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Comment composter ses déchets alimentaires : quoi mettre et comment gérer le bac de cuisine

Le compost commence sur le comptoir. Choisir un bon petit bac, savoir quoi y mettre selon sa destination (composteur ou bac brun) et le garder propre, c'est ce qui fait la différence entre une habitude qui dure et un projet abandonné après trois semaines de mouches à fruits.

Comment composter ses déchets alimentaires : quoi mettre et comment gérer le bac de cuisine

Tu as décidé de composter tes restes de table. Bonne nouvelle : la partie la plus importante ne se passe pas dans le jardin, mais dans ta cuisine. Un petit bac bien placé, une liste claire de ce qui y va et deux ou trois réflexes d'entretien suffisent pour que le compostage devienne aussi naturel que de rincer une assiette. Cet article se concentre sur ce geste quotidien. Pour comprendre pourquoi composter et comment fonctionne un compost, va voir notre guide complet pour composter, même en hiver et en appartement.

D'abord, savoir où s'en va ton bac

Avant de remplir ton bac de cuisine, une question règle presque tout : où vas-tu le vider? Les règles ne sont pas les mêmes selon la destination.

  • Vers un composteur domestique dans ta cour : tu acceptes surtout des résidus végétaux. RECYC-QUÉBEC rappelle que les résidus de source animale, comme les viandes et les produits laitiers, ne doivent pas aller dans un composteur domestique.
  • Vers le bac brun municipal : la liste est beaucoup plus large, puisque les matières sont traitées dans des installations industrielles. À Montréal, la règle d'or est « si ça se mange, ça se composte ».
  • Vers un sac mauve, comme à Québec : tu remplis un sac de résidus alimentaires, tu le fermes et tu le déposes avec les ordures. Il est trié plus loin.

Plusieurs ménages combinent les deux : les pelures au composteur, les os et le fromage au bac brun. Dans ce cas, deux petits contenants sur le comptoir évitent les erreurs. Si tu ne sais pas encore quel service existe chez toi, notre article sur la collecte des résidus organiques et du bac brun au Québec fait le tour de la question.

Choisir le bon bac de cuisine

Le meilleur bac est celui que tu vas utiliser. Quelques critères simples :

  • Un couvercle qui ferme bien, pour les odeurs et les mouches à fruits.
  • Une taille modeste, de 5 à 10 litres environ : un petit bac se vide plus souvent, donc il sent moins.
  • Une surface facile à laver, sans recoins où les résidus collent.
  • Un emplacement pratique : sur le comptoir près de la planche à découper, ou sous l'évier. Si tu dois traverser la cuisine, tu vas finir par jeter les pelures à la poubelle.

Bien des municipalités remettent un petit bac de cuisine avec le bac brun. Sinon, un vieux contenant de crème glacée ou un pot à couvercle fait très bien l'affaire.

Ce qui va dans le bac : le tableau pratique

Voici un repère général. Les listes varient d'une municipalité à l'autre : consulte toujours celle de ta ville pour le bac brun.

RésiduComposteur domestiqueBac brun (exemple de Montréal)
Pelures, trognons, noyaux de fruits et légumesOuiOui
Marc de café, filtres en papier, sachets de thé sans plastiqueOuiOui
Coquilles d'œufsOui, écraséesOui
Pain, pâtes, riz, céréalesAvec modération (attire les animaux)Oui
Viande, volaille, os, poissonNonOui
Fromage, beurre, produits laitiersNonOui
Restes de repas cuisinés, aliments moisisRestes végétaux seulementOui
Essuie-tout, mouchoirs, papier brun, boîtes de pizza souilléesEssuie-tout non souillé de produits chimiquesOui
Liquides (soupe, lait, jus, café)NonNon
Huiles et graisses non végétalesNonNon
Contenants de plastique, ustensiles en plastiqueNonNon

À Montréal, le bac brun refuse aussi les couches, la litière et les excréments d'animaux, ainsi que le bois et le liège. Les ustensiles en bois, eux, sont acceptés.

Les cas embêtants

Les agrumes et les oignons

Ils vont au compost, mais en quantité raisonnable dans un composteur domestique, car ils se décomposent plus lentement. Au bac brun, aucun souci.

Les coquilles d'œufs

Écrase-les avant de les mettre dans le bac : elles prennent moins de place et se défont plus vite. On a d'ailleurs fait le point sur le temps que met une coquille d'œuf à composter.

Les sachets de thé et les capsules

Plusieurs sachets de thé contiennent du plastique. Dans le doute, déchire le sachet et vide seulement les feuilles. Les capsules de café dites compostables ne sont pas acceptées partout : vérifie auprès de ta municipalité.

Les emballages « compostables »

Verres, ustensiles et barquettes dits compostables ne se comportent pas comme une pelure de pomme. La plupart ne se décomposent pas dans un composteur domestique, et certains centres de traitement les refusent. Pour démêler les étiquettes, lis notre comparatif plastique compostable ou plastique classique.

Les sacs : lesquels choisir?

Pour le bac de cuisine, la façon la plus simple est de ne pas mettre de sac du tout : tu vides, tu rinces, c'est réglé. La Ville de Montréal considère d'ailleurs le dépôt direct comme l'option idéale, même s'il demande un entretien plus fréquent des bacs. Le papier journal est une autre bonne solution : une feuille au fond absorbe l'humidité, ou tu peux emballer les résidus les plus humides.

