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L'importance des océans pour la planète, et comment les protéger d'ici

Les océans couvrent plus des deux tiers de la planète, produisent une grande partie de l'oxygène que nous respirons et régulent le climat. Même au Québec, loin des grandes mers, nos gestes les touchent. Voici pourquoi ils sont si importants, et comment les protéger.

L'importance des océans pour la planète, et comment les protéger d'ici

Les océans couvrent plus des deux tiers de la surface de la Terre et contiennent la grande majorité de l'eau de la planète. Ils sont souvent loin de nos préoccupations quotidiennes, surtout quand on vit à l'intérieur des terres. Pourtant, chaque respiration, chaque repas de poisson et chaque journée de climat stable dépendent en partie d'eux. Au Québec, le fleuve Saint-Laurent, son estuaire et son golfe nous relient directement à l'Atlantique.

Les océans, poumons de la planète

On parle souvent des forêts comme des poumons de la Terre, mais les océans jouent un rôle tout aussi important. Le phytoplancton, un ensemble de minuscules organismes qui vivent à la surface de l'eau et font de la photosynthèse, produit environ la moitié de l'oxygène de la planète, selon l'agence océanographique américaine NOAA, même si une quantité semblable est consommée par la vie marine elle-même. Ces organismes sont aussi à la base de la chaîne alimentaire marine.

Le phytoplancton est sensible à la température de l'eau, à la disponibilité des nutriments et à la pollution. Des changements dans ses populations ont des effets sur toute la vie marine, des petits poissons jusqu'aux baleines, et sur la quantité d'oxygène produite.

Les régulateurs du climat

Les océans absorbent une part importante du dioxyde de carbone émis par les activités humaines, ce qui ralentit le réchauffement climatique. Ils captent aussi la grande majorité de la chaleur supplémentaire accumulée dans le système climatique. Sans eux, le réchauffement de l'atmosphère serait beaucoup plus rapide.

Les courants marins transportent la chaleur des tropiques vers les pôles et influencent le climat de régions entières. Ce rôle a toutefois un prix : l'eau de mer se réchauffe, ce qui fait monter le niveau des mers, intensifie certaines tempêtes et perturbe les écosystèmes marins.

Une biodiversité immense

Les océans abritent une diversité de vie extraordinaire, dont une grande partie reste encore inconnue. Récifs coralliens, herbiers marins, forêts de laminaires, fonds abyssaux, glaces polaires : chaque milieu accueille des espèces adaptées à ses conditions. Les récifs coralliens, à eux seuls, abritent une part importante des espèces marines connues, même s'ils couvrent une infime partie des fonds.

Le golfe du Saint-Laurent et son estuaire sont eux aussi d'une grande richesse : rorquals bleus, rorquals communs, petits rorquals, bélugas, phoques, oiseaux marins comme les fous de Bassan et les macareux, et une multitude de poissons et d'invertébrés. Pour en savoir plus sur les récifs, lis notre article sur le rôle crucial des récifs coralliens.

Une source de nourriture et d'emplois

Des milliards de personnes dans le monde dépendent des produits de la mer comme source importante de protéines. La pêche et l'aquaculture font vivre de nombreuses communautés côtières, au Québec comme ailleurs : en Gaspésie, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine, le homard, le crabe des neiges, la crevette, le pétoncle et les poissons font partie de l'économie et de la culture.

Les océans sont aussi essentiels au transport des marchandises, puisque la grande majorité des échanges commerciaux mondiaux se font par bateau. Le Saint-Laurent est d'ailleurs une voie maritime majeure qui relie les Grands Lacs à l'Atlantique.

Les menaces qui pèsent sur les océans

La surpêche a réduit de nombreux stocks de poissons, parfois jusqu'à l'effondrement, comme celui de la morue au large de Terre-Neuve au début des années 1990. La pollution plastique s'accumule partout, jusque dans les régions les plus éloignées, et se fragmente en microplastiques. Les engrais et les eaux usées qui ruissellent vers la mer créent des zones pauvres en oxygène où la vie marine peine à survivre.

Les changements climatiques ajoutent leur lot de menaces : réchauffement de l'eau, blanchissement des coraux, acidification, fonte des glaces polaires et montée du niveau des mers. Le bruit des navires, les collisions avec les baleines et l'empêtrement dans les engins de pêche menacent aussi les mammifères marins.

L'acidification, une menace invisible

En absorbant une partie du dioxyde de carbone de l'atmosphère, l'eau de mer devient plus acide. Cette acidification rend plus difficile la fabrication des coquilles et des squelettes de calcaire pour de nombreux organismes : coraux, huîtres, moules, oursins et une partie du plancton. Comme ces organismes sont à la base de nombreuses chaînes alimentaires, les effets peuvent se répercuter sur tout l'écosystème.

Les eaux froides, comme celles du golfe du Saint-Laurent et de l'Atlantique Nord, absorbent plus facilement le dioxyde de carbone et sont donc particulièrement touchées par l'acidification. La seule véritable solution est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le Saint-Laurent sous pression

Notre fleuve et son golfe font face à des défis bien réels. Les eaux profondes du golfe se réchauffent et contiennent de moins en moins d'oxygène, ce qui modifie la répartition de plusieurs espèces : certaines, comme la crevette nordique, déclinent, tandis que d'autres, d'eaux plus chaudes, progressent. La population de bélugas de l'estuaire, désignée en voie de disparition, fait face à la pollution, au bruit et au dérangement.

La baleine noire de l'Atlantique Nord, une espèce gravement menacée, fréquente de plus en plus le golfe, où les collisions avec les navires et l'empêtrement dans les cordages de pêche représentent des dangers majeurs. Après la mort de 12 baleines noires dans le golfe en 2017, Pêches et Océans Canada et Transports Canada ont mis en place des fermetures de zones de pêche là où les baleines sont détectées et une limite de vitesse de 10 nœuds pour les navires de plus de 13 mètres dans une grande partie du golfe.

Les aires marines protégées

Les aires marines protégées sont des zones de l'océan où certaines activités, comme la pêche ou l'exploitation des ressources, sont limitées ou interdites. Elles permettent aux écosystèmes de se rétablir, aux poissons de grandir et de se reproduire, et servent de réservoirs qui repeuplent les zones voisines. Le Canada s'est engagé à protéger une part croissante de ses océans.

Au Québec, le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent protège un milieu exceptionnel fréquenté par les baleines et les bélugas. D'autres zones de conservation existent dans l'estuaire et le golfe. Ces mesures sont parfois difficiles à accepter pour certaines activités, mais à long terme, elles profitent aussi aux pêcheurs et au tourisme.

Comment protéger les océans au quotidien

  • Réduis le plastique jetable : sacs, bouteilles, pailles, emballages, ustensiles.
  • Choisis des produits de la mer durables, certifiés ou recommandés, et varie les espèces.
  • Ne jette rien dans les égouts : huiles, médicaments, produits chimiques, lingettes.
  • Réduis tes émissions de gaz à effet de serre : transport, énergie, alimentation.
  • Choisis des cosmétiques et des écrans solaires aux ingrédients simples.
  • Participe à des nettoyages de rives, le long du fleuve, des lacs et des rivières.
  • Respecte la faune marine lors des excursions : distances d'approche, vitesse réduite.

Le carbone bleu : marais, herbiers et mangroves

Certains milieux côtiers stockent des quantités remarquables de carbone dans leurs sols et leurs sédiments : les marais salés, les herbiers marins et les mangroves des régions tropicales. On parle de carbone bleu. Au Québec, les marais salés du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord, ainsi que les herbiers de zostère, jouent ce rôle tout en servant de pouponnières pour de nombreux poissons et d'aires d'alimentation pour les oiseaux migrateurs.

Ces milieux sont toutefois menacés par l'érosion côtière, le remblayage et l'aménagement des rives. Les protéger et les restaurer est une façon efficace de lutter à la fois contre les changements climatiques et contre la perte de biodiversité.

L'érosion des côtes québécoises

Les côtes du Saint-Laurent, notamment dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, sur la Côte-Nord et aux Îles-de-la-Madeleine, reculent sous l'effet de l'érosion. La diminution de la glace de mer en hiver, qui protégeait autrefois les rives des tempêtes, et la montée du niveau de la mer accentuent le phénomène. Des routes, des maisons et des infrastructures sont menacées.

Les municipalités côtières adaptent leurs aménagements : recharge des plages, restauration des marais et des dunes, déplacement de certaines infrastructures. Les solutions naturelles, comme la végétalisation des dunes et des rives, sont souvent plus durables que les murs de béton, qui peuvent aggraver l'érosion ailleurs.

L'Arctique et la fonte des glaces

L'Arctique se réchauffe beaucoup plus rapidement que le reste de la planète. La banquise fond, ce qui menace les espèces qui en dépendent, comme l'ours polaire, le phoque et le morse, et bouleverse le mode de vie des communautés inuites, qui chassent et se déplacent sur la glace. Au Nunavik, dans le nord du Québec, ces changements sont déjà bien visibles.

La fonte des glaces modifie aussi les courants marins et le climat bien au-delà de l'Arctique. Moins de glace, c'est moins de lumière réfléchie vers l'espace, ce qui accélère encore le réchauffement.

Les océans et la santé humaine

Les océans contribuent aussi à notre santé. De nombreux médicaments ont été développés à partir de substances découvertes chez des organismes marins, comme des éponges, des algues et des mollusques. Les produits de la mer apportent des protéines, des oméga-3, de l'iode et d'autres nutriments essentiels.

À l'inverse, la pollution des océans peut se retrouver dans notre assiette : le mercure s'accumule dans les grands poissons prédateurs, et les microplastiques sont détectés dans plusieurs fruits de mer. Choisir des petits poissons, plus bas dans la chaîne alimentaire, réduit l'exposition aux contaminants.

La science citoyenne au service de la mer

Les citoyens peuvent contribuer à la connaissance des océans. Signaler les observations de mammifères marins, d'oiseaux ou d'espèces inhabituelles dans des applications de science citoyenne, participer à des inventaires de déchets sur les plages ou aux nettoyages de rives fournit des données précieuses aux chercheurs. Plusieurs organismes du Saint-Laurent organisent ce type d'activités, souvent ouvertes aux familles.

Observer les baleines de façon responsable

L'observation des baleines est une activité populaire dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent, notamment à Tadoussac, aux Escoumins et en Gaspésie. Elle fait découvrir ces géants à des milliers de visiteurs et soutient l'économie régionale. Mais une approche trop rapide ou trop proche dérange les animaux pendant qu'ils se nourrissent ou se reposent.

Choisis des entreprises qui respectent les distances réglementaires et forment leurs naturalistes. L'observation depuis la rive, à partir des sentiers et des belvédères côtiers, est aussi une excellente option, sans aucun dérangement. En kayak, reste groupé, garde tes distances et ne poursuis jamais un animal.

Le transport maritime et ses impacts

Les navires commerciaux transportent la grande majorité des marchandises dans le monde. Ils émettent des gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques, rejettent des eaux de ballast qui peuvent introduire des espèces envahissantes, produisent du bruit sous-marin et peuvent entrer en collision avec les baleines. Les déversements accidentels de pétrole, rares mais graves, peuvent dévaster les côtes.

Des règles internationales encadrent de plus en plus ces impacts : carburants moins polluants, traitement des eaux de ballast, zones de ralentissement. Comme consommateurs, acheter moins de biens importés et privilégier les produits locaux réduit aussi notre part du trafic maritime.

Les engins de pêche perdus

Les filets, les casiers et les cordages perdus ou abandonnés en mer continuent de capturer des poissons, des crustacés, des oiseaux et des mammifères marins pendant des années. Ils représentent une part importante des déchets plastiques dans les océans. Au Canada, des programmes soutiennent la récupération de ces engins et le marquage des équipements pour mieux retracer leur origine.

La mer dans la culture québécoise

Le Saint-Laurent et la mer ont façonné l'histoire du Québec : routes des premiers peuples, voie d'arrivée des explorateurs et des colons, pêche à la morue, villages côtiers, phares, chansons et légendes. Pour les communautés de la Gaspésie, de la Côte-Nord et des Îles-de-la-Madeleine, la mer reste au cœur de la vie quotidienne et de l'identité.

Découvrir ce patrimoine, en visitant les musées maritimes, les sites de pêche et les villages côtiers, aide à mieux comprendre pourquoi il est si important de protéger le fleuve et la mer.

Tous les cours d'eau mènent à la mer

Même à des centaines de kilomètres de la côte, nos gestes touchent l'océan. L'eau de pluie qui ruisselle dans nos rues, l'eau de nos égouts et celle de nos champs se rendent aux rivières, puis au Saint-Laurent, et finalement à l'Atlantique. Un déchet jeté dans un fossé à Montréal peut se retrouver dans le golfe. Un excès d'engrais sur une pelouse peut contribuer aux zones pauvres en oxygène.

Protéger les lacs et les rivières près de chez soi, c'est donc aussi protéger les océans. Pour aller plus loin, lis nos articles sur la pêche intensive et la gestion durable de l'eau.

En résumé

Les océans nous donnent de l'oxygène, stabilisent le climat et nous nourrissent. Réduire le plastique, choisir des produits de la mer durables, protéger les rivières et réduire nos émissions : chaque geste, même loin de la côte, contribue à leur santé et à celle du Saint-Laurent.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Les océans produisent-ils vraiment la moitié de notre oxygène?

On estime qu'environ la moitié de l'oxygène produit sur Terre vient des océans, principalement du phytoplancton, de minuscules organismes qui font de la photosynthèse à la surface de l'eau.

Qu'est-ce que l'acidification des océans?

En absorbant une partie du dioxyde de carbone que nous émettons, l'eau de mer devient plus acide. Cette acidification nuit aux organismes qui fabriquent une coquille ou un squelette de calcaire, comme les coraux, les mollusques et une partie du plancton.

Comment protéger les océans quand on vit loin de la mer?

En réduisant ses déchets de plastique, en choisissant des produits de la mer durables, en réduisant ses émissions de gaz à effet de serre et en ne jetant rien dans les égouts. Tous les cours d'eau, dont le Saint-Laurent, finissent par rejoindre l'océan.