Conseils pour valoriser ses déchets organiques : compost, vermicompost, bokashi, herbicyclage
Composter, c'est bien. Utiliser ce compost au bon endroit, transformer ses restes en appartement grâce aux vers ou au bokashi, et ne plus jamais remplir de sacs de gazon ou de feuilles, c'est encore mieux. Voici comment tirer le maximum de tes résidus organiques.

Valoriser ses déchets organiques, c'est boucler la boucle : ce qui sort de la cuisine et du terrain y retourne sous forme de nourriture pour le sol. Il existe plusieurs façons d'y arriver, selon ton espace et ton énergie. Cet article ne revient pas sur les bases du compostage, expliquées dans notre guide complet du compost. Il se concentre sur ce qu'on fait du compost une fois prêt, et sur quatre méthodes complémentaires : le vermicompostage, le bokashi, l'herbicyclage et le feuillicyclage.
Utiliser son compost au bon endroit
Vérifier qu'il est mûr
Un compost prêt est brun foncé, grumeleux et sent la forêt. Prends-en une poignée : si tu reconnais encore des pelures ou s'il dégage une odeur de déchets, laisse-le mûrir. Un compost immature peut nuire aux jeunes racines. Tamise-le avec un grillage d'environ 1 cm : les morceaux grossiers retournent dans le composteur.
Où l'utiliser, et combien
| Usage | Comment faire | Quand |
|---|---|---|
| Potager | Étendre une couche de quelques centimètres et l'incorporer légèrement en surface | Printemps ou automne |
| Plantation d'arbustes, de vivaces ou de légumes | Une à deux poignées mélangées à la terre du trou | À la plantation |
| Pelouse | Une mince couche épandue après l'aération | Printemps ou début d'automne, comme le recommande la Ville de Québec |
| Bacs, jardinières et potager sur balcon | Environ un tiers de compost mélangé au terreau | À la mise en pot |
| Arbres et haies | Couche mince autour de la base, sans toucher le tronc, recouverte de paillis | Printemps |
Le compost est un amendement : il nourrit la vie du sol, améliore sa structure et sa capacité à retenir l'eau. Ce n'est pas un engrais concentré. Utilisé chaque année, il rend la plupart des engrais superflus dans un jardin familial. Et si tu te demandes si tes coquilles d'œufs suffisent à fertiliser tes tomates, on a vérifié dans notre article les coquilles d'œufs sont-elles un bon engrais?
Le vermicompostage : composter à l'intérieur
Le vermicompostage confie tes résidus de cuisine à des vers spécialisés, dans un bac gardé dans la maison. C'est la solution idéale en appartement ou pour continuer à composter l'hiver.
- Les vers : il faut des vers rouges (souvent de l'espèce Eisenia fetida). Les vers de terre ordinaires du jardin ne conviennent pas.
- La température : selon le guide de la Ville de Fredericton, entre 15 et 25 °C. Les vers ne survivent pas à un hiver canadien dehors.
- La litière : feuilles sèches, papier ou carton déchiqueté, humidifiés comme une éponge essorée, avec deux poignées de terre ou de sable.
- Le repas : de petites quantités de résidus végétaux tous les deux ou trois jours, enfouies à des endroits différents.
- La récolte : dans un système à plateaux, le plateau inférieur est généralement plein après trois à quatre mois de maturation. Les vers migrent vers le plateau supérieur, et tu récoltes une semaine plus tard.
Le vermicompost est un amendement fin et riche, parfait pour les plantes d'intérieur, les semis et les jardinières. Si tu as beaucoup de verdure dans ton salon, nos conseils sur les bienfaits des plantes d'intérieur vont bien avec ton nouveau bac.
À éviter dans le vermicomposteur : viande, produits laitiers, gras, agrumes et oignons en grande quantité, aliments très salés ou épicés.
Le bokashi : fermenter avant de composter
Le bokashi est une méthode d'origine japonaise. Les résidus de cuisine sont déposés dans un seau hermétique, saupoudrés d'un son inoculé de micro-organismes, puis tassés. Le seau ne doit pas être ouvert inutilement : la fermentation se fait sans oxygène. Un robinet au fond permet de soutirer le liquide qui s'accumule.
Sa force : il accepte de petites quantités de restes cuits et prend peu de place. Sa limite, rappelée par l'Institut national de la consommation et l'ADEME : ce n'est pas du compostage. Les résidus fermentés doivent ensuite être enfouis dans la terre ou ajoutés à un composteur pendant plusieurs semaines pour se dégrader complètement. Le bokashi convient donc surtout à ceux qui ont un bout de jardin, une plate-bande ou un composteur pour la deuxième étape.
L'herbicyclage : laisser le gazon sur la pelouse
L'herbicyclage consiste simplement à laisser l'herbe coupée sur la pelouse au moment de la tonte. RECYC-QUÉBEC en résume les bénéfices : apport d'éléments nutritifs, conservation de l'humidité, meilleure résistance à la sécheresse et aux maladies, et moins de gaz à effet de serre liés à l'enfouissement. Pour que ça fonctionne :
- Tonds plus souvent, pour couper peu à la fois : jamais plus du tiers de la longueur du brin.
- Garde le gazon à au moins 8 cm (3 po), comme le recommande la Ville de Québec, et descends à 5 cm seulement à la dernière tonte avant l'hiver.
- Ajoute une lame déchiqueteuse à ta tondeuse si possible : les brins plus fins disparaissent plus vite.
- Aiguise la lame au moins une fois par année, pour une coupe nette.
Selon la Ville de Québec, le gazon coupé se décompose naturellement en un à deux jours. Fini les sacs verts lourds au bord du trottoir.
Le feuillicyclage : les feuilles mortes, une ressource
Le feuillicyclage applique le même principe aux feuilles d'automne. La Ville de Québec conseille :
- tondre la pelouse couverte de feuilles une à deux fois par semaine, idéalement quand elles sont sèches;
- déchiqueter les feuilles en morceaux de 1 à 2 cm pour une décomposition rapide;
- maintenir la hauteur de tonte à 8 cm, puis à 5 cm avant l'hiver.
Les feuilles déchiquetées s'infiltrent dans le gazon et sont dégradées par les micro-organismes et les vers de terre. Le surplus a plein d'usages : un paillis de 3 à 5 cm dans les plates-bandes et le potager, une couverture protectrice pour les vivaces l'hiver, ou une réserve de matières brunes pour ton composteur. Pour intégrer ces gestes dans tout ton calendrier de jardinage, consulte notre guide pour entretenir son jardin de façon naturelle.
Quelle méthode pour toi?
| Méthode | Espace requis | Matières | Effort |
|---|---|---|---|
| Composteur de cour | Un coin de terrain | Résidus végétaux de cuisine et de jardin | Moyen |
| Vermicompostage | Un coin de placard ou de sous-sol | Petits résidus végétaux de cuisine | Régulier, mais léger |
| Bokashi | Un seau dans la cuisine, puis un bout de terre | Résidus de cuisine, y compris de petites quantités de restes cuits | Faible, en deux étapes |
| Herbicyclage | Une pelouse | Gazon coupé | Moins de travail qu'avant |
| Feuillicyclage | Une pelouse ou des plates-bandes | Feuilles mortes | Moins de travail qu'avant |
Ces méthodes se combinent. Un ménage typique peut pratiquer l'herbicyclage et le feuillicyclage, composter ses pelures au composteur installé dans la cour et confier la viande et les os au bac brun. Pour le tri quotidien entre ces destinations, notre article sur le bac de cuisine t'aide à t'y retrouver.
Pas de compost à toi? Récupère celui de ta ville
Ce que tu mets dans le bac brun peut te revenir. À Montréal, plusieurs arrondissements distribuent gratuitement du compost, et parfois du paillis, généralement au printemps et à l'automne, aux résidents de l'arrondissement. Bien d'autres municipalités font de même lors de journées vertes. Surveille le calendrier de ta ville, et apporte tes contenants. Pour comprendre d'où vient ce compost, lis notre article sur la collecte municipale des matières organiques.
Le geste qui boucle la boucle
Valoriser ses déchets organiques, ce n'est pas seulement les détourner de la poubelle : c'est les remettre au travail. Une pelouse nourrie par son propre gazon, des plates-bandes paillées de feuilles, des jardinières enrichies de vermicompost : ton terrain devient plus fertile chaque année, sans sacs, sans engrais et presque sans dépenses.
Sources
Sources officielles et études consultées en octobre 2026.
- Recyclage citoyen : herbicyclage, feuillicyclage et compostage domestique, RECYC-QUÉBEC, 2024.
- Feuillicyclage, Ville de Québec, 2025.
- Entretien écologique des pelouses, Ville de Québec, 2025.
- Le vermicompostage (brochure), Ville de Fredericton, 2025.
- Trier ses déchets alimentaires à la maison : quelles solutions choisir? (avec l'ADEME), Institut national de la consommation et ADEME, 2024.
- Distribution de végétaux, de compost et de semences, Ville de Montréal, 2025.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon compost est prêt?
Un compost mûr est brun foncé, friable, et sent la terre de sous-bois. On n'y reconnaît plus les résidus de départ, sauf peut-être quelques coquilles d'œufs ou bouts de bois. S'il est encore chaud, humide ou qu'il sent les déchets, laisse-le mûrir quelques semaines de plus avant de l'utiliser autour de jeunes plants.
Le bokashi remplace-t-il le compost?
Non, c'est une étape avant. Le bokashi fait fermenter les résidus dans un seau hermétique, mais le résultat n'est pas du compost : il doit ensuite être enfoui dans la terre ou ajouté à un composteur pendant plusieurs semaines pour se décomposer complètement.
L'herbicyclage rend-il la pelouse sale?
Non, si tu tonds assez souvent. Les brins coupés courts tombent entre les tiges et se décomposent naturellement en un à deux jours, selon la Ville de Québec. Garde le gazon à au moins 8 cm et, idéalement, utilise une lame déchiqueteuse.
Peut-on faire du vermicompost dans un appartement?
Oui, c'est même sa grande force. Le bac se garde à l'intérieur, entre 15 et 25 °C, avec des vers rouges et une litière de papier ou de carton humide. Bien entretenu, il ne sent pas mauvais et produit un amendement très riche pour les plantes d'intérieur et le balcon.