Si tu tiens à un sac pour le bac brun :

  • Le sac de papier est généralement accepté et se composte bien.
  • Le sac de plastique certifié compostable doit porter un logo reconnu, comme ceux du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), de BPI ou d'OK Compost. Certaines municipalités, et même certains arrondissements comme Verdun à Montréal, le déconseillent pour les résidus alimentaires.
  • Les sacs « biodégradables » ou « oxobiodégradables » sont à éviter : selon Montréal, ils se fragmentent en petits morceaux de plastique.

Pour un composteur domestique, oublie tous les sacs, même certifiés : ils ne se décomposent pas bien à la température d'un compost de cour.

Garder le bac sans odeur ni mouches

  1. Vide-le souvent : aux deux ou trois jours en été.
  2. Égoutte les résidus : l'humidité est la première cause d'odeurs. Laisse sécher les pelures quelques minutes, égoutte le marc de café.
  3. Ajoute du sec : un peu de papier journal, d'essuie-tout ou de carton déchiqueté au fond et entre les couches.
  4. Rince le bac à chaque vidange, et lave-le à fond une fois par semaine.
  5. Utilise le froid : un contenant au congélateur pour les restes de viande ou de poisson jusqu'au jour de collecte règle le problème des odeurs en canicule.
  6. Ferme le couvercle, toujours. Les mouches à fruits pondent sur les fruits mûrs : un bac ouvert est une invitation.

Vider le bac au bon endroit

Au composteur

Fais un petit trou dans le tas, vide ton bac, puis recouvre de matières brunes, comme des feuilles mortes ou du carton déchiqueté. Ce geste simple empêche les odeurs et décourage les animaux. Si tu n'as pas encore de composteur, notre guide pour choisir, construire et installer un composteur dans sa cour t'accompagne pas à pas.

Au bac brun

Vide le petit bac dans le grand, en respectant les consignes de ta ville. À Montréal, par exemple, la collecte des résidus alimentaires a lieu chaque semaine, toute l'année, et un bac brun de 45 litres ne doit pas dépasser 25 kg. En hiver, un fond de papier journal ou de carton dans le grand bac évite que les résidus gèlent aux parois.

Au sac mauve

À Québec, tu remplis un sac mauve de résidus alimentaires, tu le fermes bien et tu le déposes au même endroit que tes sacs d'ordures. Les deux sont ramassés ensemble selon l'horaire habituel; les sacs mauves sont ensuite séparés par un tri optique et dirigés vers le centre de biométhanisation.

En appartement, sans terrain

Sans cour, le bac brun ou le sac mauve est souvent la solution la plus simple. S'il n'y a pas de collecte dans ton immeuble, tu peux te tourner vers un vermicomposteur ou le bokashi, présentés dans notre article sur les façons de valoriser ses déchets organiques, ou vers un composteur de quartier.

En France, c'est la même logique : depuis le 1er janvier 2024, chaque collectivité doit offrir une solution de tri des biodéchets (collecte séparée, composteur partagé ou composteur individuel). Le ministère de la Transition écologique rappelle que les biodéchets représentent encore un tiers du contenu de la poubelle résiduelle des Français.

Le meilleur résidu est celui qu'on ne produit pas

Un bac de cuisine qui déborde chaque jour est aussi un bon indicateur : il montre ce qu'on achète en trop. Des pelures et des trognons, c'est normal. Des moitiés de pains, des fruits entiers ou des restes oubliés au fond du frigo, c'est de l'argent jeté. Quelques trucs pour éviter le gaspillage alimentaire allègent ton bac autant que ton épicerie.

Ton plan de départ

Choisis un petit bac à couvercle, colle la liste de ta municipalité sur la porte d'armoire, mets une feuille de journal au fond et vide-le aux deux ou trois jours. Au bout d'un mois, tu verras ta poubelle maigrir, et le geste se fera tout seul.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

Faut-il mettre un sac dans le bac de cuisine?

Ce n'est pas obligatoire. Le plus simple est souvent de déposer les résidus directement dans le bac, avec une feuille de papier journal au fond, puis de le rincer. Si tu utilises un sac pour le bac brun, choisis du papier ou un sac certifié compostable (BNQ, BPI ou OK Compost) et vérifie que ta municipalité l'accepte. Pour un composteur domestique, évite tous les sacs.

Peut-on mettre les restes de viande dans le bac de cuisine?

Oui, si le contenu s'en va au bac brun et que ta municipalité les accepte, comme Montréal, qui prend la viande, la volaille et les os. Par contre, si tu vides ton bac dans un composteur domestique, garde la viande, le poisson et les produits laitiers de côté : RECYC-QUÉBEC recommande de ne pas les mettre dans un composteur domestique.

À quelle fréquence vider le bac de cuisine?

Aux deux ou trois jours en été, un peu moins souvent en hiver. Si tu ne peux pas le vider souvent, garde les résidus au congélateur ou au réfrigérateur dans un contenant fermé jusqu'au jour de collecte ou jusqu'à ta prochaine visite au composteur.

Les liquides comme la soupe ou le lait vont-ils au compost?

Non. Les liquides (soupe, lait, jus, café) sont refusés dans le bac brun de Montréal, et ils détrempent un composteur domestique. Les restes de soupe épaisse peuvent être égouttés : les solides vont au bac, le bouillon à l'évier en petite quantité.