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La liste unique du bac de recyclage au Québec : ce qui a changé depuis 2025

Depuis le 1er janvier 2025, Éco Entreprises Québec gère la collecte sélective et une seule liste de matières s'applique à tout le Québec. Voici pourquoi les règles ont changé, ce qui entre maintenant dans le bac, ce qui reste refusé, et un calendrier qui n'est pas terminé : d'autres ajouts sont prévus d'ici 2031.

La liste unique du bac de recyclage au Québec : ce qui a changé depuis 2025

Ton pot de yogourt va dans le bac de récupération, que tu habites à Gatineau, à Sherbrooke ou à Montréal. Ça paraît banal, mais c'est récent : jusqu'à la fin de 2024, les règles n'étaient pas unifiées, et ce qui allait au bac dépendait de l'endroit où tu vivais. Depuis le 1er janvier 2025, une seule liste s'applique à tout le Québec, et ce sont les entreprises qui mettent les emballages en marché qui pilotent le système.

Réduire passe avant recycler : c'est le fil conducteur de nos 7 gestes pour la Semaine québécoise de réduction des déchets. Mais ce qui finit au bac compte aussi. Voici ce qui a changé et pourquoi, ce qui entre maintenant dans le bac, ce qui n'y va toujours pas, et un calendrier qui court jusqu'en 2031. Pour le tri matière par matière et la préparation de chaque contenant, notre guide pour recycler correctement au Québec fait déjà le tour.

Pourquoi la liste a changé : les entreprises paient et pilotent

La réforme repose sur la responsabilité élargie des producteurs (REP) : une entreprise qui met en marché des contenants, des emballages ou des imprimés au Québec en est responsable, de leur conception jusqu'à la fin de leur vie utile. Le règlement qui applique ce principe à la collecte sélective est en vigueur depuis juillet 2022, et RECYC-QUÉBEC a désigné Éco Entreprises Québec (ÉEQ) pour gérer le système au nom de ces entreprises : propriétaires de marques, distributeurs et autres metteurs en marché.

Avant, les municipalités organisaient elles-mêmes la collecte et le tri, et un régime de compensation leur remboursait une partie de la facture. Ce régime a été aboli le 31 décembre 2024. Depuis le 1er janvier 2025, c'est ÉEQ qui planifie et encadre toute la chaîne. Concrètement, l'organisme :

  • finance à 100 % le service de collecte, avec l'argent des entreprises;
  • attribue les contrats de tri à plus d'une vingtaine de centres de tri, en leur imposant des normes de performance et de qualité plus élevées;
  • vend les ballots de matières triées aux entreprises de recyclage, avec un processus de traçabilité pour s'assurer qu'elles sont réellement recyclées ou valorisées;
  • diffuse les mêmes consignes partout, sous la bannière Bac Impact.

Ta municipalité ne disparaît pas du portrait. Dans le cadre d'une entente avec ÉEQ, elle continue d'assurer la collecte et le transport, de gérer le calendrier de collecte et de remplacer les bacs endommagés. La Ville de Montréal souligne que la réforme allège le fardeau financier des municipalités. Autre détail important, le règlement interdit de reculer : une matière déjà acceptée sur un territoire avant le 7 juillet 2022 doit continuer de l'être quand ÉEQ prend la relève.

Ce qui entre maintenant dans le bac

Devant le bac, une seule question compte : est-ce un contenant, un emballage ou un imprimé? Si oui, il y va, sauf quelques exceptions. Trois habitudes ont changé avec la liste unique :

  • Le numéro dans le triangle ne compte plus. Depuis le 1er janvier 2025, tous les contenants et emballages de plastique vont au bac, quel que soit leur numéro, sauf les plastiques biodégradables ou compostables. Si tu te demandes encore à quoi servent ces chiffres, on les décode dans un autre article.
  • Fini le sac de sacs. Les sacs de plastique vont pêle-mêle dans le bac. Selon Bac Impact, les équipements des centres de tri ont évolué, et il n'est plus nécessaire de les regrouper.
  • Les barquettes de polystyrène alimentaire sont acceptées, comme celles des fruits, des légumes ou de la viande. Seul le styromousse de protection reste exclu.

Le changement le plus profond est pourtant le moins visible. Bac Impact demande de mettre au bac tous les contenants, emballages et imprimés, même ceux qui ne sont pas encore recyclés. La raison : ils sont tous couverts par la REP, et en accumuler des volumes aide à leur trouver des débouchés. La Ville de Montréal le souligne aussi : le nouveau système doit encourager les entreprises à trouver des solutions de recyclage et créer des débouchés pour des matières qui ne se recyclent pas encore. Ce n'est donc plus à toi de deviner si un emballage se recycle : s'il ne fait pas partie des exceptions, il va au bac. Ton sac de croustilles, par exemple.

Ce qui n'y va toujours pas

La liste unique a ses exceptions, et elles valent partout. Parmi les emballages, Bac Impact en nomme trois :

  • les contenants aérosols, à apporter à un point de dépôt qui les accepte;
  • le styromousse de protection, celui qui entoure les appareils et les meubles : il s'effrite et nuit aux opérations des centres de tri, alors il va à un point de dépôt municipal;
  • les plastiques biodégradables et compostables, généralement identifiés par l'une de ces deux mentions : ils ne se recyclent pas et contaminent les autres matières. Bac Impact conseille de demander à ta municipalité quoi en faire.

Le reste des refus découle d'une règle simple : un objet n'est pas un emballage, même s'il est fait de la même matière. La vaisselle, les ustensiles, les glacières, les coffres à outils, les vêtements et les livres qu'on garde des années n'ont pas leur place au bac : ils vont au réemploi ou à un point de dépôt. Les ampoules sont dangereuses au centre de tri, et les piles et batteries ont leurs propres points de dépôt (voir où apporter tes vieilles piles). Pour les objets plus encombrants, notre article sur ce qu'on peut apporter à l'écocentre t'aide à préparer le voyage.

Reste le cas des contenants consignés : au bac, ils seront recyclés, mais tu perds ton remboursement. Rapporte-les plutôt à un lieu de retour Consignaction. Depuis le 1er mars 2025, ça inclut les bouteilles de plastique de boissons prêtes à boire de 100 ml à 2 L, comme l'eau et le jus. Les bouteilles de vin et de spiritueux et les cartons multicouches de lait ou de jus ne sont pas encore consignés : ils vont au bac jusqu'à ce que la consigne s'étende à eux, le 1er mars 2027. Notre article sur la consigne élargie fait le point.

Le calendrier, de la loi de 2021 aux ajouts de 2031

La transition s'est faite par étapes, et elle n'est pas terminée. Voici les dates qui touchent ton bac, selon les documents du ministère de l'Environnement et la Gazette officielle du Québec.

DateCe qui se passe
17 mars 2021Sanction de la loi qui confie la collecte sélective aux producteurs
7 juillet 2022Entrée en vigueur du règlement sur la collecte sélective
24 octobre 2022RECYC-QUÉBEC désigne ÉEQ comme organisme de gestion
31 décembre 2024Fin du régime de compensation des municipalités
1er janvier 2025ÉEQ prend le système en charge; une seule liste pour tout le Québec
31 décembre 2025Échéance maximale des contrats municipaux de collecte et de transport
30 juin 2026Règlement modifié : nouvelles échéances pour desservir tout le territoire
1er janvier 2027 au plus tardAcceptation obligatoire du polystyrène rigide ou souple, des crochets et des cintres
1er mars 2027Consigne étendue aux bouteilles de vin et de spiritueux et aux cartons multicouches
1er janvier 2029 au plus tardAcceptation obligatoire des produits à usage unique pour préparer ou manger un aliment, comme les pailles et les ustensiles
1er avril 2030 au plus tardDesserte de l'ensemble du secteur résidentiel
1er janvier 2031 au plus tardAcceptation obligatoire des plastiques compostables ou dégradables

Douze mois de plus pour les municipalités. La loi fixait au 31 décembre 2024 la fin des contrats municipaux de collecte et de transport. En décembre 2023, Québec a reporté cette échéance au 31 décembre 2025 pour éviter des interruptions de service, puisque certaines municipalités n'auraient pas eu le temps de terminer leurs appels d'offres. Le ministère a toutefois précisé que ce report ne retardait pas le système modernisé, entré en vigueur comme prévu le 1er janvier 2025. Le même camion a donc pu passer chez toi en 2025 sous l'ancien contrat, alors que la liste avait déjà changé.

Pas encore partout. La liste est la même partout où la collecte sélective est offerte, mais le service ne couvre pas encore tout le territoire. Le règlement prévoyait de desservir toutes les résidences au plus tard le 1er janvier 2025. Une modification adoptée d'urgence, sans consultation préalable, et entrée en vigueur le 30 juin 2026, repousse au 1er avril 2030 l'échéance pour l'ensemble du secteur résidentiel, et au 1er avril 2036 celle des villages nordiques du Nunavik. Québec invoque des difficultés logistiques et financières, notamment dans les territoires isolés.

Des ajouts à venir, mais pas encore dans ton bac. Les dates de 2027, 2029 et 2031 sont des échéances maximales. Une partie de ces matières est déjà au bac : les barquettes de polystyrène alimentaire y vont depuis 2025. Pour le reste, le calendrier du ministère ne dit pas comment ces matières seront récupérées en pratique. En octobre 2026, Bac Impact refuse toujours le styromousse de protection, les ustensiles et les plastiques compostables : tant que ses consignes ou celles de ta municipalité ne changent pas, suis-les.

Ce qui reste différent d'une ville à l'autre

La liste est commune, la logistique, beaucoup moins. Voici ce qui peut encore varier selon l'endroit où tu habites :

  • La fréquence de collecte. ÉEQ la détermine maintenant selon la réalité de chaque communauté. À Montréal, la Ville continue de ramasser les matières recyclables chaque semaine. C'est ta municipalité qui gère le calendrier et qui t'informe des changements d'horaire.
  • Le contenant. ÉEQ fournit les bacs bleus aux municipalités, et le bac bleu remplace peu à peu les sacs transparents et les bacs d'autres couleurs. À Montréal, les bacs verts sont encore vidés normalement; un bac bleu marqué Bac Impact les remplace quand ils sont endommagés et ne peuvent pas être réparés.
  • Le contrôle. À Montréal, une nouvelle équipe d'inspection vérifie que les bonnes matières se retrouvent dans les bons bacs.
  • Ce qui ne va pas au bac. Les points de dépôt, les écocentres et la façon de te départir des plastiques compostables dépendent de ta municipalité.
  • Le bac brun. La réforme vise les contenants, emballages et imprimés, pas les résidus alimentaires. Les règles du bac brun changent encore d'une ville à l'autre, comme le montre notre comparatif du bac brun à Montréal, Québec, Laval et Gatineau.

Ce que ça change pour toi, concrètement

Au quotidien, la liste unique te simplifie la vie. Tu n'as plus à réapprendre les règles quand tu déménages ou que tu visites ta famille dans une autre région : un contenant, un emballage ou un imprimé va au bac partout où la collecte est offerte. Cinq réflexes résument ce qui a changé :

  1. Arrête de chercher le chiffre sous tes contenants de plastique : il ne décide plus de rien.
  2. Mets les sacs en vrac, sans les nouer ensemble.
  3. Mets au bac tous tes emballages, même ceux qui ne sont pas encore recyclés, sauf les trois exceptions : aérosols, styromousse de protection et plastiques compostables.
  4. Rapporte tes contenants consignés plutôt que de les mettre au bac : ils seront recyclés de toute façon, mais l'argent reste dans tes poches.
  5. En cas de doute sur un objet, ne devine pas : Bac Impact renvoie à l'outil « Ça va où? » de RECYC-QUÉBEC.

Une chose ne change pas : un bac bien trié reste un bac plein. La liste unique simplifie le recyclage, elle ne remplace pas la réduction. Dans la hiérarchie des 3RV-E, réduire et réemployer passent avant recycler. Et pour éviter les erreurs qui gâchent un bac, nos 8 règles d'or du recyclage et notre tour des mythes et réalités du recyclage font un bon complément.

Sources

Questions fréquentes

La liste du bac de récupération est-elle vraiment la même partout au Québec?

Oui. Depuis le 1er janvier 2025, une seule liste s'applique à tout le Québec, selon Bac Impact et la Ville de Montréal. Deux nuances : le service n'est pas encore offert sur tout le territoire, puisque l'ensemble du secteur résidentiel doit être desservi au plus tard le 1er avril 2030, et la fréquence de collecte, le calendrier et le type de bac varient encore selon l'endroit.

Qui gère et qui paie le bac de récupération depuis 2025?

Éco Entreprises Québec (ÉEQ), désigné par RECYC-QUÉBEC en 2022, gère le système au nom des entreprises qui mettent en marché des contenants, des emballages et des imprimés. ÉEQ finance à 100 % le service de collecte, attribue les contrats de tri et vend les matières triées. Les municipalités, elles, continuent d'assurer la collecte et le transport.

Pourquoi mettre au bac un emballage qui n'est pas encore recyclé?

Parce que tous les contenants, emballages et imprimés sont couverts par la responsabilité élargie des producteurs. Selon Bac Impact, les mettre au bac fait grossir les volumes de ces matières, ce qui aide à leur trouver des débouchés. Devant un emballage, la question n'est donc plus « est-ce que ça se recycle? », mais « est-ce un contenant, un emballage ou un imprimé? ».

Qu'est-ce qui va changer dans le bac en 2027?

Le système doit accepter le polystyrène rigide ou souple, ainsi que les crochets et les cintres qui servent à présenter un produit, au plus tard le 1er janvier 2027. C'est une échéance du règlement, pas une consigne de tri : en octobre 2026, Bac Impact refuse toujours le styromousse de protection, alors attends que ses consignes changent. Le 1er mars 2027, la consigne s'étendra aussi aux bouteilles de vin et de spiritueux et aux cartons multicouches de lait ou de jus.

Pourquoi les plastiques compostables sont-ils refusés dans le bac?

Selon Bac Impact, ils ne se recyclent pas et contaminent les autres matières recyclables. Tu les reconnais généralement à la mention « compostable » ou « biodégradable ». Demande à ta municipalité quoi en faire. Le règlement prévoit que le système devra les accepter au plus tard le 1er janvier 2031, mais en attendant, suis la consigne actuelle.