit : couches multiples, boîtes surdimensionnées, emballages individuels inutiles ou emballages décoratifs.

Les emballages recyclables règlent-ils le problème?

Pas complètement. Un emballage recyclable demande quand même des ressources pour être fabriqué, transporté, collecté et recyclé, et une partie n'est jamais recyclée. Le meilleur emballage reste celui qu'on évite.

Qui paie pour la récupération des emballages au Québec?

Au Québec, les entreprises qui mettent en marché des contenants, des emballages et des imprimés financent la collecte sélective, selon le principe de la responsabilité élargie des producteurs. Ce système vise à les inciter à réduire et à mieux concevoir leurs emballages.