Écodici

Électricité verte vs électricité conventionnelle : comprendre les différences au Québec

On parle d'électricité verte lorsqu'elle provient de sources renouvelables, comme l'eau, le vent ou le soleil, et d'électricité conventionnelle lorsqu'elle est produite à partir de combustibles fossiles ou nucléaires. Au Québec, l'électricité est presque entièrement renouvelable, ce qui change la donne. Voici les différences, les impacts réels de chaque source et ce que tu peux faire.

Électricité verte vs électricité conventionnelle : comprendre les différences au Québec

L'électricité est au cœur de la transition énergétique : on électrifie les transports, le chauffage et l'industrie pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais toute l'électricité n'a pas le même impact. Celle produite à partir de charbon ou de gaz naturel émet beaucoup de gaz à effet de serre, alors que celle produite à partir d'eau, de vent ou de soleil en émet très peu. Comprendre ces différences aide à faire des choix éclairés, à la maison comme dans la société. Pour une comparaison plus large, lis aussi notre article sur les énergies renouvelables et les énergies fossiles.

Définitions et différences

L'électricité verte, ou renouvelable, est produite à partir de sources qui se renouvellent naturellement : l'eau des rivières, le vent, le soleil, la biomasse et la géothermie. L'électricité conventionnelle désigne généralement l'électricité produite à partir de combustibles fossiles, comme le charbon, le gaz naturel et le pétrole, ou à partir de l'énergie nucléaire. La principale différence tient aux émissions de gaz à effet de serre : les centrales au charbon et au gaz en émettent beaucoup, alors que les sources renouvelables et le nucléaire en émettent très peu pendant leur fonctionnement.

Pourquoi la distinction est importante

La production d'électricité est une source importante d'émissions de gaz à effet de serre dans le monde. L'impact de l'électrification dépend donc de la source d'électricité : une voiture électrique ou une thermopompe alimentées par une électricité très peu émettrice réduisent beaucoup plus les émissions que si elles sont alimentées par une centrale au charbon. Au Canada, la situation varie énormément d'une province à l'autre. Selon la Régie de l'énergie du Canada, une grande partie de l'électricité canadienne provient de sources non émettrices, mais certaines provinces dépendent encore beaucoup des combustibles fossiles.

La situation du Québec

Selon la Régie de l'énergie du Canada, environ 94 % de l'électricité produite au Québec provient de l'hydroélectricité, environ 5 % de l'énergie éolienne, et environ 1 % d'autres sources, comme le gaz naturel, le diesel, la biomasse et le solaire. Les centrales au diesel alimentent surtout des communautés isolées, non reliées au réseau principal. Toujours selon la Régie de l'énergie du Canada, l'intensité des émissions du secteur électrique québécois était d'environ 1,5 gramme d'équivalent CO2 par kilowattheure en 2020, l'une des plus faibles en Amérique du Nord.

L'électricité conventionnelle et ses conséquences

Les centrales au charbon sont les plus émettrices : elles rejettent de grandes quantités de CO2, mais aussi des polluants atmosphériques, comme le dioxyde de soufre, les oxydes d'azote, les particules fines et le mercure, qui nuisent à la santé et à l'environnement. Les centrales au gaz naturel émettent moins de CO2 que le charbon, mais demeurent une source importante d'émissions, auxquelles s'ajoutent les fuites de méthane tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Le nucléaire émet très peu de gaz à effet de serre, mais soulève des enjeux de gestion des déchets radioactifs et de sécurité. Pour en savoir plus sur le méthane, lis notre article sur l'impact du méthane sur le climat.

L'électricité verte et la durabilité

Les sources renouvelables émettent très peu de gaz à effet de serre pendant leur fonctionnement. Leurs émissions viennent surtout de la fabrication des équipements et de la construction des installations. Elles ne sont toutefois pas sans impact : chaque source a ses enjeux propres.

  • L'hydroélectricité : les barrages et les réservoirs inondent de grands territoires, modifient les rivières et les habitats, peuvent augmenter la présence de mercure dans les poissons, et touchent les communautés, dont plusieurs communautés autochtones.
  • L'éolien : les éoliennes peuvent avoir un impact sur les paysages, les oiseaux et les chauves-souris, et doivent être bien situées.
  • Le solaire : les panneaux demandent des matériaux, dont la fabrication et le recyclage posent des défis.
  • La biomasse : son bilan dépend de la provenance et de la gestion durable des ressources.

Les coûts de l'électricité conventionnelle

Le coût de l'électricité produite à partir de combustibles fossiles dépend du prix du charbon et du gaz, qui peut varier fortement selon les marchés mondiaux. À ces coûts s'ajoutent des coûts cachés, supportés par la société : effets de la pollution sur la santé, dommages liés aux changements climatiques, et, de plus en plus, la tarification du carbone. Les centrales au charbon sont d'ailleurs progressivement fermées au Canada.

Les coûts de l'électricité verte

Le coût de l'énergie éolienne et solaire a beaucoup baissé au cours des dernières années, et ces sources sont aujourd'hui parmi les moins chères pour produire de nouvelle électricité dans plusieurs régions. Leur principal défi est l'intermittence : le vent et le soleil ne sont pas toujours au rendez-vous. Les réservoirs hydroélectriques, qui permettent de stocker de l'énergie, et les batteries aident à compenser cette variabilité. Au Québec, l'hydroélectricité, développée depuis des décennies, permet des tarifs d'électricité parmi les plus bas en Amérique du Nord.

L'électricité verte ailleurs au Canada

Dans plusieurs provinces où l'électricité provient en partie de combustibles fossiles, les consommateurs peuvent parfois choisir un fournisseur d'électricité verte, ou acheter des certificats d'énergie renouvelable. Ces certificats garantissent qu'une quantité d'électricité renouvelable équivalente à la consommation est produite et injectée dans le réseau. Ils peuvent soutenir le développement de nouveaux projets renouvelables, mais il faut vérifier leur crédibilité et leur certification. Au Québec, les clients résidentiels sont desservis par le distributeur public, et l'électricité du réseau est déjà presque entièrement renouvelable.

Produire sa propre électricité

Il est possible de produire sa propre électricité, par exemple avec des panneaux solaires sur le toit. Au Québec, en raison des tarifs d'électricité bas, la rentabilité des panneaux solaires résidentiels est plus longue à atteindre qu'ailleurs, mais elle s'améliore avec la baisse du prix des panneaux. Une option de mesurage net permet aux clients qui produisent leur propre électricité de la renvoyer au réseau et d'obtenir des crédits. Avant d'investir, fais évaluer ton toit, ton ensoleillement et les programmes en vigueur, et compare plusieurs soumissions.

Pourquoi l'économie d'électricité compte encore au Québec

Même si l'électricité québécoise est presque entièrement renouvelable, l'économiser reste utile. L'électricité économisée peut servir à électrifier les transports et l'industrie, et à remplacer des combustibles fossiles, ici ou dans les réseaux voisins grâce aux exportations. Elle réduit aussi le besoin de nouvelles centrales, de nouveaux barrages ou de nouveaux parcs éoliens, qui ont tous des impacts sur le territoire. Les pointes de consommation en hiver, lors des grands froids, sont particulièrement coûteuses à combler : réduire sa consommation pendant ces périodes aide le réseau.

Les gestes pour réduire sa consommation

  • Améliore l'isolation et l'étanchéité de ta maison, pour réduire le chauffage.
  • Installe une thermopompe, beaucoup plus efficace que les plinthes électriques.
  • Utilise des thermostats électroniques ou intelligents, et baisse la température la nuit.
  • Choisis des appareils efficaces, certifiés ENERGY STAR.
  • Remplace tes ampoules par des DEL.
  • Réduis ta consommation lors des pointes hivernales, en évitant de faire fonctionner plusieurs gros appareils en même temps.

Pour d'autres idées, lis notre guide pour réduire ta consommation d'énergie à la maison.

Les entreprises et l'électricité verte

Pour les entreprises, la source d'électricité influence leur bilan carbone. Les entreprises québécoises bénéficient d'une électricité très peu émettrice, un avantage pour leur empreinte carbone et leur image. Ailleurs, les entreprises peuvent conclure des contrats d'achat d'électricité renouvelable ou produire leur propre électricité. Dans tous les cas, la réduction de la consommation, l'efficacité énergétique et l'électrification des procédés qui utilisent des combustibles fossiles demeurent les gestes les plus efficaces. Les entreprises doivent toutefois rester prudentes dans leurs communications : présenter son électricité comme verte sans preuve peut être considéré comme de l'écoblanchiment.

L'électrification des transports

Au Québec, le transport est la principale source d'émissions de gaz à effet de serre. Grâce à une électricité presque entièrement renouvelable, passer d'un véhicule à essence à un véhicule électrique réduit fortement les émissions liées à l'utilisation du véhicule. Recharger à la maison pendant la nuit, en dehors des heures de pointe, est la façon la plus économique et la plus douce pour le réseau. Le transport collectif électrifié, le vélo et la marche demeurent toutefois les options les plus sobres en énergie. Une voiture électrique consomme de l'électricité et nécessite des batteries, dont la fabrication demande des métaux comme le lithium, le nickel et le cobalt. Choisir un véhicule de taille adaptée à ses besoins, le garder longtemps et partager les véhicules, par exemple grâce à l'autopartage, réduit encore l'impact. Pour comparer les options, lis notre article sur le choix d'un mode de transport écoresponsable. Chaque kilomètre évité reste le kilomètre le plus propre, quelle que soit la source d'énergie du véhicule. Le télétravail, quand il est possible, et le regroupement des courses vont dans le même sens.

En résumé

L'électricité verte provient de sources renouvelables, qui émettent très peu de gaz à effet de serre, alors que l'électricité produite à partir de charbon et de gaz en émet beaucoup. Au Québec, selon la Régie de l'énergie du Canada, environ 94 % de l'électricité vient de l'hydroélectricité et 5 % de l'éolien, avec une intensité d'émissions d'environ 1,5 gramme d'équivalent CO2 par kilowattheure. Toutes les sources ont des impacts sur le territoire : économiser l'électricité, surtout lors des pointes d'hiver, reste un geste utile.

Sources

Sources officielles et études consultées en octobre 2026.

Questions fréquentes

L'électricité du Québec est-elle verte?

Elle est presque entièrement renouvelable. Selon la Régie de l'énergie du Canada, environ 94 % de l'électricité produite au Québec provient de l'hydroélectricité et environ 5 % de l'énergie éolienne. L'intensité des émissions du secteur électrique québécois était d'environ 1,5 gramme d'équivalent CO2 par kilowattheure en 2020, l'une des plus faibles en Amérique du Nord.

L'hydroélectricité a-t-elle des impacts environnementaux?

Oui. Même si elle émet très peu de gaz à effet de serre, la construction de barrages et de réservoirs inonde de grands territoires, modifie les rivières et les habitats, peut augmenter la présence de mercure dans les poissons et touche les communautés, dont plusieurs communautés autochtones. La meilleure électricité reste celle qu'on ne consomme pas.

Puis-je acheter de l'électricité verte ailleurs au Canada?

Dans plusieurs provinces où l'électricité est produite en partie à partir de combustibles fossiles, certains fournisseurs offrent des contrats d'électricité verte ou des certificats d'énergie renouvelable, qui garantissent qu'une quantité équivalente d'électricité renouvelable est injectée dans le réseau. Au Québec, les clients résidentiels sont desservis par le distributeur public.